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Full text of "Documents historiques sur la Comédie Française pendant le règne de S.M. l'empereur Napoléon Ier ..."

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il MUSÉE DE U CORÉOlE-niAlICtlSE 
/t* ^ — ^VJ". 

C« tîlre pariillra sans doute un peu 
brétflUtieUK au plus grand nombre des 
Qhtrisiens et deâ ^IraDgers qui sont on- 
Lti^s 11 In Comédie-Fraii>;aise. Un masée, lu 
ifeunion d'une dizaine de bustes, de sîx. ou 
'pt elittues qui décorent le foyer public et 
j« couloirs! Malgré le mérite de certaîiius 
le ces ojiivres, cela ne justifie ^uâic cette 
k^noDÙtulioii qui implique l'idée d*UQe 
lollection considérable. Quelle imaginatJoa 
ic celle de ces écrivains ! A ce eomplâ-U, 
^arîa posséderait dix mille musées, et Isa 
iltent» de Cook et C ne sauraient plus i\- 
luel guide bc vouer et se contenteraient 
[ans la crainte de ne pouvoir les visiter . 
[ou9i de parcourir les Halles et de faire 
"ascension de la colonne Vcndi>me. VoiU 
■tainement quelqi "'^unes des réflesîons 
'il nous semble dej^'î '"îndre. Or, rien 
_i'est plus exact ; la Coni^-iie-Frainjaifie 
lipossêde bel et bien un œusée particulier, 
Un musée pi'écieu-t, original, fort curîeui, 
amU parfaiteaient ignoré, hormis des rares 
privilégiés qui ont la bonue fortune d'ftre 
Admis dans l'iiitimité de U m-jîson de Mo- 
lière : un muBJe qui a fourni ^ un de nos 
unis et confn'res, M. René Delorme, le 
iDJet d'un ouvrage des plus intéressafitâ, 
' lité a\-ec un très grand luje par un jeune 
iteur, M. OlIendorfF. 
Ce musée> dont les éléments sout dlssé- 
un peu partout dans l'édifice, sous le 
éristyle d'entrée, dans les esc.iUers, au 
lyer du public, dans les couloirs du ihéà- 
I, dans quelques It^es, au foj-er des .ir- 
t«s, dans les salles de l'administration, 
M les gaierieSi etc., etc., ne compte 
pta moins de 171 peintures, C3 dca^ii», 
aquarûlK'S ou miniatures. 110 sculptures : 
jûitue^t bas-iMîefs, bustes en marbre, plâ- 
M(pe, bronzes et terres-cuites, figurines eu cé- 
'-TWDiqve. 

Les peintures sont signées : Mignard, Cé- 
r V;m Loo, Largiilière. Notscber, d« 
Troy, Lcnoir, Charles Lebrun, Jouvenet, 
Fra^onard, Lagrenée, Nattier, David, Dela- 
croik. Boilly, Gros, Nonnotte. Ingres, Du- 
bulft. Geoffroy, Picot, Robert Fleury, Lch- 
mann. L6rè\-re, Gérom?, PerignoB, Boutan- 
Lflr, Vigée Lebrun, Chaplin, Muller, Coi- 
gnet, etc. Au bas des statues et des bustes, 
nous lisons les noms suivants : Houdon, 
CBllIeri.Pajou, Clésinger, Galteaus, Oliva, 
David d'Angers. Etex, Dantan aSud. Chapu, 
Durct. BaMboldi, Feuchères. Coysevox, 
Dantan jeune, Jouffroy, etc. ijuandi! s'agît 
de tels noms et d'un cbifTre d'œuvres aussi 
sérieux, le terme de musée n'est certaine- 
ment pas prét«ntieux. 

Tn dehors de la valeur artistique d'un 
certain nombre d'œuvres, telles que le 
T Voltaire et \e Molière de Iloudon, k»\a- 
S inv t)e ' JfPrcc Sand, de Cliiainaer, 
'f la Coi!iédif-l''rnn.;-aise par M. È, 



.Jli portrait de Wle Duelm par Lar^ïîjre! 
de cctaî do Mlle lolj par David, du B(ww 
da de Troy, dea portraits réunis d* h 
Chnmpiii«.ilé et de Mlle Desmarcs, par Fi'9l| 
>;*!B de Troy, du Pn't'Hk de César Vm 
l.oo: du />/.Yun de Lcnoir, du bualaj 
Uiitreny par l^jou. de« biulcs de Rotd 
de Corneille. Piron, Th. Corneille par flB 
tieri, etc., ce qui donne su mus^ do la 19 
raédi»-Fran<:ai>e un prix ineslimAhl*! 
un trO'B vif înlcrêt, c'est que loui* ksi* 
l.leaux, sculptures, detsina, etc., «ont de 
documenta historiques d'une autheoUriU 
indiscutable, oencernant exclus! venm^ 
Couiédia- Frsai;«ise. le^ artistes célébre^fl 
•n ont fait partia depui» aa nwdotioni'fl 
ron, Fleury, Talma, Mole, Poiiïon, Lel^| 
Lai'iv«i, Fù-min, Monval, Ugfitr, HîoflH 
Grandmesnil, IVéville, Dapti^le atoé, 13 
jraïoni Dufrosny, Joanny, Mîcbot, Afin 
V.r^trbt CUampmeslé, Ouclos, Joly. FletuS 
I}uniesn\li Rachel. Mars, Reucourt, etc.» « 
Jes éi^rivains dont les oi^uvres forment sm 
répertoire incomparable. 

V'n des tableaux les plus prûcîoux at 
point de vue historique, est uno compoai 



n d'auteur, datée do 1U70, 



pr* 



I, gami 
■nnadi 
vidëa 
lolS 



1. U»\a-; ot\;« 
•. c6ûèfti\ Uo'v 
deG\rac^\ \*^ 



venant de la galerie du cardinal de Loyoet 
archevêque de Sens, et donnée en l^Jir> à b 
Corné die- Française par un amateur, M. Af 
t'redLorne- D'upri\s une inscription, placéi 
en haut de la toile sur un écussoa. elle re 
présente les Farceurs françaU et italien, 
depuis soixaiUe aru H piaa. La scijne es 
un décor de place publique, au milieu du- 
quel paradent tous I« ty^ies de la comédb 
française et de la eomédie italienne, gr — 
badaut et grimaçant. Ti-ois personnt 
ont iSté traiiésavec une déférence évïdb 
par l'arlistô : Jodelet, Poisson et MoliJ-, 
Le grand poëte, dans le costume d'Araoli 
phe de VEco!e des fcrrtm's, calmn ot dign» 
et debout à la gauche du tableau, montri 
du doigt les fantoches de la conurdic ils 
Tienne. 3a physionomie correspond exacte 
ment au signalement qu'a laissé de l'iin 
mortel artiste Mlle Poisson. Oo est do]i< 
autorisé à considéi'er ce portrait comme al) 
solument authentique. 

Les tableaux de Gefïiroy : la CotnédU 
Française en 18J>0 et la 'ComédicFrfm 
çaiêe en ISGJ,. sont également du plu 
haut iotéft't au point de vue historique; U 
noua offrent les porlraîLs des artialos coin 
posant la Iroupe de la maison de Jloliép 
et de Corneille il ce» deux époques et dan 
les costumes typiques de leurs princîpau: 
rôles. Nous citerons aussi dans lo mSia 
genre l'esquisse du Dn-nier moment d 
Talnia. de RuLeit-FIeurv, où doue ifijS 

vons réunis dana cette sct-ne émsuvaufl 
de Jony, Amault, Pînnia, Caroline Vanhove; 
.Marchais, Nicault, Paul et Jules "lalnu. 
Oos documents, pour U çtuqai-t w^i4ya 






d^ ïMtfWrt^ft-œiftti.VS. ^î*tV 



Comddie-l''rani;aise et sur la vie de quel- 
ques artistes et écrivains. Nous signalons 
entre antres une pétilion collective adres- 
sée en 1780 au préaident de l'Assem- 
blée nationale par les arlistei pour ré- 
clamer lours droits de citoyens français : 
K Des hommes honnêtes, " y est-il dit, 
» peuvent braver un préjugé que 1*"' loi 
» désavoue ; maïs personne ne peut braver 
H un décret ni même le silence de l'As- 
ji ssemblée sur son état, n 

Le musée de la Corné die -Franc aise eat 
un musée assez important et assez intéres- 
sant pour que l'on doive reâretter qu'il no 
soit pas plus connu, et que le public si in- 
telligent qui se presse chaque soir dans 
notre premier théâti-e dramatique ne puisse 
le voir et l'admirer. Nous nous associons 
complètement au vœu fermé par M. René 
Delorme pour la création au théâtre l'Vaa- 
çais d'une galerie spéciale, d'un fojertrés 
vaste, où toutes ces œuvres précieuses, tous 
ces documents artistiques si curieux, dissé- 
minés, enfouis et perÂus dans des salons et 
des couloirs mal éclairés et exigus, seraient 
exposés aux regards du public. Cette ga- 
lerie des ancêtres et des gloires de la Co- 
médie-Française formerait une annexe 
toute naturelle et très utile du théâtre où 
le culte de leur mémoire et l'étude de leurs 
œuvres, constituent une des traditions les 
plus religieusement conservées. 

Makil's Vacoon. 




DOCUMENTS HISTORIQUES 



SDR LA 



COMÉDIE FRANÇAISE 



l'AKIS — TVPOGHAPHIE DK FIIIMIX DIIHIT KI'.KHHS, KrKyAllOB, Mr». 



DOCUMENTS HISTORIQUES 



SUR LA. 



COMÉDIE FRANÇAISE 



PENDANT LE BÈGNE 



DE 



8. 1. L EMPEREUR NAPOLÉON V% 



rilCIDBS 



De toas les actes constitutifs qai régissent la société da Théitre-Fraiçais , 
depuis sa fondation , le 25 août 1680 , jusqu*à nos jours , 



PAR 



fiVCïBlVK IiAreifiR. 



PARIS, 

LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, 

RUE JACOB, 56. 

TRESSE, SUCCESSEUR DE BARBA, 

1853. 



*. 



f L 3*=! b% \ -L •:»• 



habvaho coiieee libraiy 

fROM 

THE KQUEST OF 

EVCRT JAN8CN WENDELL 

1918 






A SA MAJESTÉ 



L'EMPEREUR NAPOLÉON ffl, 



HOMMAGE RESPECTUEUX 



DE SON TRÈS-HUMBLE, TRÈS-OBÉISSANT ET TRÈS-FIDÈLE 



SERVITEUR ET SUJET 



EUGENE LAUGIER. 



b 
V 



Je n'ai pas la prétention d'écrire une his- 
toire du Théâtre-Français, même celle d'une 
époque partielle. Seulement , la pensée qui a 
présidé à ce livre est la même qui déjà une 
fois m'a inspiré. 

Lorsque j'écrivais, en i844> un petit livre, 
intitulé : De la Comédie française' depuis 
i83o, je n'avais pas d'autre but que de jeter 
un coup d'œil rapide sur des événements ré- 
cemment accomplis , sur des faits contempo- 
rains, que je pouvais avoir l'ambition de pré- 
senter sous leur vrai jour, embarrassés cju'ils 
étaient peut-être, pour l'intelligence du plus 
grand nombre , dans les discussions du mo- 



^ — 8 — 

ment. Ce léger travail , tout de circonstance, 
était bien imparfait, et je ne Tai jamais con- '-' 
sidéré que comme un jalon préparé pour un 
chroniqueur futur. J'y reviendrai sans doute 
moi-même, si une plus grande tâche, dont je 
rêve l'accomplissement , peut se réaliser ja- 
mais. 

Aujourd'hui, une ère nouvelle s'ouvre pour 
la Comédie française comme pour la France. 
Un grand règne , que l'avenir proclamera il- 
lustre , va faire revivre pour l'art les tradi- 
tions impérissables du règne auguste qui a 
inauguré le dix-neuvième siècle. La Comédie 
française , qui a revu , sous Napoléon P% ses 
plus beaux jours de gloire et de prospérité , 
espère en Napoléon III une même grandeur 
et une même fortune. Cette grandeur, cette 
gloire , cette fortune sont inséparables de la 
protection du souverain. 

Je n'ai donc qu'un but bien simple : ce- 
lui de remettre autant que possible en évi- 
dence quelques années écoulées, mais non 
pas complètement oubliées, de la Comédie 
française, de 1802 à i8i4, alors que le maî-^ 
tre du monde dictait ses lois. 



-V. 



— 9 — . 

Dans les préoccupations si vastes du grand 
génie dont la France aura. toujours à s'enor- 
gueillir, la Comédie française, notre première 
institution dramatique , fut l'objet d'une 
prédilection toute particulière , on pourrait 
^même dire d'une sérieuse affection. Cette af- 
fection et cette estime ont inspiré le grand 
homme jusqu'au milieu des neiges de la Rus- 
sie , et ce sont ces sentiments de haute pro- 
tec|;ion et de bienveillance qui inspirent , 
nous en sommes convaincu , le digne héri- 
tier de son nom et de son trône. 

Je crois donc devoir bien humblement sou- 
mettre à Sa Majesté l'Empereur ce modeste 
travail. Il ne se compose guère que de sim- 
ples notes ; mais ces notes émanent de sources 
officielles qui disent les faits dans leur simpli- 
cité naïve , tout en leur laissant le caractère 
de grandeur qui est inséparable du temps. 

Je le répète , je ne prétends pas écrire une 
histoire. L'histoire de la Comédie française, 
depuis son origine jusqu'à nos jours, n'est 
pas autre chose que l'œuvre tout entière de 
la vie d'un homme, d'un écrivain savant, 
assidu et érudit; encore ne pourrait- il accom- 






• — 10 — 
plir ce labeur immense qu'aidé par les tra- 
vaux antérieurs de ses devanciers. 

Je publie donc seulement des documents, 
dont la plupart sont inédits , pour prouver 
que 4a Comédie française est un monument 
impérissable , et que le plus grand génie des* 
temps modernes a mis une de ses gloires les 
plus chères à consolider ce monument et à en 
perpétuer la durée. 

Voilà pourquoi je mentionne les actes cons- 
titutifs de la Comédie française , depuis son 
organisation jusqu'à! nos jours ; vpilà pour- 
quoi j'insiste sur les années écoulées de 1802 
à 181 4. C'est non pas l'histoire, mais le ta- 
bleau de l'histoire d'un règne pour le Théâ- 
tre-Français. 



LES REGLEMENTS 



DU 



THEATRE-FRANÇAIS, 

Depuis son établissement, en 1680, jusqu'à l'acte de société 
di27geniinalanXli(17avriM804). 



La trace des origines de la Comédie française se 
retrouve partout. On sait que l'existence légale de 
notre premier théâtre , tel qu'il existe encore au- 
jourd'hui, date de l'acte de réunion des deux troupes 
de rhôtel de Bourgogne et de l'hôtel Guénégaud. 
Le théâtre de l'hôtel de Bourgogne remonte à 1552. 
En 1658, Molière commence ses représentations au 
faubourg Saint-Germain, près de l'Abbaye, et plus 
tard dans la salle du Petit-Bouii)on, sur l'emplace- 
ment du Louvre, sous le nom A' Illustre théâtre. En 
1660, Molière et ses acteurs entrent en possession de 
la salle du Palais-Royal, à peu près dans la direc- 
tion de la rue des Bons-Enfants actuelle , et pren- 
nent le titre de troupe de Monsieur j pour devenir 
enfin troupe du Roi en 1665. Molière mort, ses co- 



— 12 — 

médieus réunis, le 9 juillet 1673, aux acteurs du 
Marais, s'installent à l'hôtel Guénégaud , rue des 
Fossés - Saint - Germain-des-Prés , aujourd'hui rue 
Mazarine. C'est là que la jonction de cette troupe 
ayec celle de l'hôtel de Bourgogne s'opère, en 1680, 
par la volonté suprême de Louis XIV. La Comédie 
française est fondée. 

Cent dix années s'écoulent jusqu'au moment où, 
en 1790, la Comédie française entre, par la force 
des événements, dans une voie nouvelle, celle du 
désordre, résultat d'une liberté sans limites. L'his- 
toire dramatique de ce grand siècle , qui est le dix- 
huitième, n'existe pas ; ou plutôt les fragments en 
sont épars çà et là dans les correspondances du 
temps, celle de Voltaire, par exemple, celle de 
Grimm, et d'un grand nombre de littérateurs de 
tous les rangs, qui préludaient, dans leurs épanche- 
ments intimes, aux journaux qui naquirent avec la 
révolution. Les frères Parfaict n'ont qu'ébauché cet 
immense travail, et d'ailleurs ils ont écrit bien plutôt 
les origines du théâtre en France que l'histoire de la 
Comédie française proprement dite. Le dictionnaire 
deLéris, celui du chevalier deMouhy, très-inexact, 
le catalogue de la Vrillière , Cailhava et quelques 
autres, ne sont que des compilations, des nomen* 
clatures ou des aperçus dans le genre de ces petits 
almanachs de spectacles, si précieux, qui ont dis- 
paru avec le dix-huitième siècle, où l'on ne trouve 






■ f-^t/' .' 




— 14 — 

Il existait, avant la réunion émanée de la volonté 
de Louis XIV , un acte de société, en date du 1 2 
avril 1679. Cet acte rappelle que, le 3 mai 1673, un 
peu plus de deux mois après la mort de Molière, 
les sieurs Guérin, Varlet de la Grange, Hubert, de 
Rosimont, Gassot de Groisy, et mesdames Armande 
Béjart la veuve.Molière, Ragneau de la Grange, An- 
gélique Gassot et Catherine Leclerc la veuve de Brie, 
formèrent une convention pour continuer à repré- 
senter le répertoire de Molière dans la salle de spec- 
tacle située rue Mazarine, appartenant aux sieurs 
Alexandre de Rieux, marquis de Sourdéac, et 
Champron ; que Tachât du mobilier, décors, ma- 
chines, etc., fut stipulé moyennant la somme de 
30,000 livres, dont 14,000 livres payées au comp- 
tant, et les 16,000 livres restant, représentant deux 
parts dans les bénéfices alloués aux sieurs Sourdéac 
et Champron. Quelques années plus tard, des con- 
testations s'élevèrent entre les vendeurs et les so- 
ciétaires, qui s'étaient adjoints, pour compléter leur 
troupe, les sieurs Dauvilliers, Dupin, Vemeuil, et 
mesdames Poisson Dauvilliers , Louise Jacob et Ju- 
dith Guyot. Ces contestations amenèrent pour résul- 
tat la stipulation nouvelle de servir au marquis de 
Sourdéac et à Champron une pension viagère de 
mille livres. C'est alors, le 12 avril 1679, qu'inter- 
vinrent M. de Champmeslé et Marie Desmares, sa 
femme, tous deux appartenant au théâtre de l'hôtel 






— IS — 

de Bourgogne, et venant prêter l'appui de leur talent 
et de leur grande influence à la troupe de Molière. 
Le nouvel acte de société fut arrétéipour vingt ans, 
et l'hôtel de Bourgogne ne devait pas résister long- 
temps au coup fatal qui venait de lui être porté. Il 
n'y avait plus qu'un mot à dire pour opérer d'une 
manière définitive la fusion des deux troupes. Ce 
mot, c'est Louis XIV qui le dit. 

Les ordres de Louis XIV, pour la réunion des 
comédiens français des hôtels de Guénégaud et de 
Bourgogne, sont en date des 1 8, S3 et 26 août 1 680, 
et une lettre de cachet du roi, du 22 octobre 1680, 
dont voici le texte : 

c( Sa Majesté aïant estimé à propos de réunir 
« les deux troupes de comédiens établis à l'hôtel de 
« Bourgogne, et dans la rue Guenegaud à Paris, 
c( pour n'en faire à l'avenir cpi'une seule , afin de 
« rendre les représentations des coifiédies plus par- 
ce faites par le moyen des acteurs et actrices ausquels 
« elle a donné place dans ladite troupe. Sa Majesté 
« a ordonné et ordonne qu'à l'avenir lesdites deux 
« troupes de comédiens françois seront réunies pour 
« ne faire qu'une seule et même troupe, et sera 
<c composée des acteurs et actrices dont la liste sera 
« arrêtée par Sa dite Majesté : pour leur donner 
*< moyen de se perfectionner de plus en plus. Sa dite 
« Majesté veut que ladite seule troupe puisse repré- 



— 16 — 

« senter les comédies dans Paris, faisant défense à 
« tous autres comédiens françois de s'établir dans 
ce la ville et fauxbourgs de Paris sans ordre exprès 
<c de S. M. Enjoint S. M. au sieur de la Reynie, 
a lieutenant général de police , de tenir la main à 
a l'exécution de la présente ordonnance. Fait à 
«Versailles, le 22 octobre 1680, signé Louis et 
<f plus bas Colbert^ et scellé. » 

Les acteurs et actrices appelés à composer la 
troupe unique de Louis XIV étaient : 

Les sieurs de Champmeslé, de la Grange, Guerin, 
de Beauval, du Croisy, de Vemeuil, Hubert, deRosi- 
mond, Dauvilliers, Michel Baron, Raymond Poisson, 
la Thuillerie, Raisin, de Villers, Hauteroche; et mes- 
dames de CbampmSslé, de la Grange, Guerin veuve 
Molière, de Beauval, de Croisy, de Brie, Louise Ba- 
ron, Raisin, LeCom te, d'Ennebault, Dupin et Judith 
Guyot. Soit vingt-sept sociétaires et vingt parts à 
distribuer. 

La première représentation par les deux troupes 
réunies eut lieu le 1 4 avril \ 681 . 

Mais Louis XIV ne se borne pas à une simple let- 
tre de cachet; il veut assurer le sort et l'avenir de 
ses comédiens, dont il vient de régler l'établissement; 
et le 24 août 1682, il leur accorde une pension de 
12,000 livres (premier exemple de subvention), en 



— 17 — 

vertu d'un brevet dont voici la teneur, textuellement 
reproduite : 

Aujourd'hui, vingt-quatrième jour du mois 
d'aoust mil six cent quatre-vingt-deux , 

LE ROY estant à Versailles , voulant gra- 
tifier et traiter favorablement la troupe de 
ses comédiens françois , en considération des 
services qu'ils rendent à ses divertissements, 
Sa Majesté leur a accordé et fait don de la 
somme de douze mille livres de pension an- 
nuelle et viagère , pour en être payez sur leurs 
simples quittances, par les gardes de son tré- 
sor royal , présents et à venir, chacun en 
l'année de son exercice , en vertu du présent 
brevet que Sa Majesté a, pour assurance de sa 
volonté, signé de sa main et fait contre-signer 
par ihoy, conseiller secrétaire d'Etat et de 
ses commandements et finances. 

LOUIS. GOLBERT. 

Les 23 avril et 29 octobre 1685,1e duc de Saint- 
Aignaji délivre aux comédiens une augmentation de 
règlement conformément aux ordres de Mme laDau- 

2 



:1. 



•y- 



"\ 



— 18 — 

phiae , ledit règlement portant les parts à vingt-trois 
et arrêtant à mille livres la pension de retraite. 

Le 22 septembre 1687, un contrat stipulé entre 
les sociétaires, reconnu par arrêt du conseil du roi , 
le V^ mars 1688, porte, entre autres dispositions^ 
celle d'installer leur établissement dans le jeu de 
paume de l'Étoile, rue Saiirt-Gennain des Prés. 

Le 23 mars 1705, tes comédiens passent un con- 
trat devant notaires, par lequel la part entière que 
chaque acteur a acquise dans le fond de leur hôtel 
est fixée à 13,130 livres 18 sols, que la troupe est 
obligée de rembourser aux acteurs et actrices qui 
se retirent, ou aux héritiers de ceux qui décèdent. 
Enfin, deux ordres du roi, des 15 avril et 15 juillet 
1725, contre-signes par le duc de Mortemart, portent 
expressément qu'il ne sera fait, à l'avenir,' aucun 
changement ni innovation dans l'établissement des 
comédiens. 

Il nous reste à connaître sommairement en quoi 
consistaient les anciens règlements cpii régissaient ïa 
société des comédiens français. Les années ont pu 
apporter quelques modifications à ce& règles pri- 
mitives, elles ne les ont jamais complètement dé- 
truites. Ainsi, dès 1697, nous voyons que la com- 
pagnie se réunit tous les huit jours , en son hôtel } 
qu'on y délibère des affaires à discuter, et que l'ad- 
ministration est confiée à deux sociétaires» dits 
semainiers. Le jeton de présence est de 30 sols. 



— 19 — 

Les pièces nouvelles sont soumises à la lecture de 
rassemblée générale, qui décide à la pluralité des 
voix, par billets blancs ou noirs. Les auteurs dis- 
posent des rôles de leurs ouvrages à leur gré, sui- 
vant le caractère de chacun. Les acteurs ne peuvent 
pas refuser un rôle; à l'égard des auteurs-comé- 
diens, on ne joue leurs pièces que Tété, l'hiver étant 
réservé à ce qu'on appelait les auteurs externes (i). 

Depuis la Toussaint jusqu'à Pâques, les pièces 
nouvelles sont jouées jusqu'à concurrence de 550 
livres de recette ; au-dessous de cette somme , la 
pièce est abandonnée. Depuis Pâques jusqu'à la Tous- 
saint, ce minimum est fixé à 350 livres. Les frais 
journaliers prélevés, la recette de chaque jour se 
partage en dix-huit parts, dont deux réservées à 
l'auteur d'une pièce en cinq ou quatre actes, une 
part seulement pour les petites pièces, et le reste, 
les seize ou dix-sept autres parts, appartenant à la 
société. 

Quelques années plus tard, l'intervention des pre- 
miers gentilshommes de la chambre du roi devient 
plus directe. Ils gouvernaient le théâtre en maîtres 
absolus. Ainsi, nous voyons dans un règlement, en 
1719, des ducs de Tresmes, d'Aumont, de Morte- 
mart et de La Trémoille, que 1^ auteurs doivent 

(1) Cette disposition a été longtemps en vigueur; elle s^explique de 
la part d'une époque où un très- grand nombre de comédiens étaient 
auteurs distingués. 

2. 



— 20 — 

présenter leurs pièces nouvelles au premier gentil- 
homme de la chambre (commencement de la censure 
dramatique). Et encore : les comédiens doivent jouer 
alternativement une pièce sérieuse et une pièce co- 
mique, sous peine de 300 livres d'amende ; ils ne 
peuvent se refuser à jouer les rôles qui leur sont 
distribués, soit en premier, en double ou en troisième; 
il est défendu, dans les assemblées, de parler d'autres 
choses que de celles pour lesquelles l'assemblée a 
été convoquée. Le doyen de la société tient le re- 
gistre des délibérations. Il n'est pas accordé de 
congés sans permission. Enfin, les semainiers doivent 
rendre compte aux surintendants de tout ce qui 
s'est passé, à la Comédie, après chaque semaine 
écoulée. 

Nous arrivons à l'un des actes constitutifs les plus 
importants delà Comédie française, celui du 9 juin 
1758, passé devant notaires et signé par la Tho- 
rillière, Armand Huguet, Sarrazin, Grandval, Dan- 
geville, Dubois, de Bonneval, Paulin, Lekain, de 
Bellecour, Préville, Brizard, et Mmes Delamotte, 
Gaussin, Grandval, Dumesnil, Lavoy, Drouin, Bril- 
lant, Hus, Guéant et Préville. 

Par cet acte, le fonds de la société et établisse- 
ment est fixé à 200,807 livres 16 sols 6 deniers. On 
voit que la Comédie française a pris de l'extension, 
et que le mouvement des affaires y est devenu en 
rapport avec le spectacle offert par les plus grands 



— 21 — 

auteurs et les plus grands acteurs que la France ait 
jamais produits (expressions d'un arrêt du conseil du 
roi, 18 juin 1757). Le nombre des parts reste fixé 
à vingt-trois, et chaque part intégrale est de 8,730 
livres 15 sols 5 deniers. La durée du service d'un 
sociétaire est limitée à vingt années au plus et quinze 
années au moins, avec pension de retraite de 1 ,000 
livres; néanmoins, un artiste jugé nécessaire, même 
après vingt années d'exercice, ne peut pas se re- 
tirer ; mais, au bout de trente années révolues, il a 
droit à 1,500 livres de pension. Les fonctions de se- 
mainiers continuent à consister dans l'administra- 
tion, la police intérieure et la discipline de la troupe, 
sous la juridiction des surintendants. Le caissier, 
seul chargé des recettes et des dépenses, ne peut 
faire un seul payement que sur mandats signés des 
trois semainiers et de six personnes, tant acteurs 
qu'actrices. A la fin de chaque mois, les registres 
des recettes et dépenses doivent être soumis au con- 
trôle d'un des surintendants des menus. 

Sur le produit de la recette sont prélevés (voici le 
droit des pauvres actuel sous une autre forme) les 
trois cinquièmes du quart pour l'hôpital général, le 
dixième en faveur de l'Hôtel-Dieu, une rente annuelle 
de 250 livres, due à l'abbé de Saint-Germain des 
Prés, et d'autre part les pensions viagères, les inté- 
rêts de fonds, les appointements, etc. 

La pension rie 12,000 livres accordée par 



— 22 — 

Louis XIV est divisée en vingt-trois parts insaisissa- 
bles. 

Les titres et papiers des archives sont scellés et 
mis sous la sauvegarde du plus ancien semainier et 
du notaire de la société. Les représentations sont 
quotidiennes, sans qu'il soit possible de se soustraire 
à cette obligation. 

Quelques-unes de ces clauses inébranlables ne 
semblent-elles pas comme un avant-coureur, un 
pressentiment du décret de Moscou ? 

En 1763, le 27 septembre, le duc de Duras prend 
un arrêté qui interdit aux comédiens d'aller à l'é- 
tranger sans une permission expresse. 
. Le 19 mars 1776, le duc de Richelieu demande 
un tableau raisonné d'une troupe, assez complète 
pour assurer en tout temps le service de la cour et 
de la ville. Le duc de Richelieu ne se plaindrait 
pas, aujourd'hui que Je personnel de 1853 est exor- 
bitant et atteint le chiffre de soixante personnes. 

Je disais plus hatit que les premiers gentilshommes 
de la chambre du roi étaient les maîtres absolus de 
la Comédie française, tout en respectant la question 
de propriété et en laissant aux comédiens le soin 
de régler leurs intérêts. Mais il s'agit d'administra- 
tion, et ces premiers gentilshommes de la chambre 
administraient, et je n'en veux pour preuve qu'un 
document très-curieux du l^*" avril 1768. Les ordres 
donnés y sont formels et impératifs , et cependant 



— 23 — 

rÉtat, à cette époque, ne subventionnait pas le 
Théâtre-Français ; seulement, le roi gratifiait selon 
les services rendus et les occasions. Il est vrai que 
ces premiers gentilshommes avaient le sentiment de 
la justice et de la dignité du Théâtre-Français. 

Donc les ducs de Richelieu et de Duras disaient 
en 1768 : 

« Pour remédier aux abus contraires à la satisfac- 
tion du public et aux intérêts des comédiens ^ abus 
qui proviennent de Tinexécution des règlements, le 
comité ayant été constitué pour tenir la main à Texé- 
cution de nos intentions, ordonnons audit comité 
d'imposer une amende de 300 livres contre ceux ou 

celles qui s'écarteraient des règlements Il sera* 

fait un état général de toutes les pièces du répertoire, 
et afin que l'intrigue et le caprice ne président pas 
à la distribution des rôles, nous ferons nous-mêmes 
cette distribution... Ordonnons qu'à l'avenir toutes 
pièces appartenant au répertoire ne pourront plus 
être distribuées par l'auteur, les auteurs n ayant ef- 
fectivement de droits^ pour la distribution de leurs 

ouvrages y que dans la nouveauté Ixs acteurs en 

chef doivent jouer avec la même assiduité les rôles 

médiocres que ceux qui leur plaisent le plus Pour 

que les doubles puissent se former , nous ordon- 
nons très-expressément aux acteurs en premiers de 
se laisser doubler le vendredi de chaque semaine... 
La négligence des comédiens à jouer les pièces qu'ils 



— 24 — 

ont arrêtées à leur assemblée du lundi, étant une 
chose de plus en plus nuisible aux intérêts de la Co- 
médie et au service du public, nous ordonnons de 
nouveau que le répertoire soit fait pour quinze jours, 
sans que qui que ce soit puisse s'opposer aux pièces 
proposées que sur des raisons valables » 

Les mêmes injonctions se renouvellent à diffé- 
rentes époques et à des intervalles très-rapprochés, 
le 14 février, le 1'" et le 14 avril 1774, le r^* mai 
1775. Depuis 1770, la Comédie française avait 
quitté la rue Mazarine, et, e» attendant la construc- 
tion d'une nouvelle salle, avait trouvé un asile au 
palais des Tuileries. C'est là que, par le rapproche- 
ment le plus bizarre, le grand précurseur de la Ré- 
volution, qu'il ne devait jamais voir, heureusement 
pour lui , Voltaire, fut publiquement couronné, à 
deux pas de cette royauté dont il avait pendant si 
longtemps sapé les fondements. Les comédiens ne 
prirent possession de leur nouveau théâtre, construit 
sur l'emplacement de l'hôtel de Condé (aujourd'hui 
l'Odéon), qu'en 1782. 

Le roi Louis XVI suivait, du reste, exactement les 
traditions de ses prédécesseurs en ce qui concernait 
la Comédie française. Le dernier règlement, le plus 
important et qui est resté en vigueur jusqu'à la der- 
nière heure, est du 12 mai 1780, et ce règlement, 
très-étudié et très-paternel, a pour but de fixer 
d'une manière définitive les intérêts respectifs des 




- 26 — 

commanda tion a son côté comique, M. Âmelot rap- 
pelle à M. de La Ferté que les comédiens ne peuvent 
occuper plus d'une place dans les voitures du roi, 
excepté M. Desessarts (très-certainement en raison 
de l'obésité bien connue de cet acteur). En tm mot, 
on n'oubliait rien. 

C'est en raison de cet admirable rouage de com- 
binaisons intérieures que la Comédie française a 
traversé plus de deux siècles dans un état de gran- 
deur et de prospérité sans égales. Pour détruire la 
Comédie française, il a fallu anéantir et bouleverser 
le monde social tout entier. 

Ceci est l'œuvre de la Révolution. 

Dès le 12 octobre 1789, les premiers gentilshom- 
mes de la chambre disparaissent, et le Théâtre- 
Français est prévenu qu'à l'avenir il doit s'adresser 
au Maire de Paris pour toutes les affaires qui con- 
cernent la Comédie ; nous voilà sous le régime de la 
municipaUté, et ce n'est que le commencement d'une 
lamentable histoire. Le 11 septembre 1790, la lé- 
gitimité des sommes accordées par la royauté à la 
Comédie est repoussée par le Trésor. De là à des 
mesures plus coercitives il n'y a pas loin. En 1793, 
le Théâtre-Français était fermé, et les comédiens in- 
carcérés, hommes et femmes, étaient désignés pour 
passer en jugement, ce qui équivalait à une con- 
damnation à mort, comme chacun sait. 

Comme j'ai déjà expliqué que je n'écrivais pas 




— 27 -s- 
uoe histoire du Théâtre-Français , je ne suivrai pas 
les comédiens dans tenr proscription et leurs péré- 
grinations malheureuses. Qu'on ouvre le curieux 
travail de MM. Etienne et Martainville et ou retrou- 
vera la Comédie à l'Odéon , au Théâtre-Feydeau , 
au Théâtre-Louvois , au Théâtre du Marais , au 
Théâtre-Français de la République, rue Richelieu, 
dernière scène qui devait leur donner un asile définitif. 

Rapprocher tous les éléments divers qui com- 
posaient l'ancien Théâtre-Français n'était pas une 
tâche facile. La dispersion des artistes, la tourmente 
révolutionnaire qui avait fait naître des intérêts di- 
vers, les guerres de l'amour-propre , les opinions 
politiques opposées, les persécutions dont quelques 
comédiens avaient été les victimes et dont quelques 
autres étaient accusés d'avoir été les instigateurs, 
toutsemblait s'opposer à un rapprochement. Déjà, à 
un repas donné chez un des membres du Directoire, 
on avait essayé d'y parvenir, mais sans résultat. Il 
fallait, pour y arriver, une main puissante et l'in- 
fluence du nom de Napoléon, qui grandissait. La 
gloire qu'avait eue Louis XIV de créer notre pre- 
mière institution dramatique, il était réservé au Pre- 
mier Consul, et plus tarda l'Empereur Napoléon, de 
l'égaler en réédifiaot le monument délabré et en 
l'établissant sur des bases désormais inébranlables. 

La salle actneUe du Théâtre-Français, rue Riche- 
lie», fui rommcncép c;n 1787, sur l'emplacement qui 




— 28 — 

formait autrefois le jardin des Princes et terminée 
en 1790. Elle a coûté plus de trois millions. Ce 
magnifique édifice est dû à l'architecte Moreau, qui 
s'était rendu célèbre par la construction du théâtre 
de Bordeaux. L'ouverture, par les comédiens fran- 
çais réunis, eut lieu, le 31 mai 1799, par le Cid et 
Y École des maris ; mais tous les artistes n'étaient 
pas encore rentrés dans la maison commune. Ils ne 
le firent qu'au fur et à mesure de l'expiration de 
leurs engagements dans les autres théâtres et sous 
l'impulsion des événements, qui confirmaient de plus 
en plus la consolidation d'un gouvernement fort et 
régulier. 

Enfin, l'organisation définitive de la Comédie 
française, arrêtée par le Premier Consul, fut signée 
à Saint-Cloud, le 28 nivôse an XI (18 janvier 1803), 
et c'est en vertu de cette organisation que les co- 
médiens passèrent, le 27 germinal an XII (17 avril 
1 804), un acte de société qui est resté la consti- 
tution commerciale de la Comédie française, comme 
le décret de Moscou en est la constitution adminis- 
trative. 

Nous mettons sous les yeux de nos lecteurs ce 
document tout entier, en raison de sa très-grande 
importance, en le faisant suivre du décret de Moscou. 




27 GKRMINAL AN XII. 

17 AVBIL 1804. 



Par-devant M® Hua et son collègue, notaires à 
Paris, soussignés, furent présents : 

MM. 1*" Boutet Monvel , 2*" Gourgaud dit Duga- 
zon, 3*^ Albouy Dazincourt, A^ Bénard Fleury, 5*^ La- 
ferrière dit Florence, 6*^ Foucault Saint-Prix, 7*^ Mey- 
nier Saint-Fal, S'^Naudet, 9*" Larochelle, 10^ Talma, 
W^ Fouchard Degrand-Mesnil , 12*^ Pichu Duval , 
13*" Caumont, 14*" Michot, 15*" Eustache Anselme- 
Baptiste jeune, 16*^ Damas, 17*^ Nicolas Anselme- 
Baptiste aîné, 18'' Benoît Roussel, 19*" Lafond, 
20*" Poulot Desprès, 21*" Lacave; 

j^raes |o BpQquin Lachassaigne , 2*^ Saucerotte 
Raucourt , 3® V® Suin, née Vriot ; 4^ Contât (Louise- 
Françoise), 5® Thénard, 6*^ Devienne, 7*^ Contât 
(Emilie), 8^ Talma, néeVanhove; 9^ Mezeray, 10^ 
Desbrosses, H*" Mars Boutet, 12*'Volnais, IS^'Duval- 
Desrosiers : 

Tous comédiens français réunis en leur salle 
d'assemblée dépendante de T hôtel du Théâtre - 
Français, rue de la Loi ; 

Lesquels, en exécution de l'article onze de l'orga- 
nisation du Théâtre-Français, arrêtée par M. Rému- 
âât^ préfet du palais du gouvernement, chargé de la 




(... . 



— 30 — 

surintendance du Théâtre-Français, le vingt-huit 
nivôse an onze, ont réglé et arrêté les conditions de 
la société qu'ils entendent former pour l'exploitation 
du Théâtre-Français, le tout de la manière et ainsi 
qu'il suit : 

ARTICLE l**. 

Les comédiens français, compaiants, se font associés pour Tex- 
ploitatîon du Théâtre-Français à Paris. 

ARTICLE 2. 

Cette société a commencé à compter du premier pluviâse an 
onze, et sa durée est illimitée. 

ARTICLE 3. 

Elle sera purement commanditaire sous l'autorité expresse du 
gouvernement, au moyen de quoi chacun desdits sociétaires par- 
tagera les bénéfices de la socfété, en raison de la portion qu'il y 
aura, et en supportera les charges dans la même proportion, seu- 
lement sur les produits de ladite portion, sans qu'il puisse être 
établi aucune solidarité entre eux, et sans que leurs biens^ meu- 
bles et immeubles personnels en soiait aueunem^t chargés. 

ARTICLE 4. 

La société se divise en vingt-cinq parts qui sont réduitesà vingt- 
trois, dont une restera en séquestre pour les besoins imprévus. 

Ces vingt-cinq parts seront distribuées et appartiendront aux- 
dits sociétsdres, dans les proportions fixées par un état arrêté par 
le préfet du palais du gouvernement, chargé de la surintendance 
du Théâtre-Français. 

ARTICLE 5. 

Chaque part sera susceptible de sous-division ; aucun comédien 




DÉBUTS ET ADMIW 



Aucun sujet, après ses débuts, ne sera admis qu'à. l'essai; cet 
essa] durera plus ou moins longtemps, selon que le gouvernement 
ainsi que le comité d'administration le jugeront convenable, et ne 
pourra néanmoins être moindre d'un an. 



Après vingt ans de sarvîce seulement , tout sociétaire prendra 
sa retraite ; à moins que le gouvernement et le comité d'adminis - 
tration n'en déddent autrement. 



Le sodétaire qui se retirera après vingt ans de service aura 
droit à une pension viagère de deux mille francs de la part du 
gouvernement, et à une pension égale de la part de la sodété. 

Si à l'expiration desdites vingt années il continue d'exercer , 
chacune des pensions sera augmentée de cent francs par chacun 
an au delà desdites vingt années, jusqu'à sa retraite. 



Confonnément à l'article trente-huit de l'organisation de la so- 
ciété, la pension de la société sera oonâdérée comme secours ali- 
mentaire, et ne pourra ctmséquemment être saine par aucun 



S'il survient à l'un des sodétaires des accidents ou 



infirmités ^M 



— 33 — 

avant le terme de vingt années, qui le mettent hors d'état de con- 
tinuer son service, il aura droit a une quotité ou à la totalité de la 
pension de deux mille francs de la société, sauf le recours du so- 
ciétaire au gouvernement pour raison de la pension qu'il accorde 
dans les cas pareils, prévus par tes règlements. La nature, la cause 
ou la gravité desdits accidents ou infirmités seront préalablement 
constatées par deux médecins et deux chirurgiens dé^gnés par le 
comité d'administration. 



Le payement des arrérages des pensions sera fait de trois mois 
m Hois mois. 



Pour assurer et effectuer le payement des pensions de la sodété, 
il sera établi un revenu annuel de cinquante mille francs, qui sera 
destiné au payement des arrérages. 



La somme nécessaire pour produire ces cinquante mille francs 
sera fournie, par les sociétaires, sur les produits de la recette de 
la Comète française ; la retenue de cette somme sera faite par le 
cais^er de la Comédie française, à raison de cinquante mille 
francs par année, savoir : 

Six mille francs par chaque mois d'hiver, à compter du premier 
vendémiaire jusqu'au premier germinal , et deux mille trois cent 
trente-trois francs trente-trois centimes, à compter du premier 
genninal jusqu'au premier vendémiaire. 



. Cwamnlnei seront remises de mois en mois, par le caissier, 
entre les mains du uotaire de la société, pour être par lui placées 
"e desdites remises sur le Mont-de-piélé, parla nue pro- 
priété, au profit des sociétaires du Théâtre-Français , collective- 




— 34 — 

ment et pour l'unifinût, à celui des pensionnaires dudit TliéStre- 
Français. 

Les intérfita de ces sommes ainsi placées swont ajoutés aux 
capitaux progressïrement, jusqu'à la formatiou dudit capital né- 
cessaire productif desdits cinquante mille francs, tA sauf cepm- 
dant la retenue annuelle pour l'acquittement desdîtes pensions, 

ABTICLE 20. 

Le fonds desdits dnquante mille francs appartiendra à la masse 
générale de la société, pour la nue propriété, pour former le gage 
desdites pensions; en conséquence, aucun des comédiens pen- 
sioimiùres, ni même la masse générale de ladite société, ne pourra 
en rien distraire, ni en disposer pour quelque cause que ce soit; 
même dans le cas de dissolution de la société par le f^it desdits 
sociétaires, force majeure ou cas imprévus. 



Et, attendu que chacun desdits sociétaires contribuera il la for- 
mation dudit capital de dnquante mille francs de revenu, à raison 
de sa part dans ladite société, par le fait de la retenue ci-dessus 
exprimée, la portion pour laquelle il aura contribué pendant son 
exercice lui sera remboursée, ouà ses héritiers, dans les trois mois 
qui suivront l'époque de sa retraite ou de son décès, avec l'intérêt 
sur le pied du denier vingt, sans retenue, à compter du jour de 
sa retraite ou de son décès. 



Aucun desdits sociétaires ne pourra aliéner la portion pour la- 
quelle il aura contribué dans le fonds desdites pensions ; ses créan- ' 
ciers ne pourront saisir ni arrêter ce même fonds, à l'effet de qurn 
chaque sociétaire abandonne dès à présent à la masse desdîts 
comédiens pensionnaires la jouissance de Indite portion , saufà>j 
ladite société à acquitter ladite portion iiu\ époques ci-dessus A 
terminées, et sauf aux créanciers saisissants à faire valoir leur M 
sie a compter du jour desdites retraites ou ûéeta. 




— 36 



ARTICLE 26. 

Dans le cas où, par tel événement que ce soit, lesdits capitaux 
éprouveraient des réductions ou viendraient à être perdus en tout 
ou en partie, il sera fait un prélèvement de sommes suffisantes 
pour compléter un capital productif de cinquante mille francs de 
revenus, et ce sur les recettes de la Comédie, dans la même pro- 
portion que celle indiquée en l'article dix-huit ci-dessus. 

Dans tous les cas, les pensions seront payées sur les recettes 
de la Comédie, sauf à la société à se couvrir, s'il y a lieu, sur les 
fonds dont le prélèvement a été ci-dessus énoncé. 

ARTICLE 27. 

Arrivant la dissolution de ladite société, le fonds des pensions 
appartiendra aux artistes alors en exercice, et néanmoins conti- 
nuera de servir les arrérages des pensions, tant des artistes reti- 
rés que ceux alors en exercice qui y auront droit. 

ARTICLE 28. 

Au fur et mesure des extinctions, les fonds devenus libres ser- 
viront à remplir les sociétaires des retenues à eux faites qui leur 
resteront dues; en cas d'insuffisance, ils supporteront la perte au 
marc le franc, et en cas d'excédant, ils partageront le bénéfice au 
prorata des parts qu'ils avaient dans la société. 



2 ITADMIIVIMTRATIOIV. 



AHTICLK 29. 

ïjtê fonetloM du coiiiité, nom le rapport de l'administration 
ntmt ', d'in«p«itlofif de «urydllanc^e et de proposition; elles sont 
r^^>e», «iffirf i\m \u paWm ile« aMembléen et de tout ce qui con- 
emm VnAmSn'^ritSSnn^ \m \u% rè^lemetit piirticulier. 




— 37 — 



AaTIGLB 30. 

Les membres ne pourront, sous peine de responsabilité person- 
nelle, ordonnancer aucune somme au delà de cent francs sur le 
même objet sans l'aveu de la société assemblée , ni faire aucune 
poursuite judiciaire sans l'avis signé des membres composant le 
conseil de la société. 

ABTIGLE 31. 

La police, tant des assemblées du comité que des assemblées 
de la société, ainsi que de détails d'administration, sera fixée par 
un règlement particulier. 

ARTICLE 32. 

Comptabilité. Les recettes seront faites et les dépenses de la 
société acquittées par un caissier choisi par la société et agréé 
par le gouvernement. 

ABTIGLE 33. 

Aucun parent de comédien en activité ne pourra en remplir les 
fonctions. 

ARTICLE 34. 

Sans rien préjuger sur le cautionnement des soixante mille 
francs foiumi en inscriptions par le sieur Cormeîlle, caissier actuel , 
ses successeurs seront tenus de fournir un cautionnement de 
soixante mille francs, en immeubles de valeur double. 

ARTICLE 35. 

Dans le cas où les immeubles qui seraient offerts à titre de cau- 
tionnement seraient grevés d'hypothèques , ils ne seront reçus 
qa!atttant que leur valeur sera du double des hypothèques qui^ 
mÉftoront et des soixante mille francs de cautionnement. 



» ♦ 




*& 



— 38 — 



ABTIGtB 36. 

Ce c&utioimeineiit ne sera reçu qu'a|nrèfl examen préalable des 
titres de propriété des immeubles et du certificat du eonservateur 
des hypothèques, et sur le rapport qui en sera fiôt par le notiûre 
de la sodété ou un autre membre du consefl. 

ARTICLE 37. 

Celui qui se rendra caution du caissier sera tenu de fournir aux- 
dits sociétaires, aux frais du caissier, copie collationnée en bonnes 
formes des titrés de propriété desdits biens; ces copies seront dé- 
posées entre les mains du notaire de ladite sodété, et ne seront 
remises à la caution que lorsqu'elle sera entièrement déchargée de 
son cautionnement. 

ARTICLE 38. 

Les inscriptions et actes nécessaires pour la conservation dudit 
cautionnement seront faits et renouvelés, quand il y aura lieu, aux 
frais dudit caissier. 

ARTICLE 39. 

Ladite caution ne pourra obtenir la mainlevée desdites inscrip- 
tions, oppositions ou autres actes conservateurs, qu'après l'apure- 
ment des comptes du caissier retiré ou décédé. 

ARTICLE 40. 

A la fin de chaque mois , les états de recettes et de dépenses 
seront visés et arrêtés par le commissaire du gouvernement et du 
comité. 

ARTICLE 41. 

Le caissier prélèvera, en la présence du commissaire du gouver- 
nement et des membres du comité, sur la recette : 



— 40 — 



PIKCBS :VOrVEl.EiBli. 



ARTICLE 46. 



Aucune pièce ne pourra être représentée, sur le théâtre desdits 
sociétaires, que revêtue de l'approbation du gouvernement. 



DISCIPIiEVE. 

ABTTCLE 47. 

Sera exclu de la société tout sociétaire qui aura été absent ou 
aura cessé son service six mois sans le consentement par écrit de 
la société, le tout sans préjudice des autres moyens de répression 
portés au règlement pour ces cas ou autres pareils. 

EMCOURAGKlIE^nHi ET RÉCOMPEIVSBS. 

ABTIGLE 48. 

Lorsque le gouvernement et les sodétaires jugeront convenable 
de prolonger au delà de vingt-cinq ans le service d'un sociétaire, 
le sociétaire vétéran joindra à son traitement d'activité le tiers de 
la pension de la société depuis vingt-cinq ans jusqu'à trente, la 
moitié depuis trente jusqu'à trente-cinq, et la totalité depuis trente- 
cinq jusqu'à sa retraite. 

Cette mesure n'aura son exécution qu'à l'époque où les parts 
de la société seront réduites à vingt-trois, ainsi qu'il est prescrit 
ci-dessus. 

ABTICLR 40. 

Tout «odétaira ayant servi trente ans aura droit au produit 
d'une représentation, h son choix, donnée par ses camarades lors 
de sa retraite de ladite société 



42 — 



DUVEBGIER, 
GOMSL. 



(Ces deux 'derniers avoués au tribunal de i" instance.) 

Ce fait en présence de François-Réné Mahérault, commissaire 
du gouvernement près le Théâtre-Français, demeurant à Paris, 
à FËcole centrale du Panthéon, division du même nom, et encore 
en présence et de l'avis des sieurs : 

Gaspart-Crilbert Delamalle, 
Raimond Desèze, 
Nicolas-François Rellart, 
Louis-Ferdinand Bonnet, 
Glaude-Emest Denormandie, 
Vincent-Gallican Decormeille, 
Duvergier, 
Gomel. 

Fait et passé à Paris en Thôtel du Théâtre-Français, en l'assem- 
blée desdits sociétaires , rue de la Loi, le 27 germinal an xii de 
la République française. 

Ont adhéré au présent acte les suivants : 

Le 16 thermidor an xii. M™«» Bourgoin. 

Georges Weimer. 
Raffin Duchenois. 
Le 7 frimaire an xiv. Chevetel, née Noues Fleury. 

Le 13 mai 1809. Leverd. 

Le 27 avril 1811. MM. Perrin Thénard. 

Lechauve de Vigny. 
Le 3 mars 1812. Michelot. 

Le 10 août 1816. Dépôt des pièces concernant la 

rente de 100,000 fr. 5 0/0 sur 
l'État. 
Le 17 octobre 1816. Modifications aux articles 19 et 23 

de l'acte de société. 

Ont adhéré à ce dernier acte les suivants : 

Le 23 décembre 1816. MM. les commissaires des pensionnaires 

du Théâtre-Français. 



r^ 



27 


janvier 


1817. 


M. Cartigny. 


28 


id. 


id. 


H"" Rom Dupuis. 


id. 


id. 


id. 


M™ Rougeault Dupont. 


3 


février 


id. 




id. 


id. 


id. 


M. Bartoin Monrose. 


24 


id. 


id. 


M. Baudrier. 


W. 


id. 


id. 


M. Bequetelle, dit Finnin. 


S 


avril 


1818. 


M. Robin, dit Saint-Eugène. 


26 


août 


id. 




28 


octobre 


1819. 


M. Brimebarre, dit Joanny 


4 


juillet 


1822. 


M"* Touaez, née Régnier de ta Briè«. 


3 


mat 


1823. 


M. Grandville. 


id. 


id 


id. 


M"" Prévost Paradol. 


id. 


id. 


id. 


M»* Mante. 


24 novembre 1824. 










selme et dite Baptiste. 


16 


mars 


1821. 


rant la sodété purement anonyme. 


10 


mat 


1883. 


Dépôt d'un écrit S. S. P. &it entre le 
comité duTbéStre-FrançaisetH.Talma.' 

Ont adhéré : 


8 


mars 


1824. 


M.Lafond. 


3 


sept. 


1825. 


M. Pagnon, dit Saint- Aulaire. 


II 


février 


1826. 


M"« Boutet Mars, à l'acte du lo mai 1823. 


29 


mars 


1838 


M. David. 


12 


avril 


1838. 


M»' Lecomte, dite Vabnonsey. 


id. 


id. 


id. 


M. Bernard Brissebarre, Joanny. 


id. 


id. 


id. 




id. 


id. 


id. 


M. Menjaud. 


id. 


id. 


id. 


M"' Brocard. 


id. 


•id. 


id. 


M. Samson. 


id. 


id. 


id. 


M"' Macaire, dite Hervey. 


2 décembre 1839. 


M. Ligîer. 


1" 


août 


1831. 


M. BaUiy, dit Armand DaJIIy. 


8 


juillet 


1833. 


M. Beauvallet. 


12 


id. 


id. 


M™' Anaïs Aubert. 


id. 


id. 


id. 


M. Guiaud. . 



_ 44 — 



Le 20 


août 


1835. 


id. 


id. 


id. 


21 


avril 


1837. 


8 


octobre 


1838. 


24 décembre 1838. 


\0 


octobre 


1840. 


14 


janvier 


1841. 


7 


avril 


1842. 


4 


février 


1843. 


9 


id. 


id. 


9 


avril 


1846. 


24 


juin 


1846. 


28 


juin 


1846. 


3 


août 


1846. 


14 


janvier 


1847. 


25 


avril 


1851. 


id, 

• 


id. 


id. 


id. 


id. 


id. 


10 


juillet 


1852. 


id. 


id. 


id. 


12 


id. 


id. 


erf. 


id. 


id. 


24 


id 


id. 


30 


id. 


id. 



M. Geffiroy. 

M. Régnier de la Brière. 

M"«Noblet. 

M"« Rachel Félix, mineure, sous Fassis- 
tance de ses père et mère. 

M. Provost. 

M^i® Plessy. 

M. Guyon. 

M*i« Rachel Félix, majeure. 

]y|me Mélingue. 

M^^^ Augustine Brohan, mineure émanci- 
pée, assistée de M™^ sa mère. 

M"« Denain. 

M"« Augustine Brohan, devenue majeure 

M. Brindeau. 

M. Leroux. 

M. Maillart. 

M. Got. 

M. Delaunay. 

W^ Rébecca Félix. 

M. Barizain, dit Monrose. 
Maubant. 
M"« Bonval. 
M"«Juditk Bernât. 
Mii« Nathalie Martel. 
M^« Madeleine Brohan , mineure émanci- 
pée, assistée de madame sa mère. 



MO 1083. — Bulletin des liols, M^« 460. 



DÉCRET IMPÉRIAL 



SUR 



La SonreillàBce, POrganisation, ridministratMD , la Conptabilité, 

la Police et la Discipline 

DU THÉÂTRE-FRANÇAIS. 



»e4 



Au quartier impérial de Moscou, le 15 octobre 1812. 

NAPOLÉON, Empereur des Français, roi d'Italie, 
Protecteur de la Confédération du Rhin, Médiateur 
de la Confédération Suisse, etc., etc., etc., 

Sur le rapport de^notre Ministre de l'Intérieur; 

Notre Conseil d'Etat entendu, 

Nous AVONS DÉCRÉTÉ Ct DÉCRÉTONS CC qui Suit : 

TITRE PREMIER. 

De la direcHoii et sarrelllaiice dn Théâtre-Prançats. 

1. Le Théâtre-Français continuera d'être placé sous la sur- 
veillance et la direction du surintendant de nos spectacles. 

2. Un commissaire impérial , nommé par nous » sera chargé de 



— 46 -- 

transmettre aux comédiens les ordres du surintendant. Il surveil- 
lera toutes les parties de l'administration et de la comptabilité. 

3. Il sera chargé , sous sa responsabilité, de fiadre exécuter, dans 
toutes leurs dispositîous, les règlem^its et \fis ordres de service 
du surintoidant. 

A cet effet , il donnera personnellement tous les ordres néces- 
saires. 

4. En cas d'inexécution ou de violation des règlements , il en 
dressera procès-verbal, et le remettra au surintendant 

TITRE IL 

De l'Aisociattoii du filiéÂtre-Praiiçats. 

SECTION PBEMIÈBE. 

De la Division en parts. 

5. Les comédiens de notre Théâtre-Français contmueront d'être 
réunis en Société , laquelle sera administrée selon les règles ci- 
après. 

. 6. Le produit des recettes, tous les frais et dépenses prélevés, 
sera divisé en vingt-quatre parts. 

7. Une de ces parts sera mise en réserve, pour être affectée 
par le surintendant aux besoms imprévus : si elle n'est pas em- 
ployée en entier, le surplus sera distribué, à la fin de l'année, entre 
les Sociétaires. * 

8. Une demi-part sera mise en réserve pour augmenter le 
fonds des pensions de la Société. 

9. Une demi-part sera employée annuellement en décorations, 
ameublements, costumes du magasin, réparations des loges et en.- 
tretien de la salle , d'après les ordres du surintendant. Les réser- 
ves ordonnées par les art. 7, 8 et 9 n'auront lieu que successive 
ment et à mesure des vacances. 

10. Les vingt-deux parts restantes continueront d'être réparties 
entre les comédiens sociétaires , depuis un huitième de part jus- 
qu'à une part entière, qui sera le maximum. 

1 1 . Les parts ou portions des parts vacantes seront accordées 
ou distribuées par le surintendant de nos spectacles 



— 47 — 

SECTION II 

Des Pensions et Retraites. 



^ 



§ I. DU TEMPS NÉCESSAIRE POUR ORTENIR LA PENSION, ET DE SA 

QUOTITÉ. 

12. Tout Sociétaire qui sera reçu, contractera rengagement de 
jouer pendant vingt ans; et après vingt ans de services non in- 
terrompus, il pourra prendre sa retraite, à moins que le surin- 
tendant ne juge à propos de le retenir. 

Les vingt ans dateront du jour des débuts, lorsqu'ils auront été 
immédiatement suivis de Tadmission à Fessai et ensuite dans la 
Société. 

13. Le Sociétaire qui se retirera après vingt ans aura droit, 
\^ à une pension viagère de deux mille francs , sur les fonds af- 
fectés au Théâtre-Français par le décret du 13 messidor an x; 
2^ à une pension de pareille somme sur le fonds de la Société 
dont il est parlé à Fart. 8. 

14. Si le surintendant juge convenable de prolonger le service 
d'un Sociétaire au delà de vingt ans, il sera ajouté, quand il se 
retirera , cent francs de plus par an à chacune des pensions dont 
il est parlé à l'article précédent. 

15. Un Sociétaire qu'un accident, ayant pour cause immédiate 
le service de notre Théâtre-Français ou des théâtres de nos pa- 
lais, obligerait de se retirer avant d'avoir accompli ses vingt ans , 
recevra en entier les pensions fixées par l'art. 13. 

16. En cas d'incapadté de servir, provenant d'une autre cause 
que celle énoneée en l'art. 15, le Sodétaire pourra, même avant 
ses vingt ans de service , être mis en retraite par ordre du surin- 
tendant. 

En ce cas, et sH a plus de dix ans de service, il aura droit à 
une pension sur les fonds du gouvernement, et une sur les fonds 
des Sociétaires; chacune de ces pensions sera de cent francs par 
année de service, s'il était à part entière, de soixante-quinze francs 
s'il était à trois quarts de part , et ainsi dans la proportion de sa 
part dans les bénéfices de la Société. 

17. Si le Sociétaire a moins de dix ans de service, le surinten- 



— 48 — 

dant pourra nous proposer la pension qu'il croira convenable de 
lui accorder, selon les services rendus à la Société et les circons- 
tances où il se trouvera. 

18. Toutes ces pensions seront accordées par décisions rendues 
en notre Conseil d'État , sur Tavis du comité , comme il a |été 
statué pour notre Académie impériale de musique , par notre dé- 
cret du 30 janvier 1811. 

§ II. DES MOYENS DE PATEHENT DES PENSIONS. 

19. Les pensions accordées sur le fonds de cent mille francs 
de rente accordé par nous à notre Théâtre-Français seront acquit- 
tées, tous les trois mois, sur les fonds qui seront touchés à la 
Caisse d'amortissement. 

20. En cas d'insuffisance , il y sera pourvu avec la part mise 
en réserve pour les besoins imprévus. 

21. Pour assurer le payement des pensions accordées sur les 
fonds particuliers de la Société , il sera prélevé chaque année , et 
mois par mois, sur la recette générale , une somme de cmquante 
mille francs. 

22. Cette somme sera versée entre les mains du notaire du 
Théâtre-Français , et placée par lui à mesure pour le compte de 
la Société, selon les règles prescrites par l'art. 32. 

23. Aucun Sociétaire ne peut aliéner ni engager la portion 
pour laquelle il contribue au fonds de cette rente. 

24. A la retraite de chaque Sociétaire, ou à son décès, le r^n- 
boursement du capital de cette retenue sera fsdt à chaque Socié- 
taire ou à ses héritiers, au prorata de ce qu'il y aura contribué. 

25. Tout Sociétaire qui quittera le Théâtre sans en avoir obtenu 
la permission du surintendant, perdra la sonune pour laquelle il 
aura contribué, et n'aura droit à aucune pension. 

26. Jusqu'à ce qu'au moyen des dispositions ci-dessus une 
rente de cinquante mille francs soit entièrement constituée , les 
pensions de la Société seront payées tant sur les intérêts des 
fonds mis en réserve que sur les recettes générales de chaque 
mois. 

27. Quand la rente sera constituée, s'il y a de l'excédant après 
le payement annuel des pensions, il en sera disposé pour l'avan* 
tage de la Société, avec l'autorisation du surintendant. 



— 49 — 

SECTION II T. 

De la Retraite des Acteurs aux appointements et Employés. 

28. Après vingt ans ou plus de service non interrompu par un 
acteur ou une actrice aux appointements, après dix ans de service 
seulement ei^ cas d'infirmités , enfin en cas d'accident , comme il 
est dit pour les Sociétaires (art. 15), le surintendant pourra nous 
proposer d'accorder, moitié sur le fonds de cent mille francs, moi- 
tié sur celui de la Société, une pension ; laquelle, tout compris, ne 
pourra excéder la moitié du traitement dont l'acteur ou l'actrice 
aura joui les trois dernières années de son service. 

29. Le commissaire impérial pourra aussi obtenir une retraite 
ou pension d'après les règles établies en l'article 28; mais elle sera 
payée en entier sur le fonds de cent mille francs. 

TITRE IIL 

SECTION PREMIERE. 

De C Administration des intérêts de la Société, 

30. Un comité composé de six hommes membres de la So- 
ciété, présidé par le commissaire impérial , et ayant un secrétaire 
pour tenir registre des délibérations , sera chargé de la régie et 
admini3tration des intérêts de la Société. 

Le surintendant nommera , chaque année, les membres de ce 
comité. 

Ils seront indéfiniment rééligibles. 

Trois de ces membres seront chargés de l'expédition de ses ré« 
solutions. 

31. Le surintendant pourra les révoquer et remplacer à volonté. 

32. Les fonctions de ce comité seront particulièrement : 

l» De dresser , chaque année , le budget ou état présumé des 
dépenses de tout genre, de le soumettre à l'examen de l'assemblée 
générale des Sociétaires et à l'approbation du surintendant; 

2<^ D'ordonner et faire acquitter , dans les limites portées au 

4 



— 50 — 

budget pour chaque nature de dépenses, celles qui seront néces- 
saires pour toutes les parties du service; à l'effet de quoi un 
de ses membres sera préposé à la signature des ordres de four- 
niture ou de travail, et dés mandats de payement; 

3<* De la passation de tous les marchés, obligations pour le ser- 
vice, ou actes pour la Société^ 

4^ D'inspecter, régler et ordojjpier dans toutes les parties de la 
salle, du Théâtre, des magasms, etc. ; 

5® De vérifier les recettes, d'inspecter la caisse et de Mte effec- 
tuer le payement des parts, traitements, pensions ou sommes 
mises en réserve selon le présent règlanent; 

6» D'exercer pour tous recouvrements, ou en tout autre cas, 
tant en demandant qu'en défendant , toutes les actions et droits 
de la Société, après avoir toutefois pris l'avis de l'assemblée géné- 
rale et l'autorisation du surintendant. 



SBGTION II 

Des Dépenses, Payements, et de la Comptabilité. 

33. Le caissier sera nommé par le comité, et soumis à l'appro- 
bation du surintendant. 

Il fournira en immeubles un cautionnement de soixante mille 
francs , dont les titres seront vérifiés par le notaire du Théâtre , 
qui fera faire tous les actes conservatoires au nom de la Société. 

34. A la fin de chaque mois, les états de recette et dépense 
seront arrêtés par le comité, et approuvés par le commissaire 
impérial. 

35. D'après cet arrêté et cette approbation, seront prélevés sur 
la recette, d'abord les droits d'auteur, ensuite toutes les dépenses, 
V pour appointements d'acteurs, traitements d'employés ou ga- 
gistes; 2^ la somme prescrite pour le fonds des pensions de la So- 
ciété; 3® le montant des mémoires, tant pour dépenses courantes 
que fournitures extraordinaires. 

36. Le reste sera partagé conformément aux art. 6, 7, 8, 9 
et 10. 

37. Le caissier touchera , tous les trois mois , à la Caisse d'a- 
mortissement, le quart des cent mille francs de retite affectés au 



— M — 

Tliéâtre-Français, et soldera, avQc ces vingt-cinq mille francs, et, 
au besoin , avec le produit de la part dont il est parlé à l'art. 7, 
sur les états dressés par le commissaire impérial, et arrêtés par le 
surintendant : V les pensions des acteurs retirés ou autres pen- 
sionnaires; 2® les indemnités pour supplément d'appointements 
accordées aux acteurs; 3<^ le traitement du commissaire impérial ; 
4^ le loyer de la salle. 

38. A la fin de chaque année, le caissier dressera le compte des 
recettes et dépenses, pour les fonds de la Société. 

39. Ce con^»te sera remisau comité, qui Texaminera et donnera 
son avis. 

Il sera présenté ensuite à l'assemblée générale des Sociétaires, 
qui pourra nommer une commission de trois de ses membres, 
pour le revoir, et y faire des observations, s'il y a lieu, dans une 
autre assemblée générale. 

Enfin, le compte sera soumis au surintendant, qui l'approuvera 
s'il y a lieu. , 

40. Le caissier dressera également le compte des cent mille francs 
accordés par le Gouvernement, et des parts mises à la disposition 
du surintendant. Ce compte sera visé par le commissaire impérial, 
et arrêté par le surintendant. 

41. Sur la part réservée aux besoins imprévus, il pourra être 
accordé par le surintendant, aux acteurs ou actrices qui se trou- 
veraient chargés de dépenses trop considérables de costumes ou 
de toilette, une autorisation pour se faire faire par le magasin des 
habits pour jouer un ou plusieurs rôles. 



SECTION III. 

Des Assemblées générales, 

42. L'assemblée générale de tous les Sociétaires est convoquée 
nécessairement par le comité, et a lieu pour les objets suivants : 

1» Au plus tard, dans la première semaine du dernier mois de 
l'année, pour examiner et donner son avis sur le budget de l'année 
suivante, conformément au paragraphe premier de l'art. 32 ; 

2^ Au plus tard dans la dernière semaine du premier mois de 
chaque année, pour examiner le compte de l'année précédente, 

4. 



— 52 — 

«t ensuite pour entendre le rapport de la commission, s'il y en 
a une nommée. 

43. L'assemblée générale doit être, en outre, convoquée par le 
comité toutes les fois qu'il y a iieu à placement de fonds, actions 
à soutenir, en défendant ou demandant, dépenses à &ire excé- 
dant celles autorisées par le budget : cas auquel l'assemblée géné- 
rale doit donner son avis ; après quoi le surintendant dédde, après 
après avoir vu l'avis du conseil, dont il est parlé au titre 7. 

44. L'assemblée générale peut, au surplus^ être convoquée par 
ordre du surintendant, quand il juge nécessaire de la consulter, 
ou avec son autorisation, si le comité la demande, pour tous les 
cas extraordinaires et imprévus. 

TITRE IV. 

De P Administration théâtrale. 

SECTION PBEMIÈBE. 

Disposition générale. 

45. Le comité, établi par Tart. 30, sera également chargé de 
tout ce qui concerne l'administration théâtrale, la formation des 
répertoires, l'exécution des ordres de début, la réception des piè- 
ces nouvelles , sous la surveillance du commissaire impérial et 
l'autorité du surintendant. 

SECTION If. 

Des Répertoires. 

§ 1. DE LA DISTRIBUTION DES EMPLOIS. 

46. Le surintendant déterminera, aussitôt la pub'ication du 
présent règlement, la distribution exacte des différents emplois. 

Il fera dresser en conséquence un état général de toutes, les 
pièces, soit lues, soit à remettre, avec les noms des acteurs et ac- 
trices sociétaires qui doivent jouer en premier, en double et en 
troisième, les rôles de chacune de ces pièces, selon leur emploi et 



— 53 — 

leur ancienneté, afin qu'il n'y ait plus aucune contestation à cet 
égard. 

47. Nul acteur ou actrice ne pourra tenir en [Nremier deux em- 
plois différents , sans une autorisation spéciale du surintendant, 
qui ne l'accordera que rarement, et pour de puissants motifs. 

48. Si un acteur ou actrice tenant un emploi en chef veut 
jouer dans un autre : par exemple, si, tenant un emploi tragique, 
il veut jouer dans la comédie, ou si, jouant les rôles de jeune 
premier, il veut jouer un autre emploi, il ne pourra primer celui 
qui tenait l'emploi en chef auparavant; mais il tiendrait ledit em- 
ploi en second, quand même il serait plus ancien que son cama- 
rade. 

Notre surintendant pourra seulement l'autoriser à jouer les rôles 
du nouvel emploi qu'il voudra prendre, alternativement avec celui 
qui les jouait en chef ou en premier. 

$ II.» DE LA FORMAtlOR DU RÉPERTOIRE. 

t. 

49. Le répertoire sera formé dans le comité établi par l'art. 30, 
auquel seront adjointes, pour cet objet seulement, deux femmes 
sociétaires , conformément à l'arrêt du conseil du 9 décembre 
1780(1). 

50. Les répertoires seront faits de manière que chaque rôle ait 
un second ou double désigné, qui puisse jouer à défaut de 
l'acteur en premier, s'il a des excuses valables , et sans que, pour 
cause de l'absence d'un ou plusieurs acteurs en premier, la pièce 
puisse être changée ou sa représentation retardée. 

51. Pour veiller à l'exécution du répertoire, deux Sociétaires 
seront adjoints au comité, sous le titre de semainier^ ; chaque 
Sociétaire sera semainier à son tour. 

52. Si un double étant chargé d'un rôle par le répertoire tombe 
malade, le chef, se portant bien, sera tenu de le jouer, sur l'avis 
que lui en donnera le semainier. 

53. Un acteur en chef ne pourra refuser de jouer ni abandon- 
ner tout à fait à son double aucun des premiers rôles de son em- 
ploi ; il les jouera, bons ou mauvais, quand il sera appelé par le 
répertoire. 

(f ) Cet arrêt se trouve au Dépôt des Lois. 



— 34 — 

4. Aucun acteur en chef ne pourra se réserver un ou pltisîetirs 
rôles de son emploi, j Le comité prendra des mesures nécessaires 
pour que les doubles soient entendus par le publie dans les prin- 
cipaux rôles de leurs emplois respectifs trois ou quatre fois par 
mois. 

II veillera également à ce que les acteurs à Fessai soient mis à 
portée d'exercer leurs talents et de faire juger leurs progrès. 

Les acteurs jouant les rôles en second pourront réclamer en 
cas d'inexécution du présent article; et le surintendant donnera 
des ordres sans délai pour que le comité s'y conforme, sous peine, 
envers l'acteur en chef opposant et chacun des membres du co- 
mité qui n'y auront pas pourvu , d'une amende de trois coïts 
francs. 

Notre conimissaire près le Théâtre sera responsable de l'inexé- 
cution du présent article , s'il n'a dressé procès-verbal des contra- 
ventions, à l'effet d'y faire pourvoir par le surintendant, et de faire 
payer les amendes. « 

55. Nos comédiens seront tenus de mettre tous les mois un 
grand ouvrage, ou du moins deux petits ouvrages , nouveaux ou 
remis. 

Dans le nombre de ces pièces seront des pièces d'auteurs vi- 
vants. 

11 est enjoint au comité et au surintendant de tenir la main a 
l'exécution de cet article. 

56. Les assemblées de^ samedis de chaque semaine continue- 
ront d'avoir lieu; et tous les acteurs seront tenus de s'y trouver 
pour prendre communication du répertoire. 

11 continuera d'être délivré des jetons aux acteurs présents. 

57 . Tous acteurs ou actrices pourront faire des observations, et 
demander des changements au répertoire pour des motifs vala- 
bles, sur lesquels il sera statué provisoirement par le commissaire 
impérial , et définitivement par le surintendant. 

58. Le répertoire se fera , la première fois , pour quinze jours. 
11 en sera envoyé copie au préfet de police. 

Le samedi d'après se fera celui de la semaine eu suivant , et 
ainsi successivement. 

59. Quand le répertoire aura été réglé , chacun sera tenu de 
jouer le rôle pour lequel il aura été inscrit , à moins de causes lé- 
gitimes approuvées par le comité présidé par le commissaire îm- 



*. 



— 53 — 

périul , et doot it sera rendu compte au Eurintendant , sous peiue 
de cent tinquante fraftes d'amende- 

60. Si un acteur ayant &itt changer la représentation pour cause 
de maladie , est aperçu dans une promenade, un spectacle, ou s'il 
sort de chez lui , il sera mis à une amende de trois cents francs. 



Det Débuts. 

61 . Le surintendant donnera seul les ordres de début sur notre 
Théâtre-Français. Les débuts n'auront pas lieu du f novembre 
jusqu'au 15 avril. 

62. Ces ordres seront prcsentés au comité, qui sera tenu de les 
enregistrer, et de mettre au premier répertoire tes trois pièces 
que les débutants demanderont. 

63. Le surintendant pourra appeler pour débuter les élèves de 
notre Conservatoù« , ceux des maîtres particuliers, ou tes acteurs 
des autres théâtres de notre Empire ; auquel cas , leurs engage- 
ments seront suspendis, et rompus s'ils sont admis à l'essai. 

64. Les acteiuti et actrices qui auront des rSles dans ces pièces 
ne pourront refuser de les jouer, sous peine de cent dnquante 
Irancs d'amende. 

65 On sera obligé indispensablement à une répétition entière 
pour chaque pièce où les débutants devront jouer, sous pdne de 
vingt-cinq francs d'amende pour diaque absent. 

66. Le comité ^posera ensuite d'autres râles à jouer par te 
débutant; et le surintendant en déterminera trois, que le débutant 
sera tenu de jouer après des répétitioiis particulières et une répé- 
tition générale, comme il est dit à l'art. 6â. 

67. Les débutants qui auront eu des succès et annoncé des ta- 
lents seront reçus à l'essai au moins pour un an, et ensuite 
comme Sociélab^ par le surintendant, selon qiill le jugna con- 
venable. 

TITRE V. 

Hé* nè«c« noNvellM cl de* Aatcan. 

68. La lecture des pièces nouvelles se fera devant un comité 



— Dé- 
composé de neuf personnes choisies parmi les plus anciens So- 
ciétaires, par le surintendant, qui nommeA en outre trois sup- 
pléants, pour que le nombre des membres du comité soit tou- 
jours complet. 

69. L'admission a lieu ù la pluralité absolue des voix. 

70. Si une partie des voix est pour le renvoi à correction , on 
refsdt un tour de scrutin sur la question du renvoi , et on vote 
par oui ou non. 

71. S'il n'y a que quatre voix pour le renvoi à correction, la 
pièce est reçue. 

72. La part d'auteur dans le produit des recettes , le tiers pré- 
levé pour les frais, est du huitième pour une pièce en cinq ou en 
quatre actes , du douzième pour une pièce en trois actes , et du 
seizième pour une pièce en un et en deux actes; cependant les 
auteurs et les comédiens peuvent faire toute autre convention de 
gré à gré. 

73. L'auteur jouit de ses entrées du moment où sa pièce est 
mise en répétition , et les conserve trois ans après la première 
représentation, pour un ouvrage en cinq et en quatre actes, deux 
ans pour un ouvrage en trois actes, un an pour une pièce en un 
ou deux actes. L'auteur de deux pièces en cinq ou en quatre 
actes, ou de trois pièces en trois actes, ou de quatre pièces en un 
acte, restées au théâtre, a ses entrées sa vie durant. 



TITRE VI. 

De la Police. 

74. La présidence et la police des assemblées, soit générales, 
soit des divers comités, sont exercées par le commissaire impérial. 

75. Tout sujet qui manque à la subordination envers ses su- 
périeurs , qui , sans excuses jugées valables , fait changer le spec- 
tacle indiqué sur le répertoire, ou refuse de jouer soit un rôle de 
son emploi, soit tout autre rôle qui peut lui être distribué pour le 
service des théâtres de nos palais , ou qui fait manquer le service 
en ne se trouvant pas à son poste aux heures fixées, est con- 
damné, suivant la gravité des cas, à l'une des peines suivantes. 

76. Ces peines sont les amendes, l'exclusion des assemblées 




— o8 — 

de cinq centè francs, qui sera versée dans la caisse deé pauvres, à 
Ja diligence du préfet de police. 

84. Tout Sociétaire ayant trente années de service effectif 
pourra obtenir une représentation à son bénéfice, lors de sa re- 
traite : cette représentation ne pourra avoir lieu que sur le Théâ- 
tre-Français, conformément à notre décret du 29 juillet 1807. 

85. Tout sujet retiré du Théâtre-Français ne pourra reparaître 
sur aucun théâtre, soit de Paris, soit des départements, sans la 
permission du surintendant. 

86. Toutes les affieures contentieuses seront soumises à Texamen 
d'un conseil de jurisconsultes ; et on ne pourra faire aucune pour- 
suite judiciaire au nom de la Société sans avoir pris l'avis du 
conseil. 

Ce conseil restera composé ainsi qu'il l'est aujourd'hui , et siéra 
réduit à l'avenir, par mort ou démission , au non^re de troîâ Ju- 
risconsultes, deux avoués, et au notaire du Théâtre. 

En cas de vacance, la nomination se fera par le comité, avec 
l'agrément du surintendant. 

*^ 87. Le surintendant fera les règlements qu'il jugera nécessaires 
pbur toutes les parties de l'administration intérieure. 

88. Les décrets des 29 juillet etl^^ novembre 1807 sont main- 
tenus en tout ce qui n'est pas contraire aux dispositions ci-dessus. 

TITRE VIII. 



Des élèves du Théâtre-Français. 

§ I. NOMBRE, NOMINATION, INSTRUCTION ET ENTRETIEN DES ÉLÈVES. 

89. 11 y aura à notre Conservatoire Impérial dix-huit élèves 
pour notre théâtre-Français, neuf de chaque sexe. 

90. Ils seront désignés par notre mim'stre de l'intérieur; ils 
' seront âgés au moins de quinze ans. 

* 91 . Ils seront traités au Conservatoire comme les autres pen- 
sionnaires qui y sont admis pour le chant et la tragédie lyrique. 

92. Us pourront suivre les classes de musique; mais ils seront 
plus spécialement appliqués à l'art de la déclamation , et suivront 
exactement les cours des professeurs , selon le genre auquel ils 
seront destinés. 

93. A cet effet, indépendamment des professeurs, il y aura, 



— 59 — 

pour l'art dramatique, deux répétiteurs d'un genre différent, les- 
quels feront répéter et travailler les élèves, chaque jour, dans les 
intervalles des classes, à des heures qui seront fixées^ 

94. 11 y aura, en ojutre, un professeur de grammaire, d'his- 
toire et de mythologie appliquées à l'art dramatique , lequel en- 
seignera spécialement les élèves destinés au Théâtre-Français. 

95. Les élèves seront examinés tous les ans par les professeurs 
et le directeiu* du Conservatoire; et il sera rendu compte du ré- 
sultat à notre ministre de l'intérieur et au surintendant des 
théâtres. 

96. Les élèves qui ne donneraient pas d'espérances ne conti- 
nueront pas leurs cours, et ils seront remplacés. 

97. Ceux qui ne seraient pas encore capables de débuter sur 
notre Théâtre-Français pourront, avec la permission du siu;inten- 
dant , s'engager pour un temps au théâtre de l'Odéon , ou dans 
ies troupes des départements. 

98. Ceux qui seront jugés capables de débuter pourront rece- 
voir du surintendant un ordre de début , et être , selon leurs 
moyens, mis à l'essai au moms pendant un an, et ensuite admis 
comme Sociétaires, comme il est dit article 67. 

§ IL DES DÉPENSES POUR LES ÉLÈVES DE L*ART DRAMATIQUE. 

99. La dépense pour chacun des élèves est fixée à onze cents 
francs; 

Le traitement pour chacun des répétiteurs, a deux mille francs ; 
Le traitement du professeur, à trois mille francs. 

100. En conséquence, notre ministre de l'intérieur disposera, 
sur le fonds des dépenses imprévues de son ministère, d'une somme 
de vingt-six mille huit cents francs en sus de celle allouée pour 
notre Conservatoire impérial de musique. 

101 : INos ministres de l'intérieur, de la police , des finances , du 

trésor, et le surintendant de nos spectacles, sont chargés, chacun 

en ce qui le concerne , de l'exécution du présent décret, qui sera 

inséré au Bulletin des lois. 

Signé NAPOLÉON 

Par IT.mpereur : 

Le Ministre Secrétaire. (tÈtat par intérim^ 

S'Kjnv Duc DE CâDORë 



DOCUMENTS HISTORIQUES 



RELATIFS A LA 



COMEDIE FRANÇAISE 



SOUS LE REGNE 



DB 



li'iainPERKlJil MAPOUBOM I**. 



Il est incontestable que la période qui s'est écou- 
lée depuis le commencement de ce siècle jusqu'à la 
fin de l'Empire, et pendant les premières années de 
la Restauration, a été une grande époque pour la 
Comédie française; mais époque remarquable, il 
faut bien le dire, surtout au point de vue de l'exé- 
cution de nos chefs-d'œuvre dramatiques. Le Théâ- 
tre-Français était grand seulement par l'admirable 
ensemble de son personnel, composé des premiers 
artistes du monde ; et quant à la littérature drama- 
tique du temps, elle n'a pas jeté un bien vif éclat. 
Le génie de Napoléon pouvait bien reconstituer une 
institution grandiose; il né pouvait pas créer des 
poètes, lorsque toutes les intelligences supérieures 
étudiaient l'art de la guerre et n'aspiraient qu'aux 



— t>2 — 

suprêmes honneurs militaires que l'Empereur savait 
prodiguer. 

Depuis le 31 mai 1799 , jour de l'ouverture du 
Théâtre par tpus les comédiens français réupis. Van- 
cienne Comédie française commençait à exister : elle 
avait pris possession, comme nous l'avons dit, de 
la salle de la rue Richelieu, embellie et restaurée ; et, 
en attendant de nouveaux ouvrages, les comédiens 
sociétaires attiraient la foulé ravie d'assister à la re- 
naissance de la Compagnie illustre qui avait traversé 
bien des orages pour se retrouver reconstituée sous 
la main puissante d'un grand homme. De 1800 à 
1803, le personnel de la Comédie française se com- 
posait ainsi : 

MoLÉ, l'acteur le plus accompU, la plus grande 
illustration de l'ancien Théâtre-Français; Momvel, 
reçu en 1772; Dcgazon, 1772; Dazincourt, 1778; 
Fleury , de la même année ; Vanhove ; Florence , 
1779; Saint-Prix, 1784; Saint-Fal , de la môme 
année; Naudet, 1786; Laroghelle, 1787; Talma, 
1785; Grandménil, 1791 ; Alexandre Duval; Cau- 
MONT ; MiCHOT, venu du théâtre des Variétés du Pa- 
lais-Royal au Théâtre de la République ; Baptiste 
Cadet, du Théâtre de la République; Damas; Bap- 
tiste aîné, qui avait fait partie du théâtre du Marais 
en 1791, et qui était entré au Théâtre de la Répu- 
blique en 1793; Armand et Lapon, nouvellement 
reçus ; 



— 63 — 

Mesdames Laghassaigne , reçue en 1769; Suin, 
4776; Raucourt, 1773; Louise Contât, 1777 
Thénard, 1781; Devienne, 1785; Emilie Contât 
Vanhove, 1785, depuis M'^rTalma ; Fleury, 1791 
Mezeray, de la même année; Mars cadette (la célè- 
bre), venue très-jeune du théâtre Montansier ; Bqur- 
goin et VoLNAis, nouvellement admises ; 

Tous sociétaires. Les pensionnaires étaijent Des- 
prez, Lacave, Dublin, Marchand ; mesdames Gros, 
Desrosiers, Patrat. 

Le commissaire du Gouvernement était M. Mahé- 
rault, agissant sous les ordres de M. de Rémusat, 
préfet du palais. 

Sous le règne de la Terreur, la Comédie française 
n'avait pas été plus épargnée que tout ce qui exis- 
tait à cette époque : institution royale , elle devait 
périr ; propriétaire de biens meubles et immeubles, 
il fallait les lui confisquer, le tout pour le salut de la 
patrie. La Comédie française fut, par conséqueat, 
dépouillée de tout ce qu'elle possédait. 

Il ne suffisait donc pas de réunir ces magnifiques 
talents dispersés par les fureurs révolutionnaires, il 
fallait encore rendre à la maison de Molière une 
partie de son ancien éclat. C'est cette pensée répa- 
ratrice qui inspirait le Premier Consul, lorsque, le 
2 juillet 1802, il dotait la Comédie française d'une 
rente annuelle de cent mille francs. Jusque-là, les 
rapports de la Comédie franç2(ise avec le Premier 



hv 



— 64 — 

Consul avaient été ceux de la reconnaissance, d'un 
côté, d'une haute sympathie de l'autre. Les comé- 
diens sentaient que leur destinée dépendait de la 
protection du chef de l'État ; ils ne laissaient pas 
échapper une occasion de lui témoigner leur dé- 
vouement respectueux, et, le 8 octobre 1801, une 
députation de la Comédie avait été admise à pré- 
senter au Premier Consul des félicitations au sujet 
des préliminaires de la paix avec l'Angleterre : 
quant à Napoléon Bonaparte, l'Empire existant déjà 
dans sa pensée, il comprenait que la gloire du 
Théâtre-Français devait être une de ses gloires, que 
la Comédie française serait son théâtre ; et, par quel- 
ques actes d'autorité, il commençait pour ainsi dire 
à prendre possession. Ainsi, le 6 janvier 1802 , 
Talma, Desprez, M""^ Petit Vanhove etM^^^ Raucourt 
recevaient l'ordre de se rendre à Lyon. C'était 
comme un prélude des spectacles de la cour. Enfin^ 
l'acte de dotation du 2 juillet 1802 vint consacrer 
des liens indissolubles . Comme ce document est un 
des plus importants dans l'histoire du Théâtre- 
Français, nous le transcrivons ici textuellement : 

Paris, le i3 messidor Tan x delà République française, 

une et indivisible. 

Les Consuls de la Republique ^ sur le rapport du 

ministre de l'intérieur^ 

Arrêtent : 
Article premier. Au premier vendémiaire 



— 65 — 

prochain , rinscription au grand-livre de la 
dette publique, n** i423i, volume 24, somme 
100,000 fr., sera transférée à la Caisse d'a- 
mortissement par le ministère de l'intérieur, 
et le produit en sera versé dans la caisse du 
Th éâtre-Français . 

Article 2. Au moyen dudit versement, 
les comédiens français acquitteront : 

I** Le loyer de leur salle ; 

2** Les pensions de retraite qui seront ac- 
cordées avec l'agrément du gouvernement ; 

3** L'indemnité annuelle qui a été promise à 
quelques artistes, à l'époque de leur réunion 
au Théâtre de la République , et qui a été 
payée jusqu'à ce jour sur les fonds du minis- 
tre de l'intérieur. 

Article 3. La recette journalière de la Co- 
médie sejra employée à payer les parts et di- 
visions ou fractions de part des comédiens, 
conformément à l'état qui existe aujour- 
d'hui. 

Il sera pareillement pourvu , sur les mêmes 
fonds, au traitement de ceux qui ne sont pas 
reçus à part, et à toutes les autres dépenses. 

Aucun comédien ne recevra, à l'avenir, ni 



— 66 — 
supplément , ni indemnité sur les fonds du 
ministère de l'intérieur ou de la police. 

Article 4- A compter du i ^^ vendémiaire 
an XI , le prix des loges , par quelques per^ 
sonnes quelles soient occupées, sera versé 
dans la caisse du théâtre. 

Article 5.* Il sera soumis incessamment 
aux Consuls, par le ministre de l'intérieur, 
un règlement de police et d'administration 
pour tout ce qui intéresse la Comédie fran- 
çaise. 

Article 6. Le ministre de l'intérieur est 
chargé de l'exécution du présent arrêté. 

Le Premier Consul, 

Signé : BONAPARTE. 

Pour le Premier Consul : 

Le secrétaire d'État , 

Signé : Hugues B. MARET. 

Pour ampliation : 

Le ministre de Vintérieur, 

Signé : Chaptal. 

Pour ampliation : 

Le commissaire du gouvernement y 

Signé : MahérauH. 



— 67 — 

A partir de 1802, les rapports de l'autorité avec 
la Comédie firançaise deviennent de plus en plus 
fréquents^ Le théâtre une fois reconstitué et doté, il 
fallait le réglementer. Nous allons suivre pas à pas 
cette réglementation intérieure, pleine de sollicitude 
et de détails, et nous bien convaincre que M. de Ré- 
musat, premier chambellan de l'Empereur , n'exer- 
çait pas seulement une simple surveillance, mais 
aussi qu'il gouvernait et administrait, absolument 
comme le premier gentilhomme de la chambre du 
roi sous l'ancien régime, et, on doit le dire, avec les 
mêmes sentiments des convenances, des droits et 
des devoirs de chacun, avec cet esprit de la légalité, 
d'équité et des intérêts bien compris du Théâtre- 
Français. 

Suivons l'ordre chronologique ; c'est une route 
tracée, infaillible, et qui nous mène droit au but. 

Alexandre Duval, auteur dramatique et artiste 
sodétaire du Théâtre-Français, venait de faire re- 
présenter sa comédie X Edouard en Ecosse^ lorsque, 
le 2 février 1802, un ordre supérieur vint en dé- 
fendre la deuxième représentation. Les allusions 
politiques fourmillaiei^t dans cet ouvrage, et le mo- 
ment était mal choisi pour les provoquer. Le 5 avril, 
mort d'Etienne Dubus-Champville, sociétaire qui peu 
de temps auparavant avait joué, pour la dernière 
fois, le rôle du marquis dans \e Joueur. Une inscription 
fut placée sur la tombe de Ghampville aux frais de 

5. 






- 68 — 

M"*^ Devienne. Une autre perte, plus sérieuse, me- 
naçait la Comédie française ; le 24 avril, le célèbre 
Mole jouait son dernier rôle, celui de Dubriage du 
Vieux Célibataire. Il ne devait plus remonter sur la 
scène qu'il avait illustrée par son inimitable talent 
depuis tant d'années. Mole mourut le H décembre 
suivant, à l'âge de 69 ans, et après 48 années de 
services. Cette mort produisit l'effet d'un grand 
événement. Paris tout entier s'en émut. Les obsèques 
du doyen de la Comédie française eurent lieu le 
13 décembre, au milieu d'un concours immense. 
Mole était membre de l'Institut. La Comédie fran- 
çaise tout entière, la Comédie italienne, les artiste» 
de l'Opéra, du Vaudeville, de Louvois, des Bouffes 
italiens, une députation de l'Institut, dans laquelle 
on distinguait M. Bigot de Préamenéu, le général 
Jubié, au nom du Premier Consul, trois cents per- 
sonnes de toutes les conditions, assistèrent au convoi, 
composé de plus de trente voitures de deuil. Le cor- 
billard était attelé de six chevaux. Un service so-. 
lennel eut lieu à Saint-Sulpice , et le curé de cette, 
église y prononça le panégyrique de Mole, en s'é- 
levant contre le préjugé qui pèse sur la classe des 
comédiens. Le convoi revint ensuite au domicile du 
défunt, rue Corneille, pour se diriger du c6té de 
la barrière d'Enfer, et gagner de là Antony,oii Mole 
avait voulu être enterré. A Antony, le corps fut en- 
core présenté à l'église, où il fut reçu par le curé et 



— 69 — 

lé maire, qui prononcèreDt chacun un discours sur 
les grands talents, la gloire, la célébrité, les qualités 
publiques et particulières de Mole ; Monvel, Auguste 
Mole et M. Mahérault prirent ensuite la parole, et 
Mole fut inhumé au milieu d'un champ qui était sa 
propriété, dans un tombeau entouré de fossés bordés 
de peupliers et de cyprès. 

Il nous semble curieux de transcrire ici la pièce 
suivante qui a tout Tattrait d'un document his- 
torique : 

12 décembre 1802. 

« Dépositaire des derniers sentiments de Fran- 
« çois-René Mole, c*est avec satisfaction que je re- 
« çois sa dépouille mortelle, pour la conduire au 
« lieu de repos qu'il s'est choisi lui-même. Ainsi, la 
« commune d' Antony se glorifiera longtemps de pos- 
« séder un homme justement célèbre , un des plus 
«'beaux génies de l'art dramatique. 

« Et tandis que la piété filiale s'empresse de lui 
« élever un monument sacré, tandis que ses collè- 
« gués et ses amis en pleurs, que la France renais- 
tf santé attache à ses longs travaux et à ses rares 
« talents les regrets les plus sincères et les plus tou- 
« chants souvenirs; 

« Nous, ministres des autels, au nom de la reli- 
ef gion, nous prierons le Seigneur notre Dieu qu'il 
« lui fasse paix et miséricorde et qu'il daigne l'àd- 



— 70 — 

« mettre aa nombre de ses élus dans le séjour dé 
« l'immortalité glorieuse. 

<f Pardon, Messieurs, si je vous dérobe des mo- 
« ments si précieux au public ; mais il a fallu satis- 
« faire mon cœur, et combien je m'estimerais heii- 
(c reux si cette lettre méritait d'être consignée dans 
« vos archives. 

«c 5^/{^\* Charles Ghaisneac, 
« Desserrant d'Antony, gardien du tombeau de Mole. » 

La Comédie française fit du reste noblement son 
devoir. Elle continua pendant six mois à la famille 
de Mole la part entière dont il jouissait, et elle vota 
une somme annuelle de 1200 francs pour servir, 
pendant cinq ans, à l'éducation de M"® Éveline , la 
petite-fille de Mole. 

Les pertes cruelles se succédaient aussi parmi les 
acteurç retirés. Le 29 janvier 1803, on annonçait la 
mort de la célèbre Clairon, et, le 11 février, celle de 
Colbert de Beaulieu, dit de Bellemont, après 37 ans 
de service et 75 ans d'âge. Le 23 septembre pré- 
cédent, M™® Vestris avait pris sa retraite de sociétaire. 

En revanche, de nouvelles réputations commen- 
çaient à naître; le 12 juillet 1802, M"* Duchesnois 
avait paru pour la première fois à Versailles, dans 
le rôle de Phèdre ; et, le 29 novembre suivant, 
M™® Georges Weymer avait débuté par celui de 
Clyteranestre d'/phtgénîe en Aulide. 



— 71 — 

Revenons aux actes administratifs du préfet du 
palais. Le 2 avril 1803, M. de Rémusat ouvrait un 
concours pour doubler l'emploi des jeunes premiers 
dans les tragédies , et des troisièmes amoureux et 
jeunes marquis dans la comédie. Les concurrents 
devaient avoir de quinze à vingtrtrois ans, de bonnes 
mœurs, bien posséder la langue française et être en 
état de jouer sur-le-champ. Le jury d'examen se 
composait de Monvel, Vanhove, Saint-Prix, Saint- 
Faî, Talma, Dazincourt, Fleury, Grandménil, Du- 
gazon, M^* Raucourt, Contât, Suin et Devienne. Cet 
arrêté, en prévision de l'avenir; pour le présent, 
M. de Rémusat donnait la mesure de l'importance 
que l'on attachait alors à la tragédie, en classant les 
rôles de femmes en cinq catégories , les rôles de 
reines et de mères , ceux intermédiaires entre les 
reines et les grandes princesses, les grandes prin- 
cesses, les rôles intermédiaires entre les grandes et 
les jeunes princesses, enfin les jeunes princesses. Une 
aus^ minutieuse distinction serait parfaitement su- 
perflue aujourd'hui. 

Quelques jours plus tard, le comité d'administra- 
tion accorde à Ducis 1,500 francs de pension en 
échange de la propriété de ses œuvres. 

Le 4 juin 1803, la Comédie française, en assem- 
blée générale des sociétaires , et guidée par son 
amour pour la patrie et son attachement inviolable 
à l'auguste chef du gouvernement (ce sont les 



. ♦ 



— 72 — 

termes du procès-verbal de la délibération), vote 
une somme de 2,500 francs pour aider à subvenir 
aux frais de la guerre avec l'Angleterre. Une dépu- 
tation, composée de Dazincourt, Larochelle et> 
Baptiste aîné, est chargée d'être l'organe de la Co- 
médie auprès du gouvernement. 

Vers le même temps , on met sur le tapis la re» 
prise du Mariage de Figaro. Dugazon refuse for- 
mellement de jouer le rôle de Figaro, affirmant qu'il 
n'en serait jamais l'interprète au Théâtre-Français. 
Ne pardonnait-il pas à l'auteur d'avoir destiné ce rôle 
à Préville, et, sur le refus de Préville en raison, de 
son âge, ne pouvait-il pas oublier que Dazincourt 
l'avait créé? 

Pendant l'année 1803, la Comédie française avait 
perdu M"® Dumesnil, décédée à l'âge de quatre- 
vingt-dix ans, et Vanhove, mort dans la maison et 
dans le lit de Talma , et inhumé à Brunoi , sous un 
gros noyer, dans la propriété de son gendre. Talma 
avait épousé, l'année précédente. M"® Petit Vanhove. 
Enfin , M™® Elisabeth Gontier, veuve Drouin, était 
morte le 2 août, à Verrières, à l'âge de quatre-vingt- 
trois ans. 

Le 2 juin 1803, la Comédie donne à l'Opéra une 
représentation A'Esther, au bénéfice et pour la re- 
traite de M™® Vestris. Cette représentation produit 
une somme de 20,000 fr. — Le 5 juin, au Théâtre- 
Français, une représentation de Gahrielle de Vergj 



— 74 — 

bution des rôles et à la confection du répertoire. 
De ce jour date le rétablissement de la hiérar- 
chie et des droits acquis par l'ancienneté dés ser- 
vices rendus. L'ordre porte qu'il ne peut jamais y 
avoir plus de deux acteurs doubles ou en second 
dans une même pièce. En même temps, le comité 
faisait respecter ses privilèges, et nous le voyons qui 
proteste, de son côté, contre une représentation 
6i Andiomaquej annoncée comme devant être jouée 
par M"® Duchesnpis à la Porte-Saint-Martin. 

Une guerre réelle, implacable, une rivalité ayant 
de nombreux partisans dans les deux camps, et qui 
n'offrait d'exemple que la lutte de M"® Sain val et 
de M™® Vestris, s'était élevée entre M"® Georges et 
W^ Duchesnois. Toutes deux promues au grade de 
sociétaires par arrêté de M. de Rémusat, du 17 
mars 1804, élevaient la même prétention à la prio- 
rité ; et si une grande beauté plaidait en faveur de 
M"® Georges, il est demeuré incontestable que les 
gens de goût et les amateurs éclairés préféraient le 
jeu passionné, la sensibilité et la diction de M"^ Du- 
chesnois. Il fallait cependant mettre un terme à cette 
guerre intestine, beaucoup plus nuisible au réper- 
toire et au service intérieur du théâtre qu'aux plai- 
sirs du public, qui y trouvait un aliment de curio- 
sité. En conséquence, en vertu de la décision prise 
le 5 mai 1 803 pour le rétablissement des droits 
hiérarchiques, M. de Rémusat, par un nouvel arrêté 



— 75 — 

du 9 juin 1804, voulut régler la position respective 
des deux actrices rivales. M"* Duchesnois eut la 
priorité sur le registre des sociétaires aux assemblées, 
où elle était la première à donner son avis, aux droits 
de choisir sa loge et de nommer à un poste vacant, 
et, comme ni Tune ni l'autre des deux concurrentes 
n'étaient alors chefs d'emploi, il fut décidé que 
M"® Duchesnois doublerait la première les grandes 
princesses, et M"* Georges, la première, les rôles de 
rein^. 

— Le même jour, Lacave et M"* Desrosiers 
étaient nommés sociétaires. 

Le 4 juin 1804, la Comédie française, M. Mahé- 
rault, commissaire du gouvernement, en tête, prête, 
à l'Hôtel de ville, le serment prescrit par le sénatus- 
consulte pour l'Empire. Cet usage pour les comé- 
diens français est tombé en désuétude, mais cela 
voulait dire alors que le Théâtre-Français était con- 
sidéré officiellement comme une institution inhé- 
rente à l'Etat. 

— Le 20 juin, mise à la retraite de Florence, so- 
ciétaire. — Le 3 juillet, la formule des comédiens 
ordinaires de F Empereur remplace sur les affiches 
celle des comédiens français sociétaires. — Le 5 
octobre, mort de M*"* Vestris, ancienne élève de 
Lekain, retirée depuis deux ans, après trente ans 
de services , et âgée de soixante-deux ans. — Le 
21 , dernière représentation de M™* Lachassaigne, 



— 76 — 

qui parait encore une fois, après trente-neuf ans de 
services, dans le rôle de Dorilée de Mélanidej^i le 
M novembre, représentation de retraite et au béné- 
fice de Dupont; on joue Phèdre au théâtre deTIm^ 
pératrice (Louvois) : recette 7,300 fr. 

Pendant ce temps, M. de Rémusat, nommé pre- 
mier chambellan de la maison impériale, poursuivait 
son œuvre réglementaire. Le 3 novembre 1804, pa- 
raît une ordonnance sur les congés, en vertu de la- 
quelle, et attendu les abus existants, il demeure 
interdit d'accorder plus de deux congés à la fois. 
Mais ce n'est là, au bout du compte, qu'un détail! 
M. de Rémusat comprend qu'un règlement général 
est devenu indispensable, et, le' 21 novembre, il 
signe les dispositions suivantes : A partir de ce jour, 
le répertoire étant fait, les distributions proclamées, 
les lectures çt les répétitions fixées , les semainiers 
ne peuvent rien changer, sans motifs sérieux, sous 
peine pour eux de SO francs d'amende. Aucun aô- 
teur ne peut annoncer la veille qu'il ne jouera pas 
le lendemain, à moins de 150 francs d'amende s'il 
a part entière. Tout chef d'emploi forcé de ne pas 
jouer le lendemain .doit avertir son double la veille ; 
l'amende comme la première. Faire manquer un' 
spectacle équivaut à Une amende égale au produit 
de cette représentation. Un comédien restant deux 
mois et demi sans faire son service iest privé pendant 
un an du titre et des appointements de sociétaire; 



— 77 — 

en cas de récidivç , pendant deux ans ; la troisième 
fois, il est exclu de la société sans pension. Aucun 
comédien ne peut voter aux lectures que six ans 
après sa réception, à moins qu'il n'ait eu trente ans 
d'âge accomplis au moment de sa réception ; mais il 
est admis aux lectures et reçoit son jeton. Tous les 
bulletins votants doivent être motivés. Tout comé- 
dien sociétaire doit savoir son répertoire en entier,' 
et nul ne peut être reçu aux appointements sans en 
connaître au moins la moitié. 

Il suffit de lire de pareilles dispositions pour en 
apprécier toute la portée, et les développements sont 
bien inutiles. 

L'année 1805 s'inaugura par un nouvel ordre qui 
imposait à tous les sociétaires, sans exception, Tobli-^ 
gation de paraître dans les cérémonies des ouvrages 
de Molière, le Bourgeois gentilhomme et le Malade 
imaginaire : hommage rendu à l'immortel créateur 
de la Comédie française. 

Rien de plus remarquable cette année que le début 
de M"® Amalric Contât (4 février), dans les rôles de 
Donne de Tartufe, et Lisette du Cercle; et celui 
de Michelot (29 mars), dans les rôles de Britannicus, 
dans la tragédie de ce nom, et de Dormilli des Fausses 
Infidélités . — \jd 15 avril, représentation A'Esther, 
à l'Opéra, pour la retraite de M™® Suin, après 30 ans 
de services; la recette s'élève à 17,000 fr. — Le 
i" juin, représentation, à l'Opéra, ^Olympie et des 



— 78 — 

Mœurs du temps , pour la retraite de M"** La- 
chassaigne. 

Le 29 avril 1806 , Monvel, Dazincourt, ïleury, 
3aintrPrixse rendent auprès de S.M. l'Empereur, 
pour lui adresser une pétition ccmcemant les inté- 
rêts de la Comédie française. L'Empereur aimait à 
s'occuper lui-même des affaires intérieures du 
Théâtre-Français ; et, malgré les règlements rendus, 
il existait encore des abus qu'il s'agissait de ré- 
primer. Un nouveau décret ne se fit pas attendre, et 
le 6 mai suivant, le premier chambellan décidait que 
chaque samedi le comité et deux semainiers arrête- 
raient le répertoire, qui serait soumis à l'assemblée 
générale le lundi suivant; que tout acteur refusant 
déjouer, sans cause légitime, serait passible d'une 
amende et soumis à un rapport constatant les motife 
dn refus, lequel rapport adressé au commissaire 
impérial ; — que tout acteur absent serait censé prêt 
à jouer, à moins de maladie ; qu'enfin les lectures 
auraient lieu une fois par semaine. 

Le 1®*' mai 1806, mise à la retraite de Naudet. — 
Le 1®' juillet, premier début d'Auguste Thénard, 
par les rôles d'Hippolyte de Phèdre et d'Auguste 
de C Amour et la Raison. — Le 13 août, début àe 
SaintrEugène, dans Polyeucte. — Le 20 ^septembre, 
le tragédien Lafon aborde, pour la première fois, 
la comédie , en jouant Glitandre des Femmes sa- 
iHinlesy et Détieulette de la Gageure imprévue. 



— 79 — 

Nous ne constatons ici, comme toujours, que les 
débuts et les faits importants. 

Le 7 février 1807, représentation à TOpéra, pour 
la retraite de Florence, après 30 ans de services. On 
y joue Bérénice et la Belle Fermière devant une re- 
cette de 22,000 fr. — Le 14, Larochelle paraît , 
pour la première fois, dans le rôle de Saint-Germain 
de XAmani bourru. — Le 1**" mars, mise à la re- 
traite de Monvel, dont la part entière, par ordre 
supérieur, est distribuée, ainsi que cela se pratiquait 
à l'ancienne Comédie française, entre Desprez, La- 
cave, M"* Mars et M"* Desrosiers. — ^ Le 9 avril, 
mort de Larochelle, après vingt-cinq ans de ser^ 
vices , à Fàge de 57 ans. — Le 20 mai , début 
de Mainvielle, dans le rôle de Xipharès de 
Mithridate. — Le 10 juin , ordre de se rendre à 
Paris, expédié à Joanny et à Thénard, l'un tra- 
gédien et l'autre premier comique au grand théâtre 
de Lyon. C'était là un des plus anciens et des plus 
précieux privilèges de la Comédie française de s'ap- 
proprier tous les talents partout où ils se trouvaient. 
Sous l'Empire, on conserva un usage qui avait force 
de loi, et qui contribuait à maintenir le Théâtre- 
Français à la hauteur de sa mission. Aujourd'hui, 
en 1853, on prétend que le Théâtre-Français doit 
rester supérieur à tous les autres, et on a supprimé 
ses privil^es. Qui veut la fin, cependant, doit vou- 
loir aussi les movens. 



r 

« 



— 80 — 

Donc, le 11 juillet 1807, début de Joanuy, dans 
le rôle de Cinaa, et ensuite dans Rodrigue du Cid 
•et Oreste ^ Andromaque. — Le 7 août, mort de 
M^^® Desrosiers , âgée seulement de 32 ans. — ■ Lé 
3 novembre, début de Thénard aîné, dans le rôle 
de Pasquin dû Dissipateur ^ et ensuite dans les rôles 
de Desmazures de' la Fausse Agnès ^ de Cliton du 
Menteur^ et de Pasquin des Jeux de V Amour. 

C'est à Fontainebleau, le l®*" novembre 1807> que 
l'Empereur Napoléon signe le décret sur la surin- 
tendance des théâtres impériaux. M. de Rémusat est 
nommé surintendant général avec pleins pouvoirs 
administratifs sur les sociétaires du Théâtre-Fran- 
çais, du Théâtre-Feydeau et du Théâtre de Tlmpé- 
ratrice. L'Académie impériale de musique obéit à 
une autre juridiction. M. de Rémusat préside à 
toutes les admissions, aux règlements des pensions, 
aux retraites^ à l'obtention dçs gratifications, à la 
rédaction deâ répertoires, à la fixation des budgets^ 
aux transactions, aux permissions de congé. C'est 
le pouvoir central et souverain allié au respect de 
tous les droits. 

Le même jour, l'Empereur arrête la suppression, 
au Théâtre-Français, de tous les billets gratis et de 
toutes les entrées de faveur. Chaque sociétaires deux 
grandes entrées et trois places dites de parents ; 
chaque pensionnaire n'a droit qu'à une place. — La 
liste des entrées est soumise à l'approbation du 



— 81 — 

surintendant. — Les auteurs, pour les six premières 
représentations de leurs pièces seulement, ne peuvent 
obtenir que trente places pour un ouvrage en quatre 
et cinq actes, vingt places pour trois et deux actes, 
quinze places pour un acte. — Chaque débutant n*a 
que douze places à sa disposition. 

On voit qu'à mesure que les années s'écoulent. 
Tordre se fait. Du reste, on conviendra qu'avec un 
pareil système, et les claqueurs n'existant pas (il n'y 
avait pas de claque organisée à cette époque), les 
succès et les chutes avaient au moins le cachet de la 
vérité. 

Bien que ce soit peut-être un hors-d' œuvre dans 
le travail qui nous occupe, nous ne pouvons résister 
an plaisir de mentionner ici une décision du comité 
des sociétaires prise vers le même temps. Il s'agit 
du chansonnier Laujon, très-âgé alors, et qui ap- 
portait constamment une pièce nouvelle pour la lec- 
ture. Par égard pour les 82 ans dé Laujon, et re- 
connaissant qu'un refus pouvait lui être funeste, le 
comité décida qu'on simulerait la réception des 
élucubrations du vieux poëte, en ayant soin de 
constater que ses héritiers ou ayants cause ne pour- 
raient jamais en poursuivre la- représentation. II y a 
dans cet acte si simple une délicatesse touchante qui 
plait. 

Le 17 février 1808, début de M"' Rose Dupuis 

dans le rôle d'Androraaque et celui d'Isabelle de 

6 



— 82 — 

X École des Marisy ensuite dans le rôle d'Iphigénie 
et celui d'Agathe des Folies amoureuses. — Le 30 
juillet, début de M"® Emilie Leverd, dans le rôle de 
Célimène et celui de Roxelane' des Trois Sultanes, 
— Le 31, dernière représentation dans laquelle Da- 
zincourt ait paru, à cause de sa santé. Il joue le 
rôle de Fabrice de V Assemblée de famille^ et Figaro, 
du Barbier, — Le 19 septembre, départ pour Er- 
furt. Dazincourt était à la tête des comédiens, en 
qualité d'ordonnateur des spectacles de la cour, et 
c'est lui qui fit construire en quelques jours un 
théâtre digne de recevoir tous les souverains réunis. 
A Toccasion de ces représentations splendides, les 
comédiens français reçurent des gratifications dignes 
de l'Empereur et Roi ; Talma , pour sa part , eut 
10,000 francs, et M"^ Rose Dupuis, qui n'avait 
joué qu'une fois, 3,000 francs. Encore n'obtintrelle 
de jouer Palmyre de Mahomet que sur l'ordre de 
M. de Rémusat, M"^ Bourgoin étant chef d'emploi 
et s'y opposant. Inutile de faire entrer en ligne 
de compte les cadeaux que tous les artistes reçurent 
des autres souverains. — Le 10 octobre, début de 
Devigny dans le rôle de Lisimon du Glorieux^ et^ 
plus tard, dans les rôles de Francaleu de la Métro- 
manie^ de M. Rémy des Fausses Confidences^ de 
Géronte du Bourru bienfaisant. 

C'est dans le cours de cette même année 1808 
que M"^ Georges, au mépris de ses engagements, 



— 83 — 

crut devoir partir pour la Russie, laissant la (Co- 
médie française dans l'embarras à la quatrième re- 
présentation ^ Arta.rerce de M. Delrieu. Le 13 mai, 
M''^ Georges est condamnée à une amende de 
3,000 francs; le 30, sa part est mise en séquestre; 
le 17 juin, l'artiste transfuge est rayée du tableau 
des sociétaires, en perdant tout droit à la pension. 

Le 7 janvier 1809, translation des archives de la 
Comédie dans le bâtiment même du Théâtre-Français. 
Où étaient auparavant ces documents précieux , et 
combien de pièces inappréciables n'avaient-elles pas 
été perdues ou soustraites? et qu'on s'étonne après 
cela que l'écriture de Molière, nous ne disons pas 
sa signature, soit introuvable? 

Le 6 mars, représentation de retraite de M"® Louise 
Contât. {Voir y pour les détails, la aonienclature des 
spectacles de la cour,) — Le 28, mort de Dazin- 
court, après trente-trois ans de services. — 1®"^ avril, 
réception de M"® Leverd comme sociétaire. Le 24, 
Dugazon joue pour la dernière fois le rôle de Figaro 
du Barbier île Séifille. — M"® Bourgoin obtient 
un congé d'un an pour se rendre à Saint-Péters- 
bourg, la[^ de temps pendant lequel le payement de 
sa part est suspendu. — 1*"^ mai, représentation de 
retraite de M"* Fleury, après vingt ans dé services; 
on reprend le Comte de Warwick et les Deux 
Pages; la recette s'élève à 8,500 livres. — Le 11 

octobre, mort de Gourgaud, dit Dugazon, à l'âge de 

6. 



— 84 — 

66 atîs et après trente-neuf ans de sociétariat. — Le 
27 novembre, le roi de Saxe et le roi de Wesiphalie 
viennent voir Athalie et le Legs. — Le 6 décem- 
bre, \ Enthousiaste^ comédie en cinq actes, en vers, 
fait une chute complète en présence des rois de 
Hollande, de Wurtemberg , de Naples et de West- 
phalie. 

Le 14 mai 1810, début de M"® Dupont dans les 
rôles de Finette du Dissipateur ^ et de Lisette des 
Folies amoureuses. 

Le 9 juillet, début de M"® Demerson dans les rôles 
de Nérine du Joueur^ et de Toinette du Malade ima- 
ginaire. .— Le 7 août, ordre de jouer toutes les 
pièces mentionnées au rapport du jury pour les prix 
décennaux. — Le 1®^ octobre, réception de Thé- 
nard aîné comme sociétaire. — Le 17 janvier 1811, 
début de Dumilâtre par le rôle d'Achille à'Iphigé- 
nie. — Le 7 mars, M"*^ Dupont s'essaye dans la 
tragédie, mais n'y réussit pas. — Le 25 mars, mort 
deCaumont, ancien sociétaire, à l'âge de 62 ans. 
— 1 ^^ avril, retraite de Grandménil et de M"® Talma. 
RéceptioBi de Devigny comme sociétaire. — Le 28 
mai, début de Cartigny dans le rôle d'Hector du 
Joueur, et celui de Labranche de Crispin rii^al. — 
Le 24 juin, représentation de retraite de Monvel, 
après trente ans de services; on joue Esther par 
Talma, et les Deux Gendres par Fleury ; la recette 
est de 10,000 francs. — 27 juin, début de Baudrier 



i^i*. 



— 85 — 

1 

dans le rôle de Fraucaleu de la Méliomame. — Le 
3 juillet, début de Firmin dans le rôle de Séide de 
Mahomet^ et celui de Dormilli des Fausses Injidë^ 
lités. — 1®"^ octobre, réception de Michelot comme 
sociétaire. — Le 13 février 1812, mort de Boutet- 
Monvel à l'âge de 67 ans; une députation de douze 
membres de l'Institut assiste à son convoi. — Le lo 
avril , représentation au bénéfice de la veuve Du- 
gazon. On reprend Œdipe chez Admèle et les Trois 
Sultanes^ jouéeis par Talma, Lafon, Baptiste cadet, 
ftf^Bourgoin, Rose Dupuiset Branchu, de l'Opéra. 
La recette se mont^ à 20,000 fr. — Le 1®"^ juin, ré- 
ception de M"® Rose Dupuis comme sociétaire. — I^ 
18 août, début de Desmousseaux dans le rôle de 
Tancrède, et le lendemain dans celui de Rodrigue du 
Cid. Le 9 septembre, début de M"^ Régnier dans 
Hermione ^ Andromaque^ et ensuite dans Camille 
A'Horace. 

Finissons l'année 1812. Le 11 novembre, repré- 
sentation au bénéfice delà veuve Caumont. On joue 
le Misanthrope et la Jeunesse de Henri V. La recette 
n'est que de 5,200 francs. Caumont, dont nous 
avons enregistré le décès , s'était retiré avec de 
graves infirmités sans avoir fait son temps, mais il 
était fort estimé. 

Arrêtons-nous un moment. En cette année, si fu- 
neste pour la France, l'empereur Napoléon était en 
Russie, luttant avec son génie contre tous les élé- 



— 86 — 

ments, la neige, la glacé et le feu. C'est de Moscou, 
en octobre 1812, qu'est daté T impérissable décret 
ayant force de Id, et qui est venu constituer d'une 
manière définitive la grande institution de la Go- 
médie française. Quoi qu'on ait pu faire, le décret 
de Moscou est resté debout comme un monument de 
granit. On a modifié quelques-unes de ses parties , 
on en renouvellera d'autres ; mais l'esprit de cette 
charte unique restera la base de toutes les r^le- 
mentatiôns à venir. Toutes les ordonnances promul- 
guées depuis lors sont venues se greffer sur le décret 
impérial, qui ne périra pas. Nous l'avons détaché 
pour lui donner, dans ce volume, la place d'hon- 
neur qui lui convient. 

Le décret de Moscou n'est que le complément, la 
consécration, inscrits au Bulletin des Lois, de toutes 
les dispositions adoptées depuis 1802. 

Aussi, le 28 janvier 1813, la Comédie française, 
qui ne pouvait pas méconnaître les liens de recon- 
naissance qui l'unissaient à la fortune et à la des- 
tinée de l'Empereur, et jalouse de signaler son 
dévouement à son souverain et à la France, délibé- 
rait-elle, approuvait-elle, en assemblée générale, le 
don de trois chevaux pour le service des années. 

Le 6 février, M. Bernard est nommé commissaire 
impérial, 'en remplacement de M. Mahérault, appelé 
à d'autres fonctions. 

Les succès obtenus par M"^ Emilie Leverd avaient 



^ 

^ 



— 87 — 

été si grands, que la lutte de M"* Ducliesnois et de 
M"® Georges menaçait de se renouveler avec 
M"® Mars , rivalité que , malgré tout le talent de 
M*^ Leverd, rien ne semblait justifier. Par un arrêté 
en date du 20 février , on s'empressa de remettre 
chacun à sa place , et M"^ Mars fut laissée en pos- 
session de remploi en chef des grandes coquettes, 
des premiers rôles et des premières amoureuses de la 
Comédie, M"® Leverd venant en double immédiate- 
ment après. 

Le 9 mars 1813, mort de M"*® Louise Contât, 
devenue M"* Pamy. Elle était âgée de 53 ans et 
avait vingt-sept ans de services. La fin de cette artiste 
célèbre ne fut qu'une longue suite de souffrances et 
une cruelle agonie. — Le 1®^ avril, mise à la re- 
traite de M"® Devienne , après vingt/-sept années de 
services ; le même jour, réception de M"* Demerson 
comme sociétaire. 

Le 12 juin 1813, départ pour Dresde de la plus 
grande partie du personnel delà Comédie française. 
A Dresde, les magnificences d'Erfurt se renouve- 
lèrent, et la magnificence de l'Empereur se surpassa. 
Fleury et M"^ Mars eurent chacun une gratification 
de dix mille francs, et Talma de huit mille francs, la 
comédie ayant eu le pas sur la tragédie, cette fois-là. 

Le 18 septembre, début de M"**" Louise Thénard, 
dans le rôle de Dorine du Tartufe^ et celui de 
Lisette du Jeu de V Amour et du Hasard, 






— 88 — 

M"** Georges, depuis longtemps, était reveûue de 
son expédition. en Russie. Elle avait repris possession 
de son emploi, qu'il fallut encore réglementer. Le 
26 octobre 1813, on arrêta que les premiers rôles 
tragiques seraient tenus en chef par M"® Duchesnois, 
M"® Georges les doublant, et que M"^ Georges serait, 
pour les reines, le double de M"® Raucourt, sauf les 
rôles de ce genre déjà joués par M"® Duchesnois. • 

Ici, notre plume s'arrête en présence des événe- 
ments politiques , n'enregistrant que quelques notes 
rapides sur le Théâtre-Français du temps de l'Empire; 
l'année 1814 rentre dans le cadre d'une histoire 
générale,que nous n'avons pas la prétention d'écrire 
pour le moment. 

Le 20, mars 1815, l'Empereur faisait sa rentrée 
dans Paris, entre huit et neuf heures du soir. Ce soir 
là on jouait au Théâtre-Français Y École des femmes 
et V Esprit de contradiction. Deux cent vingt-cinq 
francs de recette, que. l'on parvint à réaliser, sont 
encore un chiffre énorme, eu égard à l'anxiété gé- 
nérale assistant à la marche triomphale de Napoléon. 
Le 27 mars (l'Empereur ne perdait pas de temps), 
M. le duc de Montesquiou était nommé surintendant 
des théâtres impériaux et M. Bernard confirmé dans 
son poste de commissaire impérial près le Théâtre- 
Français. Le 21 avril, l'Empereur assiste au spectacle ; 
il vient voir Hector et le Legs. — Le H mai, Mon- 
rose commence ses débuts. Il joue successivement 



k 



— 89 — 

Mascarilleder^/of/rd/'^ Pasquin du Dissyjaieur, Du- 
bois des Fausses Confidences, Pasquin de V Homme 
à bonnes fortunes ^ l'Olive du Grondeur^ Scapin des 
Fourberies^ Sganarelle du Festin de Pierre , Des- 
mazures de la Fausse Agnès, le Mariage de Fi- 
garo, etc. — Le 5 juin, M'** Mars aînée débute par 
les rôles d'Orphise de la Coquette corrigée, et d'A- 
raminte du Cercle, et c'est là le dernier fait que nous 
aurons désormais à constater. 

L'ennemi était à nos portes, la France en deuil^ 
l'Empereur succombait malgré une défense héroïque, 
plus grand qu'il ne l'avait jamais été. Paris était 
dans la consternation ; le 22 juin, le Théâtre-Fran- 
çais réalisait 65 fr. de recette; le 23, 132 fr. ; le 
26, 94 fr. ; le 27, 165 fr. Le 28 juin, il faisait re- 
lâche : les alliés entraient dans la capitale, tout était 
consommé. 



PROGRAMME OFFICIEL 



DES SPECTACLES 



DONHSS 



à la Cour, par la Gmnédie frai^ise, depuis 1802 josqi'ei 181 S, 

AVKC LU RRPRSSEITTATIONS DU THRATRE-VRANÇAIS AUXQUKI LES SA MAJKSTK 

l/Emperear ^APOlitiOM 1«' m aMisté. 



PROGRAMME OFFICIEL. 



THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

14 août 1802. 

Spectacle gratis, la veille de la naissance du Pre- 
mier Consul. 

(Adélaïde du Guesclin. — Crispin médecin.) 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

15 août. 

Relâche à cause de la fête du Premier Consul. 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

20 août. 

Le Premier Consul et M™* Bonaparte assistent à 
la représentation d'ÂNDROMAQUE y par Talma et 
M"** Duchesnois, et du Legs, par Fleury etM"*Talma. 



— 94 — 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

24 janvier i80S. 

Le Premier Cousul assiste à la première représen- 
tation du Séducteur amoureux ^ comédie en trois 
actes et en vers, de Longchamps, et jouée par Fleury 
el M?"^ Mézeray. 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

3 mai 1803. 

Le Premier Consul assiste à la reprise de PoLnoKTrB^ 
avec Talma, dans le rôle de Sévère. 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

5 mai 1803. 

Le Premier Consul assiste à la représentation du 
Jeu de l'Amour et du Hasard, par Baptiste aîné, Da* 
zincourt et M"* Desrosiers, et des Trois Sultanes, 
comédie jouée par Lafon,Dazincourt, Baptiste cadet, 
M™** Bourgoin, Mézeray et Gros. 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

14 mai 1803. 

Le Premier Consul assiste à la représentation de 
PoLYBucTE, par Talma. 



— 95 — 
THEATRE-FRANÇAIS. 

35 mai 1803. 

Le Premier Consul assiste à la représentation de 
Tartufe, joué par Baptiste cadet; Grandménil, 
Orgon; Fleury , Valère; Elmire, M"® Contât; 
M"** Mars, Marianne. On a fini par les Militaires, 
fait historique en trois actes, en prose, de M. Fa- 
vières. 

SAINT-CLOUD. 

12 juin 1803. 

Première représentation donnée comme service 
de la cour : 

EsTHER, avec les choeurs; la tragédie de Racine est jouée par 
lUma, Monvel, Lafim, 11"*^ Duchesnois, Volnais, etc. Les mi- 
ûtres, les amlMmadeuis, tous les officiers de la suite du Premier 
Consul assistent à cette représentation, qui sert d'inauguration à la 
salle dn châtean. Après la tragédie, Lafon fiait la lecture d'une 
eaniaie de M. Fontanes, relative à la guerre avec FAngleterre. 

Le 18 juin 1803, Monvel part à quatre heures du 
mâtm et se rend à Bruxelles, pour le voyage du 
Premier Consul. 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

14 août 1803. 

Spectacle gratis, la veille de la naissance du Pre- 
mier Consul. 

(l'Intrigue épistolaire. — les Héritiers.) 






— 96 — 
THÉATRE-FRANÇAIS. 

15 août 1803. 

Relâche à cause de la fête du Premier Consul. 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

27 septembre 1808. 

Le Premier Consul assiste à la représentation de 
Bajazet , par Saint-Prix et M"® Talma , rôle de 
Roxane. 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

I 

29 septembre 1803. 

Le Premier Consul assiste à la représentation de 
CiNNA, joué par Mpnvel, Talma^ M"®Geoi^es; le 
spectacle finit par TÉcole des Maris, par Grandménil 
et M"" Mars. 

SAINT-CLOUD. 

8 octobre 1803. 

Représentation d'ANDROMAQUE, avec la distribution 
demandée par le préfet du palais d'après les ordres 
du Premier Consul : 

Oreste, Talma; Pyrrhus y Lafon; Pyladcy Des- 
prez ; Phénix y Lacave; Hermioney M"® Georges; 
Andromaque, M"® Duchesnois; Cléoney M"® Thé- 
nard ; Céphise, M"® Patras. 



— 97 — 
SAINT^XOUD. 

29 octobre 1803. 

AGAMEMNONy tragédie en cinq actes, de N. Lemer- 
der, jouée par Saint-Prix, Talma, Desprez, Lacave, 
Florence ; M"" Duchesnois, Talma, Bourgoin. 

M. de Rémusat, après la représentation, vient chercher le ma- 
niKcrit de la pièce pour le Premier (Consul, qui veut la lire. 

THÉATRE-FRANÇAÏS. 

16 août 1804. 

Spectacle gratis, jour de la fête de TEropereur Na- 
poléon. 

(l'étourdi. — M. DE crac). 



TOYACiB DB MAYEMCE. 



Un ordre de l'Empereur a appelé auprès 
de lui, à Mayence, la plus grande partie des 
acteurs tragiques pour y faire le service pen- 
dant son séjour dans cette ville, où Sa Majesté 
est restée quinze jours pendant le voyage de 
trois mois qu'elle a fait dans les quatre dépar- 
tements réunis. Les^ acteurs particulièrement 

7 



— 98 ~ 

désignés pour ce service extraordinaire 
étaient : Saint-Prix, Damas, Lafon, Desprez, 
Lacave; M"®' Raucourt, Thénard, Bôurgoin, 
Duchesnois et Gros. Ils étaient accompagnés 
du secrétaire de la Comédie , du premier 
garçon de théâtre , du magasinier, du chef 
des gardes et du perruquier du théâtre. Partis 
de Paris du lo au lâ septembre 1804, ils 
étaient arrivés à Mayence du 16 au 18 sep- 
tembre. On a joué à Mayence : Iphigenie en 
AuLiDE , le 22 septembre ; Phèdre , le 24 ; 
CiNNA, le 25; Andromaque, le 27 ; Horace, le 
29, et Bajazet., le 3o. L'Empereur a déclaré 
le service terminé le 2 octobre. — Le 1 1 oc- 
tobre, tous les artistes étaient à la disposition 
du Théâtre-Français, à Paris. 



THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

l" décembre 1804. 

Spectacle gratis , la veille du sacre et du cou- 
ronnement de TEmpereur. 

(le FESrm DE PIERRE^ SQANARELLE.) 



— 99 — 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 
2 décembre 1804. 

Relâche à cause du sacre et du couronnement par 
le Pape Pie VIL 

SAINT-CLOUD. 

24 mars 1805. 

âthàlie, jouée par Saint-Prix , Talma, Baptiste 
aîné, Varenne, Lacave, Desprez,Gontier ; M"^ Rau- 
oourty Duchesnois, Bourgoin, Yolnais, Thénard, 
Louise Théuard. 

SAINT4]L0UD. 

27 mars 1805. 

NiGOKÈDEy tragédie de Corneille, jouée par Talma 
[Niœmèdè)y Baptiste aîné [Prusias), Damas, Des- 
prez, Varenne ; M"®* Georges {Arsinoé\ Fleury et 
Gros. 

THÉATRE^FRANÇAIS. 

23 mai 1805. 

Spectacle gratis, à Toccasion du couronnement de 
l'Empereur Napoléon, comme roi d'Italie. 

(bSTHBR. — LES DEUX FRÈRBS). 

7. 



r>-.. ■ .i 



— 100 — 
SAINT-CLOUD. 

25 juillet 1805. 

Les Templiers , tragédie en cinq actes , de Ray- 
nouard^ jouée par Saint-Prix {le grand maitre\ 
Lafon {le roi)^ Baptiste aîné {Marigny- père)^ Talmç 
{Marignj fils)^ Desprez, Damas, Lacave, Varenne; 
M"* Georges {la reine), 

SAINT-CLOUD. 

27jmUetl805. > 

Le Tartufe de moeurs, comédie en cinq actes et 
en vers, de Chéron, jouée par Damas, GraDdménil, 
Armand ; M™®* Mézeray, Voinais, Devienne. 

L'Empereur avait demandé cette pièce, la veille, à trois heures 
après-midi; M^** Desrosiers étant absente, M^*' Mézeray a appris le 
rôle de W^^ Gercourt du jour au lendemain, pour le jouera Saint- 
Gloud. 

SAINT-CLOUD. 

30 juillet 1805. 

Le Mariage secret, comédie en trois actes, en 
vers, de Desfaucheretz , jouée par Saint-FaI, Ar- 
mand, Lacave, Caumont, Dazincourt ; M™** Contât 
et Mézeray. 

Après la comédie, on danse le ballet de la Ro- 



— 101 — 

siÈRE par les premiers sujets de l'Opéra^ et arrangé 
par Gardel. 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

14 août 1805. 

Spectacle gratis , la veille de la fête de l'Em- 
pereur. 

(le distrait. — l'aveugle glairvotaut.) 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

15 août 1805. 

Relâche à cause de la fête de l'Empereur. 

SAINT-CLOUD. 

10 septembre 1805. 

Phèdre, tragédie de Racioe, jouée par Saint- Prix, 
Damas, Desprez; M™** Duchesnois, Yolnais, Thé- 
fiard, Gros et Patrat. 

SAINT-CLOUD. 

19 septembre 1805. 

Le Mbuteur, comédie de P. Corneille, jouée par 
Fleury {Dorante), Dazincourt {Cliton)^ Armand, La- 
cave, Naudet, Dublin; M""' Talma {Clarisse\ 
Emilie Contât, Mars et Devienne. 



i 



— 102 — 
THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

26 novembre 1805. 

Spectacle gratis, à Toccasion de rentrée des Fran- 
çais dans Vienne, capitale de TAutriche. 

(l'orphelin de la .chine. — GRISPIN MÉOECIN). 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

21 décembre 1805. 

Spectacle gratis, en réjouissance de la bataille 
d^ Austerlitz, gagnée le 2. 

(le légataire universel. LA FAUSSE AGNÈS/j 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

29 janvier 1806. 

L'Empereur assiste à la représentation de Man- 
Lius, tragédie de Lafosse, jouée par Talma, Saint- 
Prix, Damas, Naudet, Desprez; M™** Fleury, Thé- 
nard. 

L'Empereur, qui paraissait pour la première fois en public depuis 
son retour d'Autriche, est reçu avec enthousiasme. La première 
scène était jouée au moment de son entrée dans sa loge, mais le 
public fait recommencer la pièce. 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

l^'février 1806. 

L'Empereur assiste à la représentation d'IPHiGÉNiK 



— 103 — 

n AuLWE, tragédie de Racine , jouée par Saini- 
Prix, Lafon, Deaprez^etc. ; M"^ Dochesnois, Fleary, 
Bonfgoin, etc. 

THÉATR&FRANÇAIS. 

24 féfrior 1806. 

L'Emperear assiste à la représentation d'ArnAus, 
tn^gédie de Racine , jooée par Saint-Prix {Joad)j 
Talma {Abner\ Baptiste aine {Naihan)\ M^ Rao- 
court {JlhaUe)y VP^ Dachesnois {Josabelh). 

Eatoe le pramiaret le d wii i ^i i e acte, l'Ea4Wfeiir cnvoieroitire 
d'anoneor as pabBeFcntiée de Faraiée française dans Naplei. 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

l*' mars 1806. 

* 

L'Empereur arrive an Théàtre^rançais au mo- 
ment où lé premier acte de Merope yetaii de finir. 
Le public a £ait recommencer la pièce. CestM Rau- 
court qui joue le rMe de Mérope. 

SAINT-CLOLD. 

13 anil 1806. 

Athaue, tragédie de Racine. Même distribution 
que le 24 mar^ 1805. 



— 104 ~ 
SAINT-CLOUD. 

24 avril 1806. 

Le Misanthrope, comédie en cinq actes, en vers, 
de Molière, jouée par Fleury {Alceste\ Baptiste aîné 
{Philinté)^ Desprez {Oronté)^ Armand i^Â caste) j Mi- 
chelot {Clitandre)^ \)\xf^9zoxï {Dubois) ^ hdxocheWe 
{le garde des maréchaux)*^ M^^® Contât {Célimène)^ 
M"' Thénard {^rsim^e% M"" Mars {Éliante). 

SAINT-CLOUD. 

l*"^ mai 1806. 

La Mort dé Pompée, tragédie en cinq actes, de 
P. Corneille, jouée par Talma {César) j Damas {Pto- 
lémée)^ Desprez {Photin), Varenne {AchiUas\ Mi- 
chelot(*S'^///w<?), Saint-Prix {Achoréé)^ Baptiste aîné 
{Philippe)^ Lacave {Antoine)^ M"® Georges {Cléan 
pdtre)j M"® Raucourt {Cornélie\ M"® Gros {Char- 
mion). 

SAIOT-CLOUD. 

8 mai 1806. 

L^AvARE, comédie en cinq actes, en prose, de 
Molière, jouée par Caumont {Harpagon)^ Saint-Fal 
{Falère)j Fleury {Cléante\ Dazincourt {M' Jacques) j 
Baptiste aîné {Anselme)^ Lacave (le commissaire)^ 
Varenne {M^ Sinwn\ Dublin {hrindavoine\ Armand 



— 105 — 

(Jjunerluch€\ Larochelle {La/lèche) ; M"* Mézeray 
(Élise) j M"* Udivs {Marianne) j M"* Devienne 
(JFrosine). 

SAINT-CLOUD. 

15 mai 1806. 

PoLTEUGTE, tragédie en cinq actes, de P. Cor- 
neille, jouée par Damas {Polyeucte\ Lacave {Néar- 
que)j Baptiste aîné {Félix) , Talma {Sévère)^ Des- 
prez {Albiri)^ Varenne [Flavien]^ Michelot {Cléon) ; 
M*** Georges {PauUne\ M"* Thénard {Stratonice). 

SAINT-CLOUD. 

18 mai 1806. 

CoRioLAN, tragédie en cinq actes, de la Harpe , 
jouée par Talma {Coriolan)^ Baptiste aîné {Tullus\ 
M"*' Raucourt {Véturie). 

SAINT-CLOUD. 

25 mai 1806. 

La Mort de César, tragédie en cinq actes, de 
Voltaire, jouée par Talma, Lafon, Baptiste aine, etc. 

SAINT-CLOUD. 

29 mai 1806. 

CiNNA, tragédie en cinq actes, de P. Corneille. Les 



— 106 — 

rôles di^ Auguste y de Cinna et 4e Maxime sont rem- 
plis par MooTel, Talma et Damas ; celai d' Emilie j 
par M"^ Georges. Sur la demande de TEmperear, le 
rôle de Livie est rétabli , et il est joué par M'^^ Rau- 
court. 

Le spectacle se termine par la Gageure imprévue, 
jouée par Baptiste aine, Fleury , Dazincourt ; M*^ Con- 
tât, Devienne et Mars. 

SAINT-CLOUD. 

l'^iuînisoe. 

Le Cio. Tous les rôles sont distribués par ordre 
de TEmpereur, qui fait rétablir celui de l'Infante et 
le confie à M"® Georges. Monvel(^. Diègue) ^TsAma 
(Rodrigue), Lafon (Fernand), Desprez {D. Sanche\ 
Lacave (Z). Arias\ Varenne (/>. Âlonzo\ Baptiste 
aîné {D. Gormxis). 

Les Projets de mariage, comédie d'Alexandre 
Duval, jouée par Michot, Damas, Armand, Dazin- 
court, et M'**^ Mars. 

SAINT^LOUD. 

5 juin 1806. 

Le Philosophe sans le savoir, comédie en cinq 
actes, en prose, de Sedaine, jouée par Baptiste aine 
{Vunderck père)^Y\^w\^ (Vanderckfils\ Gaumont 



— 107 — 

{(PEspatville père)^ Armand {d EspcavilU Jils\ Da- 
ûx!LWm\{Antoiné)^ Desprez {JLe président)^ Larochelle 
{Champ€Lgnè)j%à!^Kvs\A CdAQ\{domestique)\ M"*Thé- 
nard (^W** Fanderck\ M"* Contât' ( la marquise ) , 
M»* Mare (Ficiorine) , M^ Bourgoin («^ Fan- 
dercK). 

SAINT-CLOUD. 

8 juin 1806. 

SsRTORius, tragédie en cinq actes, de P. Corneille, 
jouée par Saint-Prix , Talma , Damas , Desprez ; 
HP*** Raucourt et Georges. 

L'Épreuye nouyelle, de Marivaux, jouée par 
Tleory, Larochelle, Michot; W^ Thénard, Emilie 
Contât et Mare. 

SAINT-CLOUD. 

19 juin 1806. 

Lb Philihte de Molière, comédie de Fabre d'É- 
glantine , jouée par Fleury , Damas , Larochelle, 
Baptiste aine, Dazinconrt, Lacave, Baptiste cadet, et 
W^ Talma. 

Minuit, comédie en un acte, en prose, de Desau- 
dras, jouée par Caumont, M""^ Thénard, Mars, De- 
vienne et Mézeray. 



— i08 — 
SAINT-CLOUD. 

22 juin 1806. 

Andromaque (Lafon, Desprez, Damas; M™®* Geor- 
ges, Duchesnois, etc.). 

Là Jeunesse de Henri Y, comédie en cinq actes, en 
prose, de M. Alexandre Daval , jouée par Damas 
{HenrjX Fleury {Rochester), Michot {Copp)y Ax^ 
mand (^r/oweircO; M^'Talma {Lady Clara), M"*^ Mars 
{Betty). 

SAINT-CLOUD. 

26 juin 1806. 

L'Inconstant, comédie en cinq actes, en vers, de 
Collin d'Harleville, jouée par Fleury, Lacaye, Da- 
zincourt, Baptiste cadet; M™** Mézeray el Emilie 
Contât. 

Le même jour, les Fausses Confidences, de Ma- 
rivaux. Fleury {Dorante)^ Caumont {M. Rémy)j 
Dazincourt {Dubois) j Desprez {Dorimont), Baptiste 
cadet {Lubiny, M"« Contât {Araminte),W^ Thénard 
{M^ Argante)^ M"* Devienne {Marton). 

SAJNT-aOUD. 

29 juin 1806. 

La Mort de Henri IV, tragédie en cinq act^s de 



— 109 — 

Legouvé, jouée par Talœa [f/enri ly)^ Damas, La- 
fon, Desprez ; M"* Duchesnois. 

Les Fausses Infidélités , comédie en un arte, en 
vers, de Barthe, jouée par Fleury, Armand, Baptiste 
cadet; M™* Ck)ntal et Mars. 

SAINT-CLOUD. 

3 juillet 1S06. 

BRrrANNiGUs, tragédie en cinq actes de Racine , 
jouée par Talma {Néron) ^ Damas, Baptiste aine, 
Desprez; M"*" Raucourt i A^rippine j^ Bourgoin, 
Thénard. 

L'Amouk et Là Raison, comédie en un acte, en 
prose, de Pigault-Lebrun, jouée par Lacave, Dazin- 
court, Armand, Baptiste cadet; M™** Mézeray et 
Devienne. 

SAINT-CLOUD. 

6 juilleC 1806. 

L'Intrigue épistolaire, comédie en cinq actes, en 
vers, de Fabre d'Églantine , jouée par Dugazoïi , 
Grandménil, Armand, Baptiste cadet, Desprez; 
M"^ Thénard, Mars, Emilie Contât, Desbross^^. 

SAINT4X0UD. 

10 juillet 1806. 

Zaïre, tragédie en cinq acte^ de Voltaiii^, jouéi^ 



— 110 — 

par Lafon {Orosmane\ Damas^ BapUste aîné, Des*- 
prez ; RP*^ Bourgoin {Zaïre). 

Les Originaux, comédie en un acte, en prose, de 
Fagan, jouée par Dugazon, Armand^ Baptiste atné, 
Lacave ; M™^ Desroziers et Émitie Ck>ntat^ 

SAINT43LOUD. 

13 juillet 1806. 

Rhadàmiste et Zénobie de Grébillon , avec Talma 
dans le rôle de Rhadàmiste^ et M^^ Géoi^es dans 
celui de Zénobie. 

Les Rivaux d'eux-mêmes, comédie en un acte, en 
prose, de Pigault-Lebrun. 

SAINT-CLOUD. 

iTjmllet 1806. 

Le Festin de Pierre, arrangé par Thomas Cor- 
neille, joué par Fleury, Baptiste aine, Dugazon, 
Baptiste cadet, Armand, Caumont, etc., et MT** Des- 
roziers, Emilie Contât, Desbrosses, Mars, Thé- 
nard, etc. 

SAINT-CLOUD- 

20 juillet 1806. 

Œdipe, tragédie en cinq actes de Voltaire, jouée 



— m — 

par Talma {Œdipe), Lafon, Desprez, Baptiste atné; 
M"* Rauoourt (Jocasté). 

Heureusement, comédie en un acte, en vers, de 
Rochon de Chabannes, jouée par Caamont, Armand, 
Larochelle; VP^ Talma, Devienne. 

saint4:loud. 

U jrallet 1806. 

Lb8 Femmes sâVAirrEs, comédie en cinq actes^ en 
v«ps, de HoUère , jouée par Fleury {CUtandré) , 
Grandménil {Chrysale)^ Dazincourt {Vadius)^ Bap'- 
tiste cadet (Trissotin), Lacave (^risie), Yarenne (Je 
noêaire); »P Contât {Phitaminte), W^ Thénard 
{BéUse), W^ Talma (Arnumde), M"* Mars {Hen- 
riette), M"* Devienne {Martine). 

SAINT^LOUD. 

27 juillet 1806. 

Mahomet, tragédie en cinq actes de Voltaire, jouée 
par Lafon {Mahomet), Baptiste atné, Desprez, Da- 
mas ; M** Volnais. 

Le Legs, comédie de Marivaux, jouée par Fleury 
{te marquis), Michelot {le chevalier), Dugazon 
{Lépiney, M"* Ck)ntat {la comtesse), M"* Volnais 
{Hortense), VP^ Emilie Contât {Lisette). 

Les ambassadeurs de la Porte Ottomane ont assisté 
à la représentation. 



— 112 — 
SAINT^LOUD. 

31 juillet 1806. 

NiGOMÈDE, tragédie en cinq actes de Pierre Cor- 
neille, jouée par Talma [Nicomèdé)^ Baptiste aîné, 
Damas , Desprez ; M"® Duchesnois ( Arsirvoé ) , 
M"® Georges {Laodice). 

L'Aveugle clairvoyant, comédie en un acte, en 
vere, de Legrand, jouée par Fleury, Armand, 
Dugazon, Baptiste cadet; M™** Thénard, Mars. 

SAINT-CLOUD. 

3 août 1806. 

L'Amant bourru, comédie en trois actes, en vers, 
de Monvel , jouée par Fleury, Armand , Baptiste 
aîné, Dugazon, Larochelle ; M™®* Talma et Contât. 

SAINT-CLOUD. 

7 août 1806. 

Hékaglius, tragédie en cinq actes de Pierre Cor- 
neille, jouée par Talma {Héraclius\ Damas, Saint- 
Prix, Desprez ; M™** Raucourt iLéontine\ Georges 
{Pulchérié)^ Volnais. 

Les Héritiers^ comédie en un acte , en prose ,' 
d'Alexandre Duval, jouée par Dugazon, Michot, 
Armand, Baptiste cadet ; M™** Thénard et Mars. • 



— HZ — 
SAINT-CLOl D. 

10 aoAt 1806. 

Bajazbt, tragédie en cinq actes, de Racine, jouée 
par SaintrPrix, Damas, Desprez; M^ Duchesnois 
{Roxane\ Boiirgoin, Thénard, etc. 

La Pupille, comédie en un acte, en prose, de 
Fagan , jouée par Grandménil , Lacave , Armand ; 
M™* Volnais, Emilie Contât. 

THÉAtR&FRANÇAIS. 

14 aodt 1806. 

Spectacle gratis , la veille de la fête de l'Empe- 
reur. 

(lBS ■éHEGHMBS. LK5 HÉBmERS.) 

15 aodt 1806. 

Relàdie à cause de la fête de TEmpereur. 

SAINT^LOLD. 

28 aoAt 1806. 

Iphké!! iB EX AcuDE, tragédie en cinq actes de Ra- 
cine, jouée 'par Talma {Achille) , Saint- Prix , Des- 
prez; M"* Raucourt Cl)rtemnesire), M*** Georges 
{ÈriphHe\ W^ Bourgoin (Iphigénié). 

8 



— 114 — 
SAINT-CLOUD. 

31 août 1806. 

La Métromanie, comédie en cinq actes, en vers, 
de Piron, jouée par Fleury {Damis)j Grandménil 
(Francaleu) , Baptiste aîné (Balweau) , Armand 
(/)om/i//?), Dazincourt (Mondor); M"® Mars (/.wc//^), 
j^iie Devienne (Lisette). 

SAINT-CLOUD. 

4 s^tembre 1806. 

Le Mariage de Figaro, comédie en cinq actes, en 
prose, de Beaumarchais, jouée par Fieury(/e comte)^ 
Dugazon (/i^tf/o), Caumont (^«r/Ao/o), Baptiste 
cadet {Basile) j Michot {Antonio)^ Larochelle {Bnef- 
oison)y Lacave [Doublemàin)^ Armand {rhuissier\ 
Gontier {Grippe-soleit), Dublin {Pédrille) ; M"« Con- 
tât {la comtesse)^ M"® Devienne (5wza/2/iéf),M"*Mars 
{Chérubin), W^ Thénard {Marceline), M»«Bour- 
goin {Fanchette). 

Danses par les premiers sujets de TAcadémie 
impériale de musique. 

SAINT-CLOUD. 

18 septembre 1806. 

Omasis, tragédie en cinq actes de Baour-Lormian^ 



^ 115'— 

joQée par Talma {Joseph) . Damas, Baptiste aîné, 
Desprez; M"** Yolnais, Mars. 

L'Esprit de contradiction ^ comédie en un acte , 
en prose, de Dufrény, jouée par Gaumont, Micbot, 
Armand, Baptiste cadet ; M™^ Thénard, Mars. 

SAINT-CLOUD. 

6 août 1807. 

Ésope a la cour, comédie en cinq actes, en vers, 
de Boursaait, jouée par Flenry {Ésope) ^ Damas 
{Crésus\ Leclerc(7Yr/v/ie), Desprez {^rhrasybule\ 
Lacàye{Iphis)j M.iche\oi{P/exgpp€)y Armand (C/<?b/?.j, 
Dugazon {Grijfet\ Baptiste cadet (/^//>), Dazincourt 
{L)rcas)*j M"* Bourgoin {Arsinoé)^ W^ Mézeray 
{Laïs), W^ Devienne {Rhodope), M"^ Thénard 
{Léonide). 

SAINT4]L0UD. 

13 août 1807. 

Bérénice, tragédie en cinq actes de Racine, jouée 
par Damas, Lafon, Desprez; M"® Georges. 

Le Parleur contrarié, comédie en un acte, en 
vers, de Delaunay, jouée par Damas, Baptiste aine, 
Caumont, Baptiste cadet, Dazincourt; M™^^ De- 
vienne et Volnais. 

8. 



— 116 — 
THEATRE-FRANÇAIS. 

14 août 1807. 

Spectacle gratis , la veille de la fête de TEmpe- 
reur. 

(GASTON ET BATARD. S6ANARELLE.) 

THÉATRE-FRANCAIS. 

15 et 16 août 1807. 

Relâche à cause de la fête de l'Empereur. 

SAINT-CLOUD. 

17 août 1807. 

Andromaque, par Lafon, Damas^ Desprez; M^^^ Du- 
chesnois, Georges, Gros, etc. 

La Gageure imprévue, par Baptiste aîué, Fleury, 
Dazincourt, Baptiste cadet; M^^ Contât, Bourgoin, 
Devienne. 

SAINT^LOUD. 

3 septembre 1807. 

Bajazet, par Saint-Prix, Damas, Desprez; M"**Du- 
chesnois, Vol nais, Thénard, Gros. 

Le Procureur arbitre , comédie eu un acte , en 
vers, de Poisson, jouée par Fleury {Âristé)^ Du- 



— H7 — 

gazon {Desquivas)^ Dazincourt {Verdas)^ Lacave 
{Lisidor\ Caamont {Géronté)\ M"** Gros (la veu\fe\ 
Thénard (Ja baronne). Devienne (Lisette)^ Bonrgoin 
{/4g€nor)j Yolnais {Isabelle). 

SAINT-CLOUD. 

17 septembre 1807. 

Héraclius, par Talma, Damas, Saint-Prix, Desprez; 
M*" Raùcoart, Georges, Yoinais. 

L'Heureuse erreur, comédie en un acte, en prose, 
de Patrat, jouée par Fleury, Armand, Baptiste cadet; 
M™* Mézeray, Bourgoin, etc. 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

19 septembre 1807. 

L'Empereur et l'Impératrice assistent à la repré- 
sentation de CiNNA, pour la rentrée de Talma, et du 
Cercle, comédie de Poinsinet, jouée par Fleury, 
Dazincourt, Caumont, Desprez; M™** Contai, Méze- 
ray, Yolnais, Bourgoin, Devienne. 

Cest la [Nr^ère fois que TEmpereur parait au théâtre à Paris, 
àeçfim son retour de l'armée. 



H8 — 

25 septembre 1807. 

Horace, tragédie en cinq actes de Pierre Corneille, 
jouée par Saint-Prix {le vieil Horace)^ Talma {Ho- 
race)^ Damas (ûiriace), Baptiste aîné (Tulle\ Des- 
prez {Falère}^ Lacave (Flaçian); M"f Duchesnois 
{Sabine), M"« Georges {Camille^ M"* Gros {Julie). 

28 septembre 1807. 

Tartufe, comédie en cinq actes, en vers, de Mo- 
lière, jouée par Fleury ( 7Vir/w^}, Grandménil {Ch*- 
gon)j Damas {Valère^^^ Armand {Damis) ^ Lacave 
{Cléanthe), Dugazon {Loyal) y Baptiste cadet 
{t exempt) ; M""^ Thénard {M"^ Pernelle\ M"« Con- 
tât {Elmire)y M^^^Mézemy {Marianne) j M"® Devienne 
{Donne), M"* Amalric Contât {Flipote), 

30 septembre 1807. 

Iphigénie en Aulide, par Saint-Prix, Talma, De&- 
prez; M™** Raucourt, Georges, Bourgoin, Thé- 
nard, etc. • 

2 octobre 1807. 

Le Philinte de Molière, par Fleury, Damas, Mî- 
chot, Baptiste aine, Dazincourt, Lacave, Baptiste 
cadet; M"* Mézeray. 



— 119 — 



5 octobre 1807. 



Rhadaiiiste kt ZtpoBiE , par Taima , Saint-Prix , 
Damas, Desprez; M'^ Georges. 



7 octobre 1807. 

L'Imtrigde ÉPisTOLAiRE, par DugazoD, Grand mé- 
nil, Armand, Baptiste cadet, Desprez ; M"*^^ Mars, 
Tbénard, Emilie et Amalric Ck)ntat. 

9 octobre 1807» 

Œdipe, par Talma , Saint-Prix, Baptiste atné; 
M"« Raucourt. 

14 octobre 1807. 

Le Cid, par Baptiste atné, Talma, Lafon, Saint- 
Prix, Desprez; M^^ Duchesnois. 

16 octobre 1807. 

Le Jodedr, comédie en cinq actes, en vers, de 
Regnard, jouée par Fleury {Falère)y Baptiste atné 
{Géron£e)y Dogazon {le marquis)^ Dazincourt (Hec- 
tor), Baptiste cadet (Tout'ri'bas\LacRwe{Galonier), 
Desprez {Dorante)-, M"* Mézeray {Angélique), 
M"* Tbénard [la comtesse)^ M"* Devienne {Nérine), 
W^ Emilie Contât {M^ la Ressource), M"* Amalric 
Ck)ntat {M^ Priant). 



•.•l 









e 



120 — 



•!> 19 octobre 1807. 

Les Vénitiens, tragédie en ciêq actes, de M. Ar- 
nault, jouée par Baptiste atné, Damas, Talma, Des* 
^f prez ; M"®* Duchesnois, Thénard . 

• % 

23 octobre 1807. 

Mfthridate , tragédie en ciniq actes de Racine, 
jouée par Saint-Prix (^//Arifi/a^^), Lafon {Pharnaeé)^ 
Damas {Xipharès)^ Desprez i^Arbate)^ Yarenne 
{Arcas) ; M"* Georges [Monime) , M"® Patrat {Phca- 
diméy 

26 octobre 1807. 

Les Châteaux en Espagne, comédie en cinq actes, 
en vers, de Collin d'Harleville, jouée par Fleury 
{Dorlangé)^ Lacave {DorfetUlle)^ Armand {Flonfillé)^ 
Dugazon (Victor)^ Baptiste cadet {François)^ Dublin 
[Olwier)\ M'»« Mars {Henriette), M»« Emilie Contât 
(Justine). 

28 octobre 1807. 

La Mort de Pompée, même distribution que le 
\ ^^ mai 1 806 à Saint-Cloud . 

2 novembre 1807. 

IpHioÉNiE Ev Tauride, tragédie en cinq actes, de 



^ — 121 — 

Goymood de la Touche, jooée par Talma {Oreste)^ 
Damas {Pjriade\ Desprez (Thoas), Main vielle {fes- 
cUwé)j Yarenne (j^rbas) ; M*** Raacourt {Iphigénie)j 
yp^ Gros {Ismène\ W^ Palrat (Eumène). 

4 novembre 1807. 

L'Optimiste, comédie en cinq actes, en vers, de 
Collin d'Harleville, jouée par Dugazon {M. de Plin- 
viUé)j Baptiste aioé {Morinvat), Lacave (Dorfeuit)^ 
Armand {Belfort)^ Dazincourt {Picard)^ Baptiste ca- 
det {Lépine)\ M^ Thénard (J/"* de Plinvillé) , 
W Mars {Angélique), W^ Mézeray {M^ de Rose/le), 
VP^ Âmalric Contât {Rose). 

6 novembre 1807. 

Hahuus, par Talma et M'*' Dnchesnois. 

9 novembre 1807. 

RoDOGUHK, tragédie en cinq actes, de Pierre Cor- 
neille, jouée par Talma (Jntiochusjj Damas, Des- 
prez, Lacave; M"* Raucouri Cléopdtre\ M*** Du- 
chesnois {Rodogune\ W^ Patrat. 

11 novembre 1807. 

Les Peécspteurs, comédie en cinq actes, en vers, 
de Fabre d^lautine, jouée par Baptiste atné, Da- 



— 122 — 

mas, Caumoni, Grandinénil, Baptiste cadet, M"^^^Thé- 
nardy Devienne, Talma, Mars, Patrat. 

13 novembre 1807. 

NiGOMÈDE, même distribution que le 31 juillet 
1806àSaint-Gloud. 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

36 novembre 1807. 

Spectacle gratis pour la rentrée à Paris de la 
garde impériale. 

(GASTON ET BAVARD. — LES FOLIES AMOUREUSES.) 

LES TUILERIES. 

16 janvier 1808. 

CiNNA, parTalma,Saint-Prix,DamasetM"^6eorges. 

On devait jouer Bruéis bt Palaprat; mais, après la tragédie^ 
l'Empereur est obligé de sortir de la salle, dont la température 
est gladaie. Le théâtre des Tuileries, restauré, ouvrait pour la 
première fois. 

LES TUILERIES. 

23 janvier 1808. 

Brutus, tragédie en cinq actes, de Voltaire, jouée 
par Saint-Prix {Brutus\ Talma {Titus), Lafou, Des- 
prez, Baptiste aîné; M"* Ouchesnois {T^uUiey 



— «23 — 

Bitoiis ET Paiaprat, comédie eu un acte, en vers, 
de M. ÉtieoDe, joaée par Lafon {Bruéis)^ Fleury 
KJPalaprat\ Damas {yendàmé)^ Baptiste cadet {Gra- 
j)m) ; M"« Mars {Af^ Beauval). 

LES TUILERIES. 

6 février 1808. 

PoLTBUGTE, par Talma, Saint-Prix, Baptiste atné; 
M"» Georges. 

L'OaiGmALy comédie en un acte, en vers, d^Hoff- 
mann, jouée par Fleury, Armand et M^*^ Contât. 

LES TUILERIES. 

13 février 1808. 

Le Comte d'Essex , tragédie en cinq actes , de 
Th. Corneille, jouée par Talma {le œmié)j Desprez, 
Leclerc, Varenne;M"* Raucourt {Elisabeth)^ W^ Du- 
chesnois {la duchesse)^ M"^ Gros. 

Le Legs, joué par Fleury, Armand, Dugazon; 
M"^ Contât, Yolnais et Emilie Contât. 

LES TUILERIES. 

20 février 1808. 

Yengbslas, tragédie en cinq actes , de Rotrou, 
jouée par Saint-Prix {Venceslas)^ Talma {LacUslai), 
\i9ma& {le duc\ Michelol(/^/(^.rtf/irfr^); M"* Georges 



— 124 — 

{Cassandré)\, M"® Volnais {Théodora)^ M"* Gros 
{Léonoré). 

L'Épreuve NOUVELLE, jouée par Fleury, Michot, 
DugazOQy Thénard; W^^ Mars et Emilie Contât. 

LES TUILERIES. 

5 mars 1808. 

Iphigénie en AuLiDE, jouée par Saint-Prix, Talma, 
Desprez; M™®* Raucourt, Georges, Bourgoin, etc. 

LES TUILERIES. 

12 mars 1808. 

Œdipe, par Talma {pEdipe\ et M"* Raucourt 
[Jocasté). 

Caroline od le Tableau, comédie en un acte, en 
vers, de Roger, jouée par Grandménil, Damas, Du- 
gazon ; M""^* Mars et Thénard. 

SAINT-CLOUD. 

31 mars 1808. 

Electre, tragédie en cinq actes, de Crébillon, 
jouée par Talma {Oresté), Saint-Prix, Baptiste aîné, 
Michelot, Varenne, Leclerc ; M"*" Raucourt (^/^c^re), 
Thénard, Bourgoin, Palrat. 

Le Florentin, comédie en un acte, en vers, de 



— 125 — 

la Fontaine, jouée par Caamont, Micbelot, Dublin, 
Yarenne ; M*"" Bourgoin, Thénard, Emilie Contât. 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

# 

14 août 1808. 

Spectacle gratis, ia veiiie de la fête de TEm- 
pereiir. 

(le GID. LE MERCURE GALANt). 

THÉ\TRE-FRANÇA1S. 

15 août 1808. 

Relâche à cause de la fête de TEmpereur. 

SAINT-CLOUD. 

18 août 1808. 

Artaxsrge, tragédie en cinq actes, de Detrieu, 
jouée par Saint-Prix, Lafon, Damas, Desprez, Le- 
clerc; M"* Bourgoin. 

Le Legs, joué par Fleury, Armand, Baptiste cadet ; 
Emilie Leverd, Rose Dupuis, Devienne. 

SAINT-CLOUD. 

25 août 1808. 

L'AssBiiBLÉE DE Famille, comédic en cinq actes, 
envers, de Riboutté, jouée par Fleury, Damas, 



— 126 — 

Michot, Armand, Tbénard, Lacaye; M™®* Hézeray, 
Mars, Rose Dupuis, Devienne. 

Minuit, par Lacave, M™®* Tbénard, Mars, De- 
vienne, Bourgoin. 



SAINT-CLOUD. ' 

l«r septembre 1808. 

Philogtète, tragédie en cinq actea, de la Harpe, 
jouée par Talma (Philoctète)^ Damas, Desprez, Le- 
clerc, Varenne. 

SAINT-CLOUD. 

& septembre 1808. 

Oreste, tragédie en cinq actes, de Voltaire, jouée 
par Talma {Oreste)^ Damas, Baptiste aîné, Leclerc, 
Varenne; M™** Julie Damas {Clrtemnestré) j Du- 
chesnois {Electre) y Bourgoin. 

L^Épreuve nouvelle, jouée par Fleury^ Dugazon, 
Michot ; M"^' Thénard, Mars, Emilie Contât. 

SAINT-CLOUD. 

15 septembre 1808. 

Electre, jouée par Talma, Saint-Prix, Baptiste 
aîné, Michelot, etc., et M™*' Duchesnois {Electre) j Ju- 
lie Damas {Cljrtemrvestrê)^ Rose XSxxpx^iJphiancLssé)^ 
Thénard [Mélite). 



— 127 — 

Le Rbtodr imprévu, comédie en un acte, en prose, 
de Regnard, jouée par GrandméniKMichelot, Fleury, 
Lacave, Dugazon, Baptiste Cddet; M"™** Thénard, 
Rose Dopais, Mézeray, Devienne. 



TOYAfiE A WmWUT (Saxe). 
Le 19 sq[>tembre 1S08. 

La Comédie ayant reçu l'ordre de se rendre 
en partie à Erfurt, pour y jouer pendant le sé- 
jour de l'Empereur, quatorze artistes sont 
partis dans la matinée. Voici le personnel 
pour cette excursion : Saint-Prix, Talma, 
Damas, Lafon, Desprez, Lacave, Varenne; 
M""* Raucourt, Talma, Duchesnois, Bourgoin, 
GroS| Patrat, Rose Dupuis, tous sous la di- 
rection de Dazincourt , comme ordonnateur 
des spectacles de la cour. (Un secrétaire, souf- 
fleur, et un garçon de théâtre.) On a joué une 
représentation de la Mort de César, à Weimar, 
et quinze représentations à Erfurt, composées 
de : CiNNA, Andromaquë, Mithridate, Iphi- 

GÉNIE EN AULIDE, ZaIRE, BrITANNICUS, ŒdIPE, 

Rhadamiste, Rodogune, Mahomet, le Cid, Ba- 
JAZET, Horace, Manlius, Phèdre. 



— 128 — 

Les comédiens sont rentrés à Paris le 
r" novembre. 

SAINT-CLOUD. 

20 octobre 1808. 

L'Empereur , arrivé le 18 octobre dans la nuit, 
fait, le 19, demander à onze heures du matin, par 
M. de Rémusat, un spectacle pour le lendemain, à 
Saint-Cloud.Ën conséquence, on a joué : 

Tartufe, parFleury, Grandménil, Saint-Fal, Ar- 
mand, Vanhove, Thénard, Baptiste cadet, M™®* Con- 
tât, Thénard, Mars, Devienne, et les Héritiers, par 
Dugazon, Michot, Yanhove, Baptiste cadet, Armand, 
Dublin, M""' Thénard, Mars. 

LES TUILERIES. 

19 janvier 1809. 

Les Femmes savantes, comédie jouée pari^eury 
{Clitandre\ Grandménil {Chrysalè)^ L3i(^ve{Jnsee)y 
Dugazon {Vadius\ Baptiste cadet (Trissotin)^ Du- 
blin (Julien), Thénard {F Épine) , Varenne {le notaire); 
M™®* Contât {Philaminte\ Talma {Armande\ Mars 
{Henriette\ Thénard {béUse\ Devienne [Martine). 

LES TUILERIES. 

23 février 1809. 

La Mère jalouse, comédie en trois actes, en vers. 



— 129 — 

de Barthe, jouée par Fleury, Baptiste aine, Armand, 
Michot, Desprez, Dublin; M*""^ Contât, Talma, 
Mars. 

LES TUILEWES. 

3 mars 1809. 

Rome sauvée, tragédie en cinq actes, de Voltaire, 
jouée par Saint-Prix {Cicéron\ Talma {Catilina\ 
Lafon (César) y Damas, Lacave, Desprez, Va renne, 
Michelot, Leclerc, et M"® Duchesnois {^urélie), 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

6 mars 1809. 

L'Empereur et l'Impératrice assistent à la repré- 
sentation de retraite de M"® Contât atnée, après 
trente et un ans de services. Celle représentation se 
comffose, 1^ de la reprise d^ÛTHELto, par Talma 
{ptheUo) et W^ Talma [Hédelmone) ; 

2^ Des Deux Pages. M"® Contât joue le rôle de 
M^ Philips pour la dernière fois ; les autres rôles 
sont joués par Fleury [le roi\ Michot {Philips), La- 
cave {l'allemand) , Baptiste cadet {le Français), 
Dublin {C Anglais) , Thénard [Vltalien) , Varenne 
{le cocher)^ M"« Raucourt {Riesberg), M"^ Thénard 
{Usbeth\ W^ Mars {Auguste), M"« Bourgoîn {Théo- 
dore)j W^ Volnais {Caroline). Toute la Comédie pa- 
rait dans la suite des Deux Pages ; 

9 



— 130 — 

3^ D'an divertissemeot dansé par les premiers 
sujets de l'Académie impériale de musique. 
La recette s'est élevée à 24,000 francs. 

LA MALMAISON. 

19 mars 1809. 

La Gageure imprévue , jouée par Baptiste aine y 
Fleury, Dugazon, Baptiste cadet ; M™^ Contât atnée, 
M"« Mars, M>»« Devienne, M"« Thénard. 

THÉATRE-FRANCAIS. 

6 mai 1S09. 

Spectacle gratis en réjouissance des victoires 
remportées , par l'Empereur en personne , sur 
l'armée autrichienne, commandée par l'archiduc 

.V 

Charles : 

( 1PHIGÉK1E EN AULIDE. — LES PLAIDEURS.) 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

14 août 1809. 

« 

Spectacle gratis la veille de la fête de l'Empe- 
reur. 

(rHADAMISTE et ZÉNOBIE. LES FOURBERIES DE 

SGAPIN.) 



— 131 — 
THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

15 août 1809. 

Rel&che à cause de la fête de l'Empereur. 

FONTAINEBLEAU. 

3 novembre 1809. 

Le Secret du Ménage , comédie en trois actes j 
en vers 9 de Greuzé, jouée par Armand, M°^Hars 
et Mézeray. 

FONTAINEBLEAU. 

6 novembre 1809. 

Lk RsYAiiCHE, comédie en trois actes, en prose, de 
MM. Roger etCreuzé, jouée par Fleury, Damas, 
Baptiste aîné, Devigny ; Michelot, Michot, M"*" Vei- 
nais et Emilie (]ontat. 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

18 novembre 1809. 

L'Empereur, qui n'avait pas encore paru au théâ- 
tre à Paris , assiste à la représentation d'HoRACE et 
de Bruéis et Palaprat. 

9. 



- 132 — 
THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

2 décembre 1809. 

Spectacle gratis pour Tanniversairô du couron- 
nement de TEmpereur. 

(iPHIGÉNIE EN AULIDE. GRISPIN MÉDECIN.) 

LES TUILERIES. 

25 janvier 1810. 

Zaïre , par Lafon , Baptiste aine , Damas , Lacave, 
Barbier, Michelot; M"** Volnais et Patrat. 

L'Aveugle clairvoyant, par Fleury, Thénard, 
Michelot , Baptiste cadet , Barbier ; M™** Thénard , 
Volnais, Devienne. 

LES TUILERIES. 

l** février 1810. 

PoLTEucTE, par Talma, Damas, Baptiste atné, 
Desprez, Barbier, Lacave, Michelot; M™** Volnais, 
Thénard. 

LES TUILERIES. 

8 février 1810. 

Bruéis ET Palaprat , par Fleury, Lafon , Damas, 
Baptiste cadet et M*'^ Mars. 



— 133 — 
LES TUILERIES. 

15 février 1810. 

MoLiÈBE A.TBC SES Amis, comédie en an acte, en 
vers, d'Andrieux, jonéepar Fleury {Molière), Saint- 
Fal {la Foniaine)j Damas {Boileau), Baptiste atné 
{Chapelle), Lacave {Mignard), Michot {Luià); 
W^ Devienne {Laforest), M"* Volnais {M^ Béjard). 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

19 février 1810. 

L'Empereur assiste à la représentation du Ma- 
riage DE Figaro. 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

31 février 1810. 

L'Empereur assiste à la représentation d'HÉiu- 

CLIUS. 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

7 mars 1810. 

L'Empereur assiste à la représentation de Brdne- 

HAUT. 

SAINT-CLOUD. 

31 mars 1810. 

Zaïre. L'Impératrice Marie-Louise étant arrivée 



— 134 — 

de la veille , c'est la première représentation qui a 
été donnée devant S. M. 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

l**^ avril 1810. 

Spectacle gratis , veille de la célébration du ma- 
riage de VEnipereur. 

(tartufe. LA FAUSSK AGNÈS.; 

SAINT-CLOUD. 

1" avril 1810. 

Iphigénie en AuLiDE, jouée par St-Prix , Talma , 
Desprez , Lacave , Barbier ; M™** Raacoart , Duches- 
nois, Volnais , Thénard, Patrat. 

Le Legs, par Fleury, Armand, Thénard; 
jyjmes Xalma, Volnais , Devienne. 

C'est le jour du mariage civil de l'Empereur, cé- 
lébré à Sainl-Cloud. 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

2 avril 1810. 

Relâche à cause des réjouissances publiques re- 
latives à la célébration du mariage de l'Empereur. 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

3 avril 1810. 

Spectacle gratis : Le Cid, Monsieur de Crac. 



— 135 — 

Entre les deux pièces on a chanté des couplets 
relatifs au mariage de TEmpereur, composés par 
Bouilly. 



Sti^OUB A COMPIÊCSIVE. 

6 avril 1810. 

Le Cib, par Baptiste aîné, Talma, Desprez, Saint- 
Prix, Michelot, Lacave; M"™* Voinais, Patrat. 

7 avril 1810. 

Phèdre, par Saitit-Prix, Damas, Desprez; M™** Du- 
chesnois, Thénard, Fontanier, Voinais, Patrat. 

8 avril 1810, 

Akdromaque f par Talma , Damas , Lacave , 
Michelot; M™^ Duchesnois, Voinais, Fontanier, Pa- 
trat. 

9 avril 1810. 

Britanmicos, par Talma, Michelot, Saint-Prix, 
Desprez ; M"^ Raucourt , Voinais , Patrat. 

23 avril 1810. 

Le Misanthrope, par Fleury {Mcesfe)^ Desprez 



' _ 136 — 

(Pronte\ Lacave {Philinté)^ Armand {Jcaste)y Mi- 
cfaelol (Clîtandre)y Devigny {l'exempt )j Michot 
(Dubois), Thénard (Basque); MP»» Leverd (Cé/i- 
mène); M"* Mars (Éliante); M"* Pélicier [Àrsinoe). 

24 avril 1810. 

Tartufe , parFleury (Tartufe), Grandménil (Or- 
gon), Pesprez (Cléantè), St-FaI (Valère), Armand 
( Datais ) ; Thénard ( Li)yal ) ; Damas ( t exempt ) ; 
pelles Leverd (Elmire), Pélicîer (M"^ Pernelle\ Mars 
[Marianne), Devienne (Dorine). 

25 avril 1810. • 

La Gageure imprévue^ par Baptiste aîné, Th^«, 
nard, Fleury, Dublin, Devigny; M™** Talma, Voi*'^v^- ' 
nais, Devienne, Pélicier. 

La Jeunesse de Henri V, par Damas, Fleury, 
Michot, Thénard, Armand; M™** Volnais, Mars. 

26 avril 1810. 

Le Secret du Ménage , par Armand , M™** Mars 
et Mézeray. 

Les Projets de Mariage, par Damas, Armand, 
Michot , Thénard, M"« Mars. 



ifA. 






- 137 — • 
THÉATREFRANÇAIS. 

20 juin 1810. 

L^Ëmpereur et l'Impératrice assistent à la repré- 
sentation de CiNNA et des Fausses Infidélités. 

C'est la pranière fois que Marie-Louise paraît au Théâtre-Fran- 
çais. 

SAINT-CLOUD. 

33 juin 1810. 

Lbs États de Blois, tragédie en cinq actes, de Ray- 
nouard Jouée par Talma (duc de Guise\ Lafon {Henri 
de Bourbon) j Damas (duc de Mayenne) y Desprez (duc 
[if^umale)j Baptiste aîné (Crillon)^ Si-Prix (Bussjr 
? Clerc)j Michelot (Menneçille\ Lacave (Marillac)^ 
Colson (^ubry), Barbier (Loignac)\ M"* Raucourt 
(Catherine de Médicis), 

SAINT-CLOUD. 

28 juin 1810. 



Hector , tragédie en cinq actes , de Lace de Lan- 
cival, jouée par Talma (Hector)^ Damas , Lafon, 
Baptiste aîné, Barbier, Lacave, Michelot; M"® Du- 
chesnois [^Andmmaque)^ M"* Patrat. 



— 138 — 

SAINTCLOUD. 

5 juillet 1810. 

Joseph en Egypte, tragédie en cinq actes, de 
Baour-Lormian , jouée par Lafon, Baptiste aine, 
Damas, Desprez, Barbier, Lacave, Michelot, Col- 
son; W^ Yolnais, Mars, Patrat. 

SAINT^CLOUD. 

19 juillet 1810. 

Le Philosophe sans le savoir, joué par Baptiste 
aîné (Vanderck père) , Damas {Vanderck Jils)^ De- 
vigny {d^Esparville pèré)\ Armand {^d Esparville 
fils)y Michot [Antoine)^ Desprez (le président)^ Du- 
blin '\taquais de dEspar^^ille)^ Thénard {Oicanpa" 
gne) ; M*** Leverd {la marquise) , M^** Mars {Victo^ 
rine)y M"«Rose Dupuis {M^^ Fanderck), M«* Thénard 
{M"^ Vanderck), 

LES TUILERIES. 

22 juillet 1810. 

Le Cercle, comédie en un acte, en prose ^ de 
Poinsinet, jouée par Fleury, Devigny, Armand, 
Thénard, Dublin, Desprez; M™®^ Leverd, Mézeray, 
Boissière, Mars, Devienne. 



AiX^ 



— 139 — 
SAINT-CLOUD. 

■ 

26 juillet 1810. 

Le Tyran domestique ^ comédie en cinq actes , 
envers, d'Alexandre Du val, jouée parFleury {Val- 
mont), Saint-FaI {Derbain^y Baptiste cadet {Dupré), 
Armand ( Charles), Thénard {Picard) ; M"^ Leverd 
{M^ Valmont\ Mézeray {M^ Dupré)^ Mars [Eugé- 
nie), 

SAINT-CLOUD. 

2 août 1810. 

Le Bourru bienfaisant, comédie en trois actes/ 
en prose, de Groldoni, jouée par Saint-Fal {Géronté)^ 
Fleury {Donnât), Michelot {Valère), Armand (Da- 
lancourt)j Baptiste cadet {Picard):, M™" Mézeray 
{M^ Dalancourt), Mars {Angélique), Devienne 
{Marton). 

Le Parleur contrarié, comédie en un acte, en 
vers, de Delaunay, jouée par Damas, Baptiste aîné, 
Devigny, Baptiste cadet , Thénard ; M™^ Volnais , 
Devienne. * 

TRIANON. 

5 août 1810. 

Le Barbier de Séville, comédie en quatre actes, 
en prose, de Beaunïarchais, jouée par Fleury (co////^ 



— uo — 

Jlmaifiva)^ Thénard {Figaro)^ Devigny {Bartholo\ 
Baptiste cadet (Basile)^ Salpêtre {le bâilleur)^ Du- 
blin {réternueur)y Lacavé {V alcade)^ Vanhove (le 
notaire)"^ M^^Mézeray (Rosine), 

Les Héritiers, par Devigny, Michot, Baptiste 
cadet, Lacave, Armand, Dublin; M™^ Thénard, 
Mars. 

TRIANON. 

9 août 1810. 

Les Femmes savantes par FJeury (Clitandre) ^ 
Grandménil {Chrjsale)^ Lacave [Aristé)^ Michot 
{Vadius\ Baptiste cadet [Trissotin). Dublin {Ju- 
Uen)y Thénard {Lépinè)y Barbier [le notaire)*^ 
M"«Mézeray {Philaminte), M"* Thénard {Bélisé), 
M"® Leverd (^rma/i^) , M"* Mars {Henriette)^ 
M™* Devienne {Martine). 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

14 août 1810. 

Spectacle gratis, veille de l'anniversaire de ta 
naissance de l'Empereur et de la fête patronale de 
l'Impératrice. 

(HECTOR. — LES FOURBERIES DE SCAPIN.) 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

15 août 1810. 

Relâche le Jour de la fête. 



— m — 

SAINT-CLOUD. 

16 août 1810. 

Les D£Ux Gendres , comédie en cmq actes , en 
vers, de M. Etienne, jouée par Fleury, Saint-FaI, 
Damas, Devigny, Michelot, Thénard, Faure, M ichot ; 
HP^ Leverd, Mars. 

SAINT-CLOUD. 

26 août 1810. 

Athalie, jonée par Saint-Prix (Joad), Talma 
{4bner)y Desprez, Lacave, Michelot, Barbier, Col- 
son; M™** Raucourt {Athalie)^ Dachesnois {Josa- 
beth)^ Maillard, Dapuis, Patrat, la petite Adèle. 

SAINT-CLOUD. 

30 août 1810. 

L'Avare, par Grandménil {Harpagon)^ Armand 
(Cléanté), Saint-Fal {Falèré), Michot {M^ Jacques\ 
Vanhove {M^ Simon), Lacave {Anselme), Thénard 
{Laflèchê)y Devigny {le commissaire), Faure {La- 
merluche), Dnblin {Brindavoine) ; M"« Mézeray 
{Use), M"* Rose Dapuis {Marianne), M"* Devienne 
{Frosine). 



— 142 — 
SAINT-CLOUD, 

13 septembre 1810. 

Le Joueur , comédie en cinq actes, en vers , de 
Regnard, jouée par Fleury [Valère\ Desprez (Z)o- 
rante), Baptiste aîné {Géronte), Thénard { Hector) j 
Faure {le marquis)^ Baptiste cadet {Tout-à-has) ^ 
Vanhove {Galomer)\ M"* Mars {Angélique) , 
M™® Thénard {la comtesse). M"® Devienne {Nériné)^ 
M»« Emilie Contât {M^ la Ressource), W^ Félicien 
{M^^ Adam). 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 
22 septeminre 1810. 

L'Empereur et Tlmpératrice assistent à la repré- 
sentation de MA.HOMET. On commence le spectacle 
par le Conteur, LL. MM. n'étant arrivées qu'à huit 
heures. 



28 septembre 1810. 

La Mort de Pompée, par Talma [César)îfiW^ Du- 
chesnois {Corhélie). 

Minuit, par Lacave, M™** Pélicier, Yolnais, Mé- 
zeray. Devienne. 



— 143 — 



3 octobre 1810. 



L'École des Bourgeois, comédie en trois aeies^en 
prose, de d' Allainvaly jouée par Fieury {marquis de 
Moncdde\ Michot {Pot^e'vin\ Devigny [Matthieu)^ 
Michelot {DamU\ Faure [le coureur)^ Lacave (le 
commandeur) , Biaptiste cadet (Je commissaire) , 
Marchand [le notaire), Desprez {le comté)\ M™® Thé- 
nard {M^ Abraham), M"* Devienne {Marion)^ 
M"* Boissière {Benjamine), 

Les Étourdis, comédie en trois actes, en vers, 
d'Andrieux, jouée par Lacave, Armand, Michelot, 
Michot, Baptiste cadet, Dublin ; M™^ Pélicier, Mars. 

6 octobre 1810. 

Le Tartufe de mceurs, comédie en cinq actes, 
en vers, de Chéron, jouée par Damas, Armand» La- 
cave, Grandménil, Dublin ; M"®* Leverd, Emilie Con- 
tât, Yolnais. 

L'Épreuve nouvelle, par Armand, Thénard, Mi- 
chot; M""** Thénard, Mars, Emilie Contât. 

10 octobre 1810. 

Œdipe, par Talma {OEdipe\ et M"* Raucourt 
{Jocasté). 

Le Parleur contrarié; même distribution que le 
2 août 1810, à Saint-Cloud. 



t 



— 144 — 



13 octobre 1810. 



Le Ma.ria.6e de Figaro, par Thénard {Figaro), 
Fleury {le comté), H&w'x^^ {Bartholo), Michot(y^/i/o- 
nio)y Lacave {Basile), Baptiste cdAeX{Brict oison), etc.; 
M™** Leverd {la comtesse), Mars {Suzanne), Bois- 
sière {Chérubin) j Thénard {Marceline), Boargoin 
{Fanchetle). 

15 octobre 1810. 

EsTHERy par Talma^ LafoD, Saint-Prix; M°*«* Du- 
chesnois, Boargoin. 

17 octobre 1810. 

L'AMANT BOURRU, par Fleury, Damas, Desprez, 
Michot, Thénard; M™^ Volnais, Mézeray. 

Les Folies amoureuses, comédie en trois actes, 
en vers, de Regnard, jouée par Deviguy, Thénard, 
Armand ; M™** Mars, Deviennç. 

20 octobre 1810. 

PoLYEùCTE, par Tal ma {Séifère), Damas {Polyeucte) ; 
M"® Duchesnois {Pauline). 

Les Rivaux d'eux-mêmes, par Armand, Michelot, 
Baptiste cadet ; M"^ Devienne, Mézeray. 



.V 



— 145 — 



31 octobre 1810. 



Les trois Sultanes, par Lafon, Baptiste cadet; 
M"^ Leverd, Mézeray, Maillard. 

Cette représentation est accompagnée de chants 
et de danses par les premiers sujets de l'Opéra. 

24 octobre 1810. 

Les Fausses Confidences, par Fleury, Thénard, 
Grandménil, Michelot, Baptiste cadet,etc.;M™^Mar8, 
Tbénard, Devienne. 

Le Retour imprévu, par Grandménil, Fleury, Mi- 
chelot, Lacave, Thénard,- Baptiste cadet ; M"** Bour- 
goin» Boissière, Devienne. 

27 octobre 1810. 

Horace, par Saint-Prix, Talma, etc. ; M"* Du- 
chesnois. 

Crispin rival de son Maître, comédie en un acte, 
en prose, de Lesage, jouée par Devigny {Oronte), 
Lacave (Org'o/i), Thénard(Cm/?//i), Michot (LaAra/i- 
che)j Michelot {Falère); M"* Thénard (M'^Omnte), 
W^ Emilie Contât ( Lisette ) , M"* Boissière {Angé- 
lique). 

31 octobre 1810. 

Le Distrait, comédie en cinq actes, en vers, de 

10 



— 146 — 

Régnai dy jouée par Saint-FaI [Léandré)^ Armand 
[le chevalier)^ Thénard {CaHin)^ Lacave {yalèré)\ 
W^ Mézeray (Clarissc\ Mars \lsabeUe\ M™* Thé- 
nard [M^ Grognat\ M"® Devienne (Uselté). 

Les Plaideurs , comédie en trois actes, en vers, 
de J. Racine, jouée par Baptiste cadet {Dandin)^ 
Thénard [C Intimé) ^ Michot [Petit^Jean)^ Armand 
{Valere)j Grandménil [Chicaneau) ^ Faure {le sauf - 
Jleur) ; M™** Thénard (la comtesse de Pimbêche!) , 
M"* Boissîère {(sabeJle). 

2 novembre 1810. 

RoDOGUNE , par Talma [/i ntiochus) et M"* Rau- 
court (^Cleopdtré), 

Monsieur de Crac, comédie en un acte, eu vers^ 
de Gollin d'Harleville , jouée par Thénard , Faure , 
Armand, Saint-Fal, Vanhove, W^ Mars, Bois- 
sière. 

On avait choisi les Templiers; niais M^<^ Duchesnoîs étant ma- 
lade, tout le personnel de la tragé^e s*étaît transporté à Fontai- 
nebleau pour offrir à Sa Majesté le choix de la pièce qu'elle 
désirait. L'Empereur désigna Rodogune 

7 novembre 1810. 

Le Philinte de Molière, par Fleury , Damas^ 
Baptiste aîné, Michot, Thénard, Lacave, Baptiste 
cadet: M*'*Mézerav. 

L'Esprit de gontradigtion, par Lacava, Michelot, 



— 147 — 

Baptiste cadet, Michot, Salpêtre, Théoard; iT^ Thé- 
oard. Mars. 

10 novembre 1810. 

Les Templiers, par Saint-Prix, Lafon, Baptiste 
aîné, Desprez, Damas, Talma, Lacave, Michelot; 
M"* Duchesnois. 

Le Babillard, comédie en un acte, en vers, de 
Boissy, jouée par Saint-Fal, Michelot, Faure; M™®* Mé- 
asray, Thénard, Pélicier, Bourgoin, Voinais, Bois- 
sière, Dartaux, Devienne. 

14 novembre 1810. 

La FAUSbE AGNÈS, comédic en trois actes, en 
prose, de Destouches, jouée par Devigny (le baron) j 
Thénard Desmazures)^ Armand [Léandre)^ Faure 
{Lolive\ Baptiste cadet {le président)^ lacave {le 
comte) ; W^ Thénard {/« baronne)^ Mézeray {Angé^ 
lique\ Pélicier {la présidente^ Boissière {la com^ 
tessé). 

Le Conteur, comédie en trois actes, en prose, de 
Picard, jouée par Devigny, Michelot, Armand, Bap- 
tiste cadet, Lacave, Faure, Vàhhove, Thénard, Sal- 
pêtre ; M™®* Mézeray , Boissière , Pélicier , Emilie 
Contât, Desbrosses. 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

26 novembre 1810. 

L'Empereur et l'Impératrice assistent à la repré^ 

10. 



— 148 — 

sentation de Y engeslas et du Babillard. LL. MM. étant 
arrivées au moment où la première scène du premier 
acte de Venceslas finissait, le public a fait recom- 
mencer la pièce. 

LES TUILERIES. 

27 novembre 1810. 

Les Fausses Infidélités, par Saint-FaI, Armand, 
Baptiste cadet; M"*®* Leverd, Bourgoin. 



THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

l'"'* décembre 1810. 

Spectacle gratis, la veille de l'anniversaire du 
couronnement de TEmperenr et de la bataille d'Ans- 
teriitz. 

(^ALZIRE. GRISPIN RIVAL DE SON MAITRE.) 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 
3 décembre 1810. 

L'Empereur et Flmpératrice assistent à la repré- 
sentation des Trois Sultanes, jouées par Desprez, 
Baptiste cadet; M™** Leverd, Maillard et Gercy du 
théâtre de TOpéra-Comique. 



— 149 — 
LES TUILERIES. 

9 décembre 1810. 

Le Somnambule, comédie en un acte, en prose, 
de Pont-de-VeyIe , jouée par Saini-Fal, Devigny, 
Michelot, Thénard, Bapjiste cadet; M"**Thénard, 
Bourgoin. 

LES TUILERIES. 

18 décembre 1810. 

Shàkspearb , comédie en un acte, en prose, d'A- 
lexandre Duval, jouée par Talma i^Shakspeare ) ^ 
Barbier; M"« Mars et M"« Emilie Contât. 

LES TUILERIES. 

3 janvier 1811. 

Le Jeu del'Amouk et du Hasard, par Armand {Do- 
rante), Thénard [Pasquin), Lacave, Michelot, Des- 
prez; M*** ^^x%{Syhid), M"* Emilie Contât (Zi><?/^^). 

LES TUILERIES. 

30 janvier 181 K 

La Gageure imprévue, par Baptiste aine {M. de 
Claimille), Damas {Défieulette) Baptiste cadet, 
Thénard, Desprez; M"* Leverd {M^^de ClainnUe\ 
M"** Rose Dupuis, Devienne, Thénard/ 



— ISO- 
LES TUILERIES. 

31 janvier 1811. 

Le Sourd, comédie en trois actes, en prose, de 
Desforges, jouée par Armand, Devigny, Baptiste 
cadet, Michelot, Tbénard, Faure; M™®* Bourgoin, 
Volnais, Devienne, Mars. 

LES TUILERIES. 

12 février 1811. 

Le Consentement forcé, comédie en un acte, en 
prose , de Guyot de Merville, jouée par Grandmé- 
nil, Lacave, Armand; W^^^ Mars et Devienne. 

LES TUILERIES. 

14 février 1811. 

Les Fausses Confidences, par Damas {Dorante), 
Thénard {Dubois)^ Grândménil {M. Rémy\ Baptiste 
cadet, Faure ; M»« Mars {Araminte), M™^* Théntird, 
Devienne. 

LES TUILERIES. 

21 février 1811. 

L'Avocat Patelin, comédie en trois actes, en prose, 
de Bruéys, jouée par Thénard (Pflr/^/m),'Grandmé- 



— 151 — 

nil {lU. Guillaume), Lacave, Armanri, Baptiste cadet, 
Faare; M™®'Thénani, Rose Dupuis, Emilie Conlat. 

LES TUILERIES. 

5 mars 1811. 

L'Abbé dbl'Épée, drame en cinq actes, eo prose, 
de Bouilly, jouée par Saint-FaI [V abbé de FÉpffe), 
Desprez, Damas, Devigny, Thénard, Lacave,Faure; 
M""*^ ^dxsi^Théotlore), Thénard, Volnais, Pélicier. 

LES TUILERIES. 

12 mars 1811. 

Mahomet II , tragédie en cinq actes de Baour- 
Lormian ^ jouée par Talma {Mahomet), Damas, 
Desprez; M"® Duchesnois (Ztt/«>wa), M™®* Volnais, 
Gros, Patrat. 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 
20 mars I8ii. 

Après la représentation du Bourru bienfaisant, 
qui termine le spectacle, M"^ Mars et M. Thénard 
viennent chanter trois couplets relatifs à la naissance 
dnRoi de Rome, né le matin, à 9 heures 10 mi- 
nutes. 



.» . 



— 152 — 
SAINf-GLOUD. 

35 avril ISll. 

Bajazet, avec M^*^ Duchesnois dans le rôle de 
Roxane. 

C'est la (nremière représentation donnée à la cour depuis l'heu- 
reuse dâivrance de l'Impératrice. 

THÉATRE-FRANCAIS. 

8 juin 1811. 

Spectacle gratis, la veille du baptême du Roi de 
Rome. 

(ZÀIRE. LE BARBIER DE SÉYILLE.) 

THÉATRE-FRANÇAIS. ' 

9 juin 1811. 

Relâche à cause des réjouissances publiques, mo- 
tivées par le baptême du Roi de Rome, célébré le 
matÎD à Notre-Dame de Paris. 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

16 juin 1811. 

Relâche à cause des fêtes données par TEmpe- 
reur pour l'ouverture du Corps législatif. • 



A 



— 153 — 
SAINT-CLOUD. 

37 juin 1811. 

Lbs Deux Pages, par Fleury {le roi), Michot, La- 
cave, Devigny, Cariigny, Faure, Desprez ; M"™* Thé- 
nard, Patrat, Boissière, Duchesnois ( Théodore)^ Rose 
Dupuis, Leverd. 

SAINT-CLOUD. 

4 juillet 1811. 

La Revanche, par Fleury, Damas, Baptiste aine, 
Devigny, Michot, Micbeiot ; M™* Volnais , Emilie 
Contat« 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

14 août 1811. 

Spectacle gratis, la veille de la fête de S. M. l'Em- 
pereur et Roi. 

(le père de famille. LE MARI RETROUVÉ.) 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

15 août 1811. 

Relâche le jour de la fête de TEmpereur. 



t 



— 154 — 
TRRNON. 

25 août 1811. 

Les Projets de mariage, par Damas, Michot, 
Armand^ Thénard et M"® Mars. 

COMPIÈGNE. 

3 septembre 1811. 

Le Menteur, par Armand {Dorante)^ Baptiste 
aîné {Gérante)^ Thénard (Cliton), Miçhelot, Lacave, 
Colson; M™** Mars, RoseDupuis, Desbrosses, Emi- 
lie Contât. 

COMPIÈGNE. 

5 septembre 1811. 

Les Étourdis, par Lacave, Armand, Michelot, 
Michot, Baptiste cadet, Vanhove ; M^^ Thénard 
et M"* Mars. 

COMPIÈGNE. 

19 septembre 1811. 

Le Parleur contrarié, par Damas^ Baptiste atné, 
Thénard, Devigny, Baptiste cadel ; M""** Mars, î)e- 
merson. 

Les Héritiers, par Devigny, Michot, Baptiste 
cadet, Arnjand, Lacave, Thénard; M"*®* Thénard, 
Mars. 



— 155 — 

31 septembre 1811. 

Départ pour Bruxelles de Talma» Uamas, M"^ Du- 
chesnois et M^^^ Boui^oin, d'après Tordre donné par 
le maréchal Duroc, pour se trouver au passage de 
S. M. rimpératrice dans cette ville. 

SAINT-CLOUD. 
14 novembre 1811. 

Le Méchant, comédie en cinq actes, en vers, de 
Grasset, jouée par Fleury (Cléon)^ Devigny {Gé- 
ronte)j Armand {}'alère\ Desprez {Arisie)^ Thé- 
nard {FrorUin)\ M™*»Mézeray {Fhorine)^ Mairs(Chloé)^ 
Emilie Contât {Lisette). 

SAINT-CLOUD. 
21 novembre 1811. 

Le Cid^ par Baptiste aîné, Lafon et M"^ Bourgoin. 
THÉATRE-FRANÇAÏS. 

l»" décembre 1811. 

Spectacle gratis, la veille de l'anniversaire du 
couronnement de TEmpereur. 

(IPHIGÉNIE FN AULIDE. LES PLAIDEURS.) 



— 1S6 — 
THÉATRE-FRANCAIS. 

2 décembre .1811. 

Relâche à cause de Tanniversaire du couronne- 
ment. 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

4 décembre 1811. 

L'Empereur et l'Impéralrice assistent à la repré- 
sentation d'OBoiPE, pour la rentrée de Talma. 

LES TUILERIES. 

12 décembre 1811. 

L'École des Bourgeois, par Fieury {marquis de 
Moncade\ Devigny, Michot, Armand, Faure, La- 
cave, Desprez, Baptiste cadet ; M"" Tbénard, Rose 
Dupuis, Devienne. 

LES TUILERIES. 

23 décembre 1811. 

La Gageure imprévue , par Baptiste aine (M. de 
Clainsfille), Fieury {Détieuleité)'^ M"« Mars (^If^ de 
ClainvUle). 

. LES TUILERIES. 

2 janvier 1812. 
Hector, par Talma, Lafon et M"® Duchesnois. 



# 

\ 



— 157 — 
LES TUILERIES. 

6 janvier 1812. 

La Reyanche, par Fleury , Damas, Baptiste atné, etc. 

LES TUILERIES. 

16 janvier 1812. 

Les Étourdis, par les mêmes acteurs que le 
12 septembre, à Compiègne. 

LES TUILERIES. 

27 janvier 1812. 

La Jeunesse de Henri Y, par Fleary {Rochester\ 
Damas, Michot, Armand, FirmiD , M"^ Mars, Rose 
Dopuis. 

PALAIS DE L'ELYSÉE. 

17 fiéviier 1812. 

Le Sourd, mêmes actears que le 31 janvier 1811 , 
aux Tuileries, à l'exception de M*^ Bourgoin et 
Yolnais, qui sont remplacées par M"^ Boîssière et 
Rose Dupnis. 

L'ÉLYSÉE. 

24 février 1812. 

Le Distraie , par Saint-Fa! {Léandre) , Armand, 



- 158 — 

Lacave, Thénard, Cartigny; M""Mézeray, Mars, 
Devienne. M™® Thénard, qui joue le rôle de jM^ Gro- 
gnacj étant indisposée, e&4 obligée de le laisser 
finir par M"® Pélicier. 

PALAIS DE UÉLYSÉE. 

2 mars 1812. 

Le Conteur , par Devigny , Baptiste cadet, M i- 
chelot , Armand , etc. ; M™^ Thénard, Rose Dupais , 
Mézeray, Emilie Contât, Devienne. 

PALAIS DE L'ELYSÉE. 

9 mars 1812. 

La Fausse Agnès, par Devigny, Thénard, Carti- 
gny, Armand, Baptiste cadet, Lacave; M™®* Thé- 
nard, Mars, Demerson, Boissière. 

LES TUILERIES. 
12 mars 1S12. 

Andromaque , par Talma ; M™® Duchesnois , 
Bourgoin, etc. 

L'ELYSÉE. 

30 mars 1812. 

Le Joueur , par Fleury {Falèré) , CAriigny {Hec-- 



— 159 — 

tor)^ Baptiste aine, Thénard, Baptiste cadet , 
Beau lieu, Desprez, Firmin {les quatre laquais)^ 
M"** Thénard , Mars,' Emilie Contât, Demerson, 
Pélicier. 

SAINT-CLOUD. 

13 avril 1812. 

L'Amant bourru, par Fleury, Araiand, Michot; 
j^mes Voinais, Mars. 

SAINT-CLOUD. 

27 avril 1812. 

Les Fcmmes 8àv/iirT£s, par Fleury {CJitandre)^ 
Devigny {Chrysale)^ Lacave {Aristé), Michot {Va^ 
dàis), Baptiste cadet {Trissotin,, etc.; M"** Méze- 
ray [Philaminté)^ Mars {Henriette), Leverd (//r- 
mande), Théuard {Bélise), ÈmWve Coniaii {Martine). 

SAINT-CLOUD. 

6 août 1812. 

Le Mariage secret, par St-FaI, Armand, Devi- 
gny, Lacave, Thénard; M™*^ Leverd, Rose Dupuis. 



— 160 — 
THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

14 août 1812. 

Spectacle gratis, la veille de la fête de S. M. 
l'Empereur et Roi. 

(mithridate — le tambour nocturne.) 
THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

15 août 1812. 

Relâche le jour de la fête de l'Empereur. 

SAINT^LOUD. 

27 août 1812. 

L'École des Bourgeois , par Fleury {marquis de 
Moncade). 

SAINT-CLOUD. 

24 septembre 1812. 

La Jeunesse de Henri Y, par Fleury, Michot, 
Armand, Thénard; M"** Dupuîs, Mars. 

SAINT^LOUD. 

22 octobre* 1812. 

Les Châteaux en Espagne, par Armand, La- 
cave, Mîchelot, Thénard, Gartigny; M"** Mars, 
Emilie Contât. 



.é 



— 161 — 
SAINT-CLOUD. 

19 novembre 1812. 

Lk Revanche, par Fleury , Damas, Baptiste aioé, 
Devigny , Michelot , Michot ; M"** Volnais , Emilie 
Contât. 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

5 décembre 1812. 

Spectacle gratis eo T honneur de l'anniversaire 
du couronnement de TEmpereur et de la bataille 
d'Austerlitz. 

(TURCARET. LE JEU DE l'aMOUR.) 

LES TUILERIES. 

17 décembre 1812. 

Les Dehors trobipeurs, comédie en cinq actes, 
en vers, de Boissy, jouée par Fleury, Armand, 
Devigny, Thénard; M™^Leverd, Mézeray, Mars, 
Emilie Contât. 

LES TUILERIES. 

4 janvier 1813. 

L'École des Bourgeois, par Fleury {piarquis de 
Moncade), 



— 162 — 
THÉATRE-FRANÇAIS. 

9 janvier 1818. 

L'Empereur et Tlmpératrice assistent à la repré- 
sentation d'HECTOR , par Talma et W^^ Duchesnois. 

LES TUILERIES. ' 

18 janvier 18}3. 

Avis ikV\ Mères ou les Deux Fêtes , coipédie en 
un act0, en vers, de Dupaty, jouée par Fleury, 
Armand, Thénard, Baptiste cadet; M""** Leverd» 
Mézeray , Mars, Emilie Contât. 

LES TUÏW2RIES. 

4 février t8|3. 

Tippo-Saeb, tragédie en cinq actes, de Jouy, jouée 
par Talma {Tippo-Saèb) ; W^ ^oy\v%om{Aldéis\ etc. 

LES TUILERIES. 

16 février 1813. 

Le Tartufe, par Flenry {Tartufe) ^ Devigny 
(Orgon), Armand {Fatère)^ Michelot (£>rt/ww\ La- 
cave {€léanté)y Baptiste cadet {Loyal) ^ Thénard 
{V exempt) , M"« Thénard [M^ Pernelle) , M^'^ Mars 



— 163 — 

(Elmre), M"^ Bourgoin {Mariatme), M"« ÉmiUe 
Contât {Doriné). 

LES TUILERIES. 

1er loars 1813. 

Les Héritiers , par Devigny, Michot, Baptiste 
cadet, etc.; M™* Thénard, Mars. 

Le Parleur contrarié , par Damas , Baptiste 
aîné, etc. ; M™* Mars, Demerson. 

LES TUILERIES. 

25 mars 1813. 

CiNNA, par Talma, Saint-Prix, M"' Dachesnois, etc. 

L'I^LYSÉE. 

29 mars 1S13. 

L'Irtrigante, comédie en cinq actes, en vers, de 
M. Etienne, joaée par Fleury, Micheiot, Baptiste 
cadet, Damas, Michot, Cartigny; M™** Leverd, Mé- 
zeray. Mars. 

L'ELYSÉE. 

5 avril 1813. 

Le Misanthrope , par Fleury (Jlceste) , Lacave 

{PhiUnte\ Desprez {Oronté), Armand {Âcaste)^ Mi- 

chdot {Clitan€be)j Thénard {Dubois\ Yanhove 

ii. 



— 164 — 

{F exempt), Faure {Basque); M""*' Mars {Célimène), 
Volnais(jé'/i!"fl«te),Thénard {Arsinoé). 



SAINT-CLOUD, 

V 

19 avril MSIS. 



La Suite d'un Bal masqué, comédie en un acte, en 
prose, de M"^® de Bawr, jouée par Armand, Michelot, 
Faure ; M"®* Mars, Leverd, Emilie Contât. 

SAINT-CLOUD. 

3 mai 1813. 

La Jeunesse de Henri V, par Fleury, Damas, Mi- 
chot, Armand, Thénard; W^ Mars, Bourgoin. 

SAINT-CLOUD. 

10 mai 1813. 

Les Étourdis, par M"® Mars, Armand , Baptiste 
cadet, Michelot, etc. 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

22 mai 1813. 

Spectacle gratis en réjouissance de la bataille de 
Lutzen, gagnée par l'armée française commandée 
par TËmpereur en personne : 

(GASTON ET BATARD. — LES FOURBERIES DE SCAPIn). 



— 165 — 
THEATRE-FRANÇAIS. 

23 mai 1813. 

Relâche à cause du Te IJeuni chanté à Notre- 
Dame pour le même motif. 

SAINTCLOUD. 

31 mai 1813. 

L'Intrigue épistolaiu , par Armand , Baptiste 
cadel et W^ Mars. 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

13 juin 1813. - 

Spectacle gratis, en réjouissance de la victoire 
remportée par l'Empereur a Wurtschen, à la suite 
de laquelle a été signé un armistice : 

(les femmes savantes. LES HÉRITIERS). 

THEATRE-FRANÇAIS. 

14 juin 1813. 

Relâche pour le même motif. 



.--- ■■« 



-166 — 



VOYA«E A DRESDE. 



13 juin 1813. 



Une grande partie de la Comédie^ par ordre de 
TEmpereur, part pour se rendre à Dresde et y jouer 
pendant le temps que doit durer l'armistice. Les 
artistes désignés sont : Fleury , Saint-Prix , Saint- 
Fal, Talma, Michot, Baptiste cadet, Armand, Des- 
prez, Thénard,Devigny, Michelot, Barbier ;M"^Thé- 
nard, Emilie Contât, Mézeray, Mars, Bourgôif); 
Colson, chef des gardes. 

THÉATREFRANÇAIS. 

14 août 1813. 

Spectacl(^ gratis , la veille de la fête de l'Em- 
pereur. 

(le tartufe. — LES FOURBERIES DE SGAPIN). 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

1^ août 1813. 

Relâche à cause de la fête de l'Empereur. 

24 août 1813. 

Retour à Paris des acteurs partis pour Dresde. 



— 167 — 

SAINT-CLOUD. 
d septembre 1813. 

La Suite d'un Bal masqué. Même distribution qae 
le 19 avril. 

SAINT-CLOUD. 
23 septembre 1813. 

Les Fausses CœfPiDENCES, par Armand (^Dorante)^ 
Théoard {Dubois)^ Devigny {M. Rémf)^ Miebelot 
{le comté)y Baptiste cadet {Lubin)\ M"® Mars {Ara- 
minté)jW^^ Thénard {M"^ Argante)^ Emilie Con- 
tât {Marton). 

SAINT^LOUD- 
14 octobre 1818. 

La Nièce supposée , comédie en trois actes , en 
vers, de Planard, jouée par Fieury, Armand, Mi- 
chelot, Baptiste cadet, Thénard; M"*""* Thénard, 
Mars, Bourgoin. 

THÉATRE-FRANÇAIS. 

4 décembre 1813. 

Spectacle gratis pour l'anniversaire du couron- 
nement de l'Empereur. 

(ZAIRE. - — CRISPIN médecin). 



-^ ^ 168 — 

LES TUILERIES. 

5 décembre 1813. 

NiNus Ily tragédie en cinq actes de Brifaut, jouée 
par Talma {Ninus\ Baptiste aîné, Desmousseaux, 
Dumilâtre, Valmore, Firmin ; M™** Duchesnois {El- 
zire\ Boargoin. 

LES TUILERIES. 

13 avril 1815. 

La Nièce supposée , par Fleury, Armand, Miche- 
lot, Baptiste cadet, Thénard; MT^ Thénard, Mars, 
Bourgoin. 

Première représentation donnée à la cour depuis 
le retour de l'Empereur. 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

31 avril 1815. 

L'Empereur assiste à la représentation d'HECTOR, 
par Talma et W^ Duchesnois. 

C'est la première fois que S. M. vient au théâtre 
depuis son retour. 

L'ELYSÉE. 

4 mai 1815. 

La Suite D^tN Bal masqué, par Armand^ Micbelot^ 
Thénard; M™®*Leverd, Mars, Demerson. 



_ 169 — > 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

31 mai 1815. 

Spectacle gratis à l'occasion de l'acceptation de 
la Constitution au Champ de Mai. 

(maRIUS a MINTURNES. LE BARBIER DE SÉYILLE). 

I 

THÉÂTRE-FRANÇAIS. 

l"- juin 1815. 

Relâche à cause de la fête de la Constitution. 
THÉATRE-FRANCAIS. 

4 juin 1815. 

Relâche pour le même motif. 



f. 



LISTE GÉNÉRALE 



DE 



TOUTES LES ŒUVRES DRAMATIQUES 

DU lÉPBBTOUB DB LA COMÉMB FIAHÇAISB, 

lepésaitées à h diar iapérâk, dus les résidoKes de SûbC-CM, 

de FeilaiieUeai, des Tuileries, dehUaiisai, 

de Co^ièpe, de Triaioi el de TÉljsée. 



Tragédies. 



Agamenmon. 

Andromaqoe. 

Artaxerce. 

Aliialie. 

Bajazet. 

Bérénice. 

Britannicus. 

Brutus. 

ad (le). 

Cîima. 

Comte d'Essex (le). 

Goriolan. 

Electre. 

Esther. 

États de Blois (les). 

Hector 

Héraclius. 

Horaëe. 

Iphigénie en Aulide. 

Iphigénie en Tauride. 



Mahomet. 

Mahomet II. 

Manlius. 

Mithridate. 

Mort de César (la). 

Mort de Hemî IV (la). 

Mort de Pompée (la). 

Nicomède. 

Ninus II. 

Œdipe. 

Omasis. 

Oreste. 

Othello. 

Phèdre. 

Philoctète. 

Polyeucte. 

Rhadamiste et Zénobie 

Rodogmie. 

Rome sauvée. 

Sertorius. 



— 172 — 



Templiers (les). 

Tippo-Saëb. 

Venceslas. 



Vénitiens (les). 
Zaïre. 



Comédies* 



Abbé de TÉpée (F). 
Amant bourru (!'). 
Amour et la Raison (1')- 
Assemblée de famille (F). 
Avare (1'). 

Aveugle clairvoyant (F). 
Avocat Patelin (1'). 
Barbier de Séville (le). 
Babillard (le). 
Bourru bienfaisant (le). 
Brueis et Palaprat. 
Caroline ou le Tableau. 
Cercle (le). 

Châteaux en Espagne (les). 
Consentement forcé (le). 
Conteur (le). 

Crispin rival de son maître. 
Deux Fêtes (les). 
Deux Gendres (les). 
Deux« Pages (les). 
Distrait (le). 

École des Bourgeois (F). 
Épreuve nouvelle (F). 
Esprit de contradiction (F). 
Ésope à la cour. 
Étourdis (les). 
Fausse Agnès (la). 
Fausses Confidences (les). 
Fausses Infidélités (les). 
Femmes savantes (les). 
Festin de Pierre (le). 
Florentin (le). 



Folies amoureuses (les). 

Gageure imprévue (la). 

Héritiers (les) 

Heureusement. 

Heureuse Erreur (F) . 

Homme du jour (F). 

Inconstant (F). 

Intrigue épistolaire (F). 

Intrigante G')- 

Jeu de F A mour et du Hasard (le) . 

Jeunesse de Henri V (la). 

Joueur (le). 

Legs (le). 

Mariage de Figaro (le). 

Mariage secret (le). 

Méchant (lé). 

Menteur (le). 

Mère jalouse (la). 

Métromanie (la). 

Minuit. 

Misanthrope (le). 

Molière avec ses amis. 

Monsieur de Crac. 

Nièce supposée (la). 

Optimiste (F). 

Original (F). 

Originaux (les). 

Parleur contrarié (le). 

Philinte de Molière (le). 

Philosophe sans le savoir (le). 

Plaideurs (les). 

Précepteurs (les). 



173 — 



Procureur arbitre (Iç). 


Suite d'un bal masqué (la). 


Projets de mariage (les). 


Tartufe (le). 


Pupille (la). 


Tartufe de mœurs (le). 


Retour imprévu (le). 


Trois Sultanes (les). 


Revanche (la). 


Tyran domestique (le). 


Rivaux d'eux-mêmes (les). 




Secret du ménage (le). 


Tragédies 45 


Shakspeare. 


Comédies 79 


Somnambule (le). 




Sourd (le). 


Total.... 124 



t.- 



LA 



LITTÉRATURE DRAMATIQUE 



sous L'EMPIRE. 



' Il faut l'avouer une fois de plus, la littérature dra- 
matique du commencement de ce siècle ne fut nul- 
lement empreinte d'un caractère de supériorité. Les 
grands hommes fondent les grandes institutions , 
mais ils ne donnent pas le génie à qui ne le possède 
pas. Tout ce qu'ils peuvent faire, c'est d'en favori- 
ser l'essor, d'encourager le talent et de Thonorer, et 
Napoléon n'y manqua pas. L'Empereur était d'une 
munificence prodigue , et ce n'est pas sa faute si 
les poëfes de son temps n'ont pas enfanté des chefs- 
d'oeuvre. Avec toute une organisation à refaire 
d'une société bouleversée par les révolutions et no- 
tre lu^te homérique avec l'Europe, le théâtre devait 
pâlir et s'effacer. Les hommes de tôte et de hautes 
conceptions étaient dans la magistrature^ au conseil 
d'É|tat ou aux armées, et l'art dramatique n'avait 
guère pour soutien que des intelligences de second 



f 



— 176 — 

ordre. Aujourd'hui que la postérité est ve|pe pour 
cette époque, on peut hardiment signaler le fait. 

Mais l'Empereur Napoléon ne l'entendait pas 
ainsi. Il aurait voulu que rien ne manquât à l'illus- 
tration de son règne, et pour féconder l'imagination 
des auteurs, il avait, dès 1804, fondé les grands 
prix de 10,000 francs et de 5,000 francs à décer- 
ner au meilleur ouvrage dramatique, soit comédie, 
soit tragédie, représenté sur le Théâtre-Français. La 
première distribution de ces prix ayant eu lieu 
en 1810, il nous semble que, pour donner une idée 
de la portée des ouvrages dramatiques représentés* 
antérieurement, nous ne pouvons mieux faire que de 
rendre d'une manière succincte l'expression de la 
décision du jury, qui était composé d'un certain 
nombre de membres de l'Institut. 

Voyons d'abord pour la tragédie. 

Étéocle et Polynice de Legouvé , ayant eu dix 
représentations. On y trouve des situations drama- 
tiques, un bon goût de style ; mais le sujet est peu 
favorable, l'intérêt faible, l'effet triste. 

Les Templiers de Raynouard, le plus grand suc- 
cès obtenu ; trente-cinq représentations consécutives 
et toujours reprises avec honneur. Le sujet, qui est 
puisé dans l'histoire de France, le caractère du grand 
maître, si noble, si imposant ; le rôle du jeiine Ma- 
rigny, d'une très-heureuge conception, un style pur 
et élégant, plaident en faveur de cet ouvrage. On y 



— 177 — 

vou()$it cependant plus d'abandon, et de variété, 
plus de mouvement dans le dialogue. 

La Mort de Henri IF de Legouvé, quatorze re- 
présentations. L'intérêt y est plus naturel, plus doux, 
plus national que Taction des Templiers. Le style 
est pur, facile, harmoaieux sans efforts; on y vou- 
drait plus de force, de grandeur, et le dénoûment 
manque d'effet pathétique. 

Omasis de Baour-Lormian, vingt et une repré- 
sentations. C'est l'histoire de Joseph racontée avec 
des sentiments aimables et touchants, et quelques 
situations très-dramatiques. Mais il y a peu d'inven- 
tion dans le plan, le style manque d'énergie, et on 
croit plutôt entendre une idylle qu'une pièce de 
théâtre. 

Pyrrhus de Lehoc, sept représentations. L'action 
en est trop tissue, elle manque d'intérêt et de vrai- 
semblance. ^ ' 

Artaxerce de Delrieu, vingt^natre représenta- 
tions; succès brillant. L'idée fondamentale de la 
pièce est empruntée à Métastase, et Delrieu y a été 
plu$ heureux que Lemierrè. L'ouvrage se distingue 
par une situation forte et neuve, mais ;peu habile- 
ment préparée. Le dâ^ioùment a Tinconv^ient de 
rappeler celui de Rodogune^ et le style, assez noble, 
manque de couleur et de précision. 
; \ Donc le^ Templiers obtmrent le prix. 

Nous allons voir maintenant que les poètes co- 



— 178 — 

iniques étaient moins bien inspirés que les Magi- 
ques. Écoutons le jury : 

Mathilde, comédie eD cinq actes, en prose; quinze 
représenlatioDs. C'est un genre qui n'a pas besoin 
d'être encouragé. 

Les Deux Frères, copie d'un ouvrage étranger. 

Les Précepteurs^ cinq actes en vers, de Fabre 
d'Églanliné; vingt-cinq représentations. Il y a de 
l'originalité dans l'intrigue, mais le tout manque 
de caractère et de style. 

V Abbé de CÉpée^ cinq actes en prose, de Bouilly ; 
trenle-six représentations. €'est plutôt un roman 
qu'une pièce. 

Les Mœurs du jour ^ cinq actes, en vers, de Collin 
d'Harleville ; seize représentations. L'exécution est 
trop au-dessous du sujet et du talent de Tauteur. 

Le Tyran domestique , cinq actes , en vers , 
d'Alexandre Duval ; quatorze représentations. Le 
caractère du principal personnage est fortement 
conçu ; il y a de la vérité dans la peinture des mœurs, 
de l'art dans la conduite de la pièce; malheureu- 
sement rintrigue s'affaiblit eu se développant, le 
style est négligé et la versification peu soignée. 

L'Assemblée de famille^ cinq actes, en vers, de 
Riboutté; trente-neuf représentations. Tableau de 
mœurs où il entre de la vérité et de l'intérêt, mais 
où on ne rencontre ni originalité d'idées, ni verve 
comique. 



— 179 — 

Le jury ajoute que la comédie est la plus digue de 
fixer l'attention du gouvernement ; qu'elle a plus 
besoin que la tragédie d'être ramenée aux vrais 
principes de l'art, et que les poètes comiques sont 
plus loin de Molière que les tragiques de Racine et 
de Voltaire (le rapport ne parle pas de Corneille); 
enfin, qu'en général les auteurs comiques se signa- 
lent par l'absence du style et du travail patient. 

En conséquence, la comédie n'eut pas de prix. 

Pour nous résumer, voici le bilan dramatique de 
1803 à 1815. Nous nous bornons aune simple no- 
menclature, la plupart des ouvrages dont nous don- 
nons la liste étant aujourd'hui complètement oubliés. 
On pourra se convaincre de l'indépendance et de 
la sévérité du public d'alors, qui enregistrait plus 
de chutes que de succès. 

s mars 1803. — Le Roman d'une heure^ comédie en un acte, en 

prose, d'Hoffinann. — Représentation unique. 
30 mars 1803. — Le P^euf amoureux, — Succès. 
17 mai 1803. — Les MiUtaires, fait historique, trois actes ^ en 

prose, de Favières. — Succès. 
23 juillet 1803. — Le Tasse^ de Cidle. — Chute. 
10 novembre 1803. — La Botte volée ^ de Longchamps. — 

Chute très-prononcée. 
39 novembre 1803. — La Dédaignpisey de Duret. — Chute com- 
plète; quatre représentations. 
1^ janvier 1804. — Shakspeare amoureux^ d*Alexandre Duval. 

— Chute; douze représentations. 
13 janvier 1804. — Polyxène, tragédie en trois actes, d'Aignan. 

— Chute épouvantable; quatre représentations 
8 février 1804. — Guillaume le Conquérant, drame en cinq actes, 

m prose, d'Alexandre Duval. — Représentation unique. 

12. 



— 180 — 

1 1 avril 1804. — La Fausse Honte ^ comédie en cinq actes, en vers, 
de Longchamps. — Chute; trois représentations. 

19 mai 1804. — PUrre le Grande tragédie en cinq actes de Car- 
rion de Nisas. — Chute complète. 

5 juillet 1804. — Molière avec ses nmis^ comédie en un acte, en 
veips, d'Andrieux. — Succès. » 

5 novembre 1804. — La Leçon conjugale^ comédie en trois actes, 
en vers, de Chazet et Sewrîn. — Succès. 

8 décembre 1804. — Cyrtis^ tragédie en cinq actes de Chénier. — 
Chute. ' 

16 février 1805. — Le Tyran domestique^ d'Alexandre Duval. 

— Succès contesté à la 1" représentation. 
4 avril 1805. — Le Tartufe de mœurs, comédie de Chéron. — 

Succès. 
14 mai 1805. — Les Templiers, de Raynouard. — Grand succès. 

6 juin 1805. — Madame de Sévigné, comédie en trois actes, en 
prose, de Bonilly -^ Chute complète; se relève à la deuxième 
représentation. 

9 août 1805. — Astyanax, tragédie en trois actes de M. Aima. — 
Chute cdtnplèté. ^ : -* < r 

10 septembre 1805. — Amélie Mansjkld, drame en cinq àetes^ 
en prose, de Bellin. — Chute complète. 

1^^ février 1806. — Les Français dans le Tyrol, comédie de 

Bouilly. — Demi-succès. 
26 février 1806. — Le Politique eh défaut, comédie de Chazet — 

Demi-succès. 

12 mars 1806. — L'Avocat, comédie en trois actes, en vers, de 
Roger. — Succès mérité. 

21 mars 1806. — Antiochus Épiphane, tragédie en cinq actes, 

de Chevalier. — Chute complète. 
9 juin 1806. — La Jeunesse de Henri f^, comédie en trois actes, 

en prose, d'Alexandre Duval. — Beaucoup de succès. 

25 juin 1806. — La Mort de Henri IV, de Legouvé. — Beaucoup 
de succès. 

30 juillet 1806. — La Capricieuse, comédie en un acte, eu vers, 
d'Hoftmann. — Chute ; se relève à la deuxième représentation. 

1 3 septembre 1 806 . — Omasis, de Baour-Lormian . — Grand suc- 
cès. 

26 novembre 1806. — Les Faux Somnambules, com^Ke en' un 
acte, en vers, de Révérony de Saint-Cyr. — Chute très-complète. 



— 181 — 

9 ëécembre 18O6. — Octavie^ tragédie en cinq actes, de Souri- 

guère. — Chute très-complète. 
3 janviar 1807. — Le Parleur contrarié^ comédie de Delaunay. 

— Succès. 
97 février 1807. — Pyrrhus^ tragédie en cinq actes de Lehoc. — 

Chute. 
12 juin 1807. — Les Projets cTeniépemetU^ comédie en un acte, 

en vers, de Th. Pein. — Représentation unique. 

27 juin 1807. — La Mort de DuguescUn^ drame en trois actes, 
en vers, de Dorvo. — Tombé. 

28 novembre. — Brueis et Palaprat^ comédie en un acte, en 
v«rs, dIÊtienne. — Succès. 

12 décembre 1807. — Le Paravent^ comédie en un acte de Pla- 
nard. — Demi-succès. 

20 janvier 1808. — P/aute ou la Comédie latine^ trois actes en 
vers, de Lemerder. — Mal accueillie. 

26 février 1808.— V Assemblée de famille, de Riboutté Grand 

succès. 

13 avril 1808. — C Homme aiiijc convenances, un acte, envers, de 
Jouy. — Deux représentations. 

30 avril 1808. — Artaxerce, de Delrieu. — Grand succès. 
(L^Empereur accorde à Fauteur une pension de 2,000 francs.) 

29 octobre 1808. — Ixi Suite du Menteur, arrangée par An- 
drieux. — Mauvais travail. 

14 décembre 1808. — Louise ou la Réconcilialion, drame en 
cinq actes, en prose, de M*""^ Simon Candeille. — Chute. 

1*' février 1809. — Hector, tragédie en cinq actes , de Loice de 
Landval. — Grand succès. 
(L'Empereur accorde à Fauteur une pension de 6,000 francs.) 

21 février 1809. — La Fontaine chez Fouquet, un acte, en prose, 
de Dumolard. — Chute. 

13 avril 1809. — Le Chevalier d industrie y comédie en cinq 
actes, en vers, d'Alexandre Duval. — Demi-succès. 

25 mai 1809. — Le Secret du ménage, comédie en trois actes, 
en vers, de Creuzé de Lesser. — Succès. 

7 juin 1809. — l^s Capitulations de conscience , cinq actes, en 
vers, de Picard. — La pièce n'est pas achevée. 

15 juillet 1809. — La Hrcanche, trois acte§, en prose, de Roget 
et Creuzé. — Succès. 



— 182 — 

10 novembre 1809. — f^itelUe, tragédie en cinq acte» de Selve. 

— Chute. 

6 décembre 1809. — L' Enthousiaste ^ cinq actes, en vers, de 

Valmalette. — Pas de succès. 
29 janvier 1810. — Le Prisonnier en voyage^ trois actes, en vers,, 

de Delaunav. — Pas de succès. 
24 février 1810. — Brunehaut,Mdigédîe en cinq actes d^Aignan. 

— Ilemi-succès. 

6 juin 1810. — Le Fieux Fat, comédie en cinq actes, en vers, 
d'Andrieux. — Succès contesté. 

11 août 1810. — Les Deux Gendres, comédie en cinq actes, en 
vers, d'Etienne. — Très-grand succès (1). 

16 janvier 1811. — Un Lendemain de fortune, un acte, en prose, 

de Picard. — Succès contesté. 
20 février 1811. — Les Jeunes Amis, comédie en trois actes, en 

prose, de Souque. — N'est pas achevée. 
9 mars iSlt^-^ Mahomet II ^ tragédie en cinq actes, de Baour-* 

Lormian. — Retirée à la septième représentation. 

(i) On sait la polémique ardente que souleva rapparilion des 
Deux Gendres, M. Etienne fut accusé de s'être servi d*un manuscrit 
de Conaxa, ou plutôt de ne pas être l'auteur réel de sa comédie. La 
lutte fut très-vive, au Théâtre, dans la presse et dans les salons, et 
nous connaissons une très-curieuse collection de plus de trente bro- 
chures, plus ou moins spirituelles, publiées pour ou contre l'auteur 
des Deux Gendres, A cette époque, les nouveautés littéraires qui 
avaient quelque importance étaient de véritables événements. Pour 
la curiosité de nos lecteurs, nous leur donnons ici une liste de 
quelques-unes de ces brochures les plus remarquées : 

1. Épitre à l'auteur des Deux Gendres sur la préface de la 4e édi • 
tion de sa comédie. 

2. Critique raisonnée de la comédie des Deux Gendres, précédée 
d'un examen de la préface supprimée de cette pièce et de réflexions 
sur l'avis des frères Michaud* éditeurs de Comixa, suivie de l'errata 
de la préface de M. Etienne, à l'usage des personnes qui en ont des 
exemplaires. 

5. Appel à l'impartialité dans le procès intenté à l'auteur des 
Deux Gendres. 

A, Petite Lettre sur un grand sujet. 

5< Mes Révélations ^ur M. Etienne, les Deux Gendres et Conoxa, 
par Lebrun-Tossa. 

6. Lettre d'Alexis Piron à M. Etienne, académicien, ou Examen 



— 183 — 
2S man MU— L'Uemnmse Gmfemrt, rini liifl ée Dean- 

22 awii ISll. — La Femume mU$amikrope, cmnédie en trois 

ades, en vcn. — Chute. 
t9 a q u é mbie ISll. ~ La Mamiede timdépemdamce^tmaéÊitm 

cinq adeSfCn WK^éeGraDééeLessor. — ITesl pis aèhevée. 



ciilî^ae de U coMiuJii de Commrm, rcme, corrigée, ■ugtnle<, et 
■ÛM «I IVâtie pu* M. Étiene. 

7. Ëpitre mt U coMédie des Dnuc Gemént, par Raovl. 

8. Le Faateml de M. ËtieBiie, oa^nge presque acadêmîqae^ par 
Cholet de ietphort. 

9. Le Mai^ de Saut-Ëtiene, par Violet. 

10. Histoire abr^ée d'an jemie boane persécuté, ou les îbooa- 
véuesls de U gloire et des amb, pol-ponni en flsaiiière de ^ers, par 



il. GhansoB de Désangiers, ou Petite Histoire d'un auteur Tani 



12. Lettre à M. Étieniie par un habitant de Bar-sur-Oniain, suivie 
du Bère, ou la Dernière Apparition de M. Etienne, par Doublât. 

13. Le Secret de M. L^run-Tossa, ou Lettre à Fauteur de Mes 
RéTélations. 

14. Lettre de Nicolas Boileau à M. Élienne, en lui envoyant sa 
7« Épître à Racine^ sur le profit à tirer des critiques. 

15. Lettre d'un babitant de Versailles à Tauteur de la Réponse de 
M. Hoffmann. 

16. L'Étiennéide , poème épieo^«ilirique en deux cbauts, par 
Rnthiger. 

17. Vives escarmouches avec M. HoffioDann. 

18. Apologie de fauteur des Deux Gfmdres^ dialogue entre ma 
muse et moi. 

19. L'auteur des Deux Gendres pris en flagrant délit, par Delpech. 

20. Gmp d*œil impartial sur les Deux Gendres^ par Tiepler. 

2i . Observations sur le jeune homme qui a écrit la comédie des 
Deux Gendres^ par Lemaitre. 

22. Nouveau éclaircissements en forme de conversation sur Co- 
naxa et les Deux Gendres, 

25. La Stéphanéide, ou Conaxa, les Deux Gendres et le Journal 
de Paris. 

24. Réponse à M. Hoffmaiin, ou Dernier Examen du procès in- 
tenté par le public à M. Etienne. 

25. Bataille gagnée et perdue, tant tués que blessés, personne de 



— 184 — 

3 octobre 181 i . — Les Pères créanciers, comédie en un acte, en 
vers, de Planard. — Représentation unique^ 

13 déo^nbre 1811. *^ VAmteur et la critique^ comédie en un 
acte, en vers, de Chéron. — Succès. 

30 décembre 1811. — Annibal^ tragédie en trois actes, de Nor- 
mandie. — Représentation unique.' 

26 février 1812. — Le Ministre anglais, comédie en cinq actes,en 
ver^, de Riboutté. — Cinq représentations; luttes au par- 
terre. 

24 avril 1812. — Mascarille ou la Sœur supposée, comédie en 
cinq actes, en vers, de Charles Maurice. — Pièce de Rotrou 
refaite; une seule représentation. 

13 octobre 1812. — La Lecture de Clarisse, comédie en un acte, 
en prose, de Rog«p. — Représentation unique. 

17 novembre 1812. — UIndéciSy comédie en un acte, en vers, 
de Charbonnière. — Succès. 

14 janvier 1813. — Avis aux mères, comédie en un acte, en 
vers, d'Emman. Dupaty. — Demi-succès. 

27 janvier 1813. — Tippo-Saêb, tragédie en cinq actes de Jouy. 
— Succès, 

6 mars 1813. — L'Intrigante, comédie d'Etienne. — Succès. 
9 avril 1813. — La Suite d'un bal masqué, comédie en un acte, 
en prose, de M"»* dé Bawr. — Grand succès. 

mort, ou Réflexions impartiales, spirituelles et piquantes sur les 
Deux Gendres et Conaxa, par Mordai. 

26. Les Gouttes d'Hoffmann, à l'usage des journalistes petits- 
maitces, ou suite provisoire de la Stéphanéide, par Bou?et. 

27. Conaxa et les Deux Gendres, ou Résumé des débats, servant 
de réponse à M. Hofïmann, défenseur officieux de M. Etienne, par 
Desquison de Saint-Agnan. 

28. Histoire de Jean Conaxa, riche marchand d'Anvers, suivie du 
parallèle de Conaxa, des Deux Gendres, des Fils ingrats et du Roi 
Lear. 

29. Fin du procès des Deux Gendres, par Hoffmann. 

Hn est-ce assez? et tout cela dans la seule année de 1812, au 
moment des plus grandes préoccupations politiques. Au bout du 
coniple, c'était encore mieux que l'indifférence littéraire dont nous 
jouissons. 



— 185 — 

19 avril laiS. ^ Ntius Ily tragédie en cinq actes, de Brifaut. 

— Demi-succès. 
22 septembre 1813. — La Nièce supposée, comédie en prose, de 

Planard. — Succès. 
17 mars 1814. — La Rançon de DuguescUn , tragédie en cinq 

actes, d'Amault. — Une représentation. 
26 avril 1815. — Racine et Cavoie, comédie d'Etienne. — Une 

représentation pendant les Cent Jours. 

Total, 75 pièces nouvelles dans l'espace d'une 
douzaine d'années, et dont un très-petit nombre, 
parmi celles qui ont réussi, pourraient être reprises 
honorablement. Trois ou quatre seulement sont res- 
tées au répertoire courant. 

La Comédie française , que l'ère impériale fit si 
grande, était donc surtout un théâtre d'exécution. 
Mais quelle exécution ! Quelle perfection dans l'in- 
terprétation de nos chefs-d'œuvre impérissables. On 
peut dire que jamais le répertoire du premier, du 
second et du troisième ordre n'a été mieux repré- 
senté. La Comédie française possédait une réunion 
incomparable de talents illustres; mais Napoléon 
pensait à Favenir, et, dès le 3 mars 1806, il créait, 
au Conservatoire de musique, une classe de décla- 
mation en désignant comme professeurs Dugazon, 
Monvel, Fleury, Dazincourt, Talma et Lafon. 

Ce n'était donc pas essentiellement les"^pièces nou- 
velles qui attiraient la foule au Théâtre-Français; 
c'étaient Molière , Corneille , Racine , Marivaux , 
Regnard, Destouches, Beaumarchais et tous nos 
maîtres interprétés par Fleur\ , Saint-Prix , Saint- 



— 186 — 

Fal, Talma/Michol, les deux Baptiste, Damas, Ar- 
mand, Lafon, Thénard, Devigny , Michelot ; M"*'Rau- 
court, Thénard, Contât, Mézeray, Desbrosses, Mars, 
Bourgoin, Volnais, Duchesnois, Leverd, Diipuis, 
Demerson, etc.; ce qui n'empêchait pas les pièces 
nouvelles de concourir à la prospérité générale. 
Bonnes ou mauvaises, elles piquaient la curiosité, il 
fallait les connaître et les juger. On ne remplissait 
pas alors la salle d'un public ami, et les premières 
représentations étaient très-fructueuses. La Mort de 
Henri IV di fait le premier jour 5,608 fr.; le Tjran 
domestique j 3,825 fr.; les Templiers^ 5,075 fr.; et 
les vingt premières représentations de cet ouvrage 
74,074 fr. ; les Deux Gendre.^j 4,116 fr.; et les 
vingt premières représentations 77,229 fr. Il est vrai 
que, lorsqu'une pièce tombait, on ne persistait pas à 
la jouer en l'absence du public, et en dépit de la re- 
cette, on passait à une autre nouveauté, ou l'on re- 
venait à l'ancien répertoire immédiatement. 

En 1804, année du couronnement, le Théâtre- 
Français a encaissé 559,671 fr., dont 111,494 fr. 
de location. — En 1808, 666,798 fr., dont 120,329 
francs de location. — En 1810, 781,800 fr., dont 
133,152 fr. de location. En général, la moyenne de 
chaque année était de 5 à 600,000 fr. 

Les auteurs modernes recevaient en moyenne 
40,000 fr. par an. Le droit des pauvres était du 
onzième de la recette brute. Les artistes sociétaires^ 



— 187 — 

n'avaient pas tous droit à la part entière : ils étaient 
classés par catégories de part, trois quarts de part, 
une demi-part et un quart de part. Les pensionnaires 
peu rétribués ne grevaient pas le budget ; cinq ou 
six suffisaient dans des emplois subalternes. Pour 
rester au Théâtre-Français, il fallait être Sociétaire 
de toute nécessité. 

n est vrai que l'Empereur récompensait dignement 
et royalement. Les grands talents recevaient des 
subventions particulières sur sa cassette, et le ser- 
vice de la cour était largement payé. 

Nous avons constaté qu'un séjour de quelques 
jours à Saint-Cloud a coûté 29,000 fr., un autre à 
Fontainebleau 24,300 fr. Le voyage d'Erfurt a oc- 
casionné une dépense de 25,920 fr., sans compter 
les gratifications aux artistes; de 1810 à 1811, après 
le mariage de l'Impératrice Marie-Louise, la cour 
impériale a dépensé plus de cent mille francs, rien 
que pour les spectacles donnés par le Théâtre-Fran- 
çais. Mais voici qui est encore explicite. 

C'est une lettre de l'Empereur adressée au comte 
de Rémusa t. 

« Dresde, 12 août 1813. 

« Je vous envoie un état des gratifications que j'accorde 
« aux acteurs de la Comédie française qui ont fait le voyage 
« de Dresde ; cet état monte à la somme de 111,500 francs* 
« Vous ferez solder ces gratifications par la caisse dés 
« théâtres. » 



188 — 



Ciratlficatlons accordées aux comédiens français qui ont 

fait le ToyafT® A® Dresde. 



Desprez 6,000 

Saint-Prix 6,000 

Talma 8,000 

Mi^Georges. 8,ooo 

Fleury. : . . . 10,000 

Saint-Fal 6,000 

Miehoti . 4,000 

Baptiste cadet 6,000 

Annand 6,000 

Thénard 4,000 

Vigny 6,000 

Michelot 4,000 

Barlner 3,000 



M"« Thénard 4,000 

]Vpï« Emilie Contât 6,000 

M^*" Mézeray. .^ 4,000 

M^« Mars 10,000 

M**« Bourgoin 6,000 

M. Maignien 2,000 

Les frères Frechot 1,500 

Colson... .f 500 

Gombre 500 

Bouillon 500 

Mongellas 500 

Ces derniers figurants, «ouffleur 
et perruquier. 



Enfin, à ce document d'un si grand intérêt, nous 
pouvons joindre cette seconde lettre de l'Empereur 
adressée au général Drouot : 

« Dresde, 12 août 1813. 

« J'approuve que vous fassiez payer aux comédiens fran- 
« çais les 44,800 francs auxquels vous évaluez leurs frais de 
« retour ; ces frais de voyage doivent leur être payés ici 
« avant leui' départ. » 



L'Empereur entendait que tous les membres de sa 
famille et les grands dignitaires de la couronne eussent 
leur loge au Théâtre-Français. Lui-même donnait 
Texemple, en payant sa loge 21,000 fr. ; la reine 
flortense, pour la sienne, 3,280 fr. ; S. A. Tarchi- 



— 189 — 

chancelier, 5,280 fr. ; le prince de Neufchâtel , 
8,800 fr. ; le gouverneur de Paris, 2,400 fr. ; le 
prince de Bénévent, 9,048 fr. ; le duc de Cadore, 
6,518 fr.; la princesse de Ponte-Corvo, 3,280 fr.; le 
duc de Rovigo, 5,280 fr. ; la duchesse de Casti- 
glione, 2,112 fr. ; et le duc de Valmy, M™® de Beau- 
fremont, M. Rœderer, tous les ministres, la prin- 
cesse de Suède, le roi Joseph, le prince Lucien, le 
prince de Talleyrand, le prince architrésorier, M. de 
Pontécoulant, M. de Montalivet, le prince d'Essling, 
M™® Récamier, le duc de Massa , le duc d'Albuféra, 
le prince de Neufchâtel, la princesse de Gallitzin, 
M™® de Noailles, et toutes les sommités de ce temps-là. 

Nous avons pu nous assurer que la moyenne de 
la location des loges était de 12,000 fr. par mois, 
soit 144,000 fr. par an. 

Si l'art doit avoir des protecteurs, c'est aux plus 
hauts degrés de l'échelle sociale. L'Emper«ur le 
comprenait et le voulait ainsi. 



. ■ ii. 



CONCLUSION 



** 



9 






^- 



*■ 









CONCLUSION. 



IaA €>»Hi»IE FBAMÇ AUE AVTWJEJILMàR. 



PoovoDS-nous croire notre tâche accomplie , oo 
ao moins la modeste mission que nous nous étions 
imposée y celle de réunir, à Faide de documents 
épars, de simples notes devant servir à écrire plus 
tard une histoire complète du Théâtre-Français? 
Notre ambition serait satisfaite si le travail que nous 
publions pouvait être utile à titre de renseigne- 
ment. La vérilé est que les regards que Ton jette 
sur le passé ont toujours pour résultat d'amener 
une comparaison avec le temps présent. Le Théâtre- 
Français sous TEmpire de 1804 attire donc l'at- 
tention sur le Théâtre-Français sous TEmpire de 
1853 9 et Ton est conduit naturellement à penser 
que l'œuvre commencée et achevée par Napoléon P', 
Napoléon III la continuera. 

Le fait est que depuis 1815, mais surtout depuis 



— 194 — 

1830, lesbasesdelaconsiitulion de la Comédie fran- 
çaise ODt élé fortemenl ébranlées. La Restauration 
avait respecté le décret deMoscoD, en promulguant de 
nouveaux décrets calqués sur cette loi mère; mais, 
après 1830 , le système de l'interprétation en^*abis- 
sant toutes choses, et toutes choses étant remises en 
question , la Comédie française a élé livrée intérieu- 
rement à l'anarchie administrative, et les minis- 
tres substitués au surintendant, l'État mis au lieu 
et place du Souverain, la position du Théâtre-Fran- 
çais a dépendu chaque année de la volonté minis- 
térielle ou d'une simple majorité dans la chambre 
des représentants du pays. On invoquait bien ton- 
jours Tesprit du décret de Moscou, mais on ne le 
respectait pas. 

Depuis plus de trente années, la Comédie fran- 
çaise n'a pas en un seul instant de repos, et elle a 
marché constamment ballottée entre Tordonnance 
de la veille et le décret du lendemain. Au lieu et 
place des institutions de l'Empire, qui , tout en vou- 
lant être obéies, ne confisquaient cependant au pro- 
fit du pouvoir aucune des libertés ni des franchises 
de la société des comédiens, nous avons les deux 
ordonnances de Louis XVIII, de 1816 et de 1822^, 
qui laissent plus de latitude au libre arbitre et au 
bon plaisir. Les comédiens avaient bien signé, le 17 
février 1823, des conventions particulières à an- 
nexer à Tacte de germinal an XII ; ces conventions 



— 195 — 

avaient bien été approuvées par ordonnance royale 
du 17 juillet 1823; mais déjà, quelques années 
plus tard , on sentait le besoin de régulariser la si- 
tuation d'une manière plus complète , et l'ordon- 
nance de Charles X, du 19 août 1829, avait été 
longuement élaborée par le comité de l'intérieur du 
conseil d'Étai. Il est vrai que cette ordonnance n'a 
jamais vu le jour, et les 4&jiemplaireâl inédits qui en 
existent sont autant de curiosités bibliographiques 
fort difficiles à rencontrer. 

Après la révolution de 1830, on va jusqu'à por- 
ter devant le conseil d'État la question de savoir si 
les artistes du Théâtre-Français sont Constitués en 
Société commerciale; si le Gouvernement a le droit 
de dissoudre cette Société; si l'État est responsable 
des chargés et des dettes de Tentreprise. Le conseil 
d'État répond : oui , la Société du Théâtre-Français 
est commerciale ; non, le Gouvernement n'a pas le 
drok de dissoudre cette Société ; oui, le Gouverne- 
iDent est responsable comme intervenant dans les 
faits d^administration intérieure du Théâlre-Fran* 
çais. 

En 1833, on permet aux comédiens de proposer 
au choix du ministre un directeur gérant de la So- 
ciété ; et c'est en vertu de cette autorisation que 
M. Jousiin de la Salle est nommé directeur le 8 
juin 1833; révoqué le 18 janvier 1837, M. Jousiin 
de la Salle est remplacé par M. Vedel, en vertu de la 

15. 



— 198 — 

présenter, chaque année, à Vapprobation du ministre de Tinté- 
rieur, le budget du Théâtre , dressé par le comité d'administra- 
tion et soum(is à l'examen de l'assemblée générale des Sociétaiies ; 

2<» D'ordonner, dans les limites portées au budget pour chaque 
nature de dépenses , celles qui seront nécessaires pour toutes les 
parties du service , et de signer, à cet effet , tous ordres de four- 
nitures et mandats de payements ; 

8<* De passer les marchés, souscrire les obligations pour le ser- 
vice , et signer tous actes dans Tintérêt de la Société , conformé- 
ment aux délibérations du comité : ceux des actes dont la durée 
excédera une année devront être approuvés par le ministre de l'in- 
térieur ; 

4*^ D'exercer, tant en demandant qu'en défendant , conformé- 
ment aux délibérations du comité , toutes .les actions et tous les 
droits de la Société des comédiens , après avoir pris l'avis du con- 
seil de la Comédie , de l'assemblée générale , et l'autorisation du 
ministre; de faire tous actes conservatoires et tous recouvre- 
ments ; 

5» De faire les engagements d'acteurs pensionnaires dont la 
durée n'excède pas une année; 

&* D'inspecter, régler et ordonner, dans toutes les parties de la 
salle et des magasins, et de déléguer, à cet effet , s'il le juge né- 
cessaire, un ou plusieurs membres du comité d'administration ; 

7» De prendre toutes les mesures relatives au service intérieur, 
aux entrées, loges et billets de faveur, à la convocation et à la 
tenue des comités et des assemblées générales , aux affiches et 
annonces dans les journaux ; 

8<> De distribuer les rôles , sauf les droits des auteurs, et sans 
pouvoir imposer aux Sociétaires des rôles en dehors de leurs em- 
plois ; 

9» De statuer définitivement sur la formation du répertoire et 
sur les débuts; 

10^ De donner les tours de faveur, lesquels ne pourront être 
accordés à plus d'une pièce sur deux ouvrages reçus; 

11» De donner les congés, en se conformant, pour leur répar- 
tition, aux dispositions du règlement , et sans pouvoir en accorder 
plus de six mois à l'avance, ni pour des époques périodiques ; 

12" De prononcer des amendes, dans les limites du maximum 
et du minimum fixés par le règlement. 



— 199 — 

11 exerce, en outre^ les fonctions attribuées par le décret du 15 
octobre 1812 au commissaire du Gouvernement prés le Théâtre- 
Français. 

Art. 3. L'administrateur, après avoir pris l'avis du comité d'ad- 
ministration, propose au ministre de l'intérieur : 

P Les admissions des Sociétaires ; 

2» Les accroissements successif de la part d'intérêt social , en 
ayant égard tant à la durée et à l'importance des services qu'à la 
nature de l'emploi; ces augmentations pourront être, à l'avenir, 
d'un douzième de la part sociale; 

a® Les engagements d'acteurs pensionnaires dont la durée ex- 
cède une année ; 

4^ Les décisions relatives au partage des bénéfices et à la fixa- 
tion des allocations annuelles distribuées aux Sociétaires; 

5" Les règlements relatifs aux congés , aux amendes et autres 
peines disciplinaires, ault feux, à la composition du comité de lec- 
ture, à la nomination de ses membres et à la tenue de ses séances. 

Art. 4. L'administrateur donne son avis au ministre de l'inté- 
rieur sur tous les objets non compris dans- les articles précédents 
concernant le Théâtre-Français. 

Art. 5. Toutes les personnes attachées au service du Théâtre, 
le caissier et le contrôleur général exceptés , sont à la nomination 
de l'administrateur. 

Art. 6. L'admhiistrateur présente au ministre de l'intérieur, 
le 1"' avril et le 1" octobre de chaque année, un rapport détaillé 
sur sa gestion , dans lequel il fait connaître les pièces reçues à 
l'étude ou jouées, les travaux des acteurs et les résultats généraux 
de l'exploitation. 

Art. 7. Les rapports semestriels de l'administrateur sont com- 
muniqués avec toutes les pièces justificatives au comité d'admi- 
nistration , qui , sous la présidence du membre le plus ancienne- 
ment reçu Sociétaire , est admis à les discuter et adresse directe- 
ment ses observations au ministre de l'intérieur. 

Art. 8. L'administrateur ne peut faire représenter aucune pièce 
n'ayant pas encore fait partie du répertoire du Théâtre-Français , 
si elle n'a été admise par le comité de lecture. 

Art. 9. L'administrateur a droit : 

1" A un traitement égal au maximum de l'allocation annuelle 
d'un Sociétaire ; 



— 200 — 

2^ A une part dans les bénéfices nets 9^^ égale à deux fois le 
maximum d'une part de Sociétaire. 

Il lui est alloué en outre, pour frais de service, une indemnité 
dont la quotité est fixée par le ministre de l'intérieur. 

§ II. DU COMITÉ d'administration. 

Art. 10. Le comité d'administration, composé conformément à 
l'art. 30 du décret du 15 octobre 1812, dresse le budget du 
Théâtre. 

Il délibère : 

10 Sur les comptes du Théâtre , sur les marchés à passer, sur. 
les obligations à souscrire , sur les crédits extraordinaires et pla- 
cements de fonds; 

2^ Sur les actions à intenter ou à soutenir au nom de la So- 
ciété; 

3<^ Sur les objets compris dans l'art. 3 ; 

4^ Sur les rapports semestriels de l'administrateur ; 

5^ Sur la mise à la retraite des Sociétaires après dix ans de 
service. 

§ III. DE l'assemblée générale. 

Art. 11. L'assemblée générale des Sociétaires délibère : 
i^ Sur le budget et les comptes du théâtre, sur les crédits ex- 
traordinaires et placements de fonds ; 
2^ Sur les actions à intenter ou à soutenir au nom de la Société. 



TITRE II. 

Des Sociétaires. 

Art. 12. Chaque Sociétaire a droit à une allocation annuelle, à 
des feux, à une quotité dans les bénéfices nets, à une représenta- 
tion à son bénéfice, à une pension. 

L'allocation annuelle , calculée proportionnellement à la quotité 



— aci- 
de la part sociale, ne peut dépasser le manmiini des allocations 
fixes, précédemment accordées aux Sociétaires ; elle sora payable 
par douzième. 

La quotité des feux, suivant les services et emplois, sera déter- 
minée par le règlement. 

La quotité dans les bénéflces nets est proportionnée à la part 
ou portion de part de chaque Sociétaire. 

Une moitié est mise en réserve et soumise aux dispositions des 
art. 22, 23, 24, 25, 26 et 27 du décret du 15 octobre 1812. 

La représentation à bénéfice est accordée au Sociétaire à Té- 
poque de sa retraite définitive , après vingt ans au moins de ser- 
vice en qualité de Sociétaire. 

La pension de retraite ne sera acquise à l'avenir qu'après vingt 
années de service, à partir du jour de l'admission au titre de So- 
ciétaire. Elle est fixée et liquidée conformément au décret du 15 
octobre 1812. Elle ne peut, dans aucun cas, sauf les droits acquis, 
dépasser la quotité déterminée par l'art. 13 dudit décret. 

Art. 13. Après une période de dix années dé service à partir 
du jour de la réception, il sera statué de nouveau sur la position 
de chaque Sociétaire reçu postérieurement à la promulgation du 
présent décret. Le ministre , après avoir pris l'avis de l'adminis- 
trateur et du comité d'administration , pourra prononcer la mise 
à la retraite conformément à l'art. 16 du décret du 15 oc- 
tobre 1812. 

Dans ce cas le Sociétaire aura droit au tiers de la pension qui 
lui aurait été due après vingt ans de service, et sera libre d'exercer 
son art, soit à Paris, soit dans les départements. 

Art. 14. Tout Sociétaire qui, après vingt années de service, 
n'aura pas été, en vertu de l'art. 14 du décret du 15 octobre 1812, 
mis en demeure de continuer à jouer sur le Théâtre-Français, sera 
libre de jouer sur les théâtres des départements. Il ne pourra 
jouer sur des théâtres de Paris qu'avec l'autorisation du ministre 
de l'intérieur, et sauf interruption du payement de sa pension de 
retraite, pendant la durée des engagements qu'il aura contractés 
sur ces théâtres. 

Art. 15. Les acteurs seront tenus, sous les peines qui seront 
déterminées par le règlement, de se soumettre aux ordres de ser- 
vice donnés par l'administra teur. 

Ils ne peuvent, sous les mêmes peines, 



I. 



— 202 — 

1» Refuser anciuii rôle de leur emploiv, ni s^opposer à ce qu'un 
autre acteur le partage avec eux; 

2<> S'absenter sans congé ni dépasser le terme du congé obtenu. 

Les peines d^ciplinaires autres que les amendes ne peuvent être 
prononcées que par décision du ministre de Tintérieur, sur la pro- 
position de Tadministrateur. 

TITRE III. 

De la Comptabilité. 

Art. 16. Le budget des recettes et des dépenses du Théâtre- 
Français est dressé chaque année et approuvé dans les formes pres- 
crites par l'art. 2. 

Il comprend les prévisions de recettes et de dépenses afférentes 
à toute la durée de l'exercice. 

Sont seuls considérés comme appartenant à un exercice , les 
services faits et les droits acquis à la Société ou à ses créanciers, 
du V janvier au 31 décembre de l'année qui donne son nom audit 
exercice. 

Art. 17. La subvention accordée par l'État est versée, chaque 
mois et par douzième, dans la caisse du théâtre. 

Art. 18. Il est ouvert, au budget de chaque exercice, un cha- 
pitre spécial destiné à pourvoir aux dépenses que le ministre de 
l'mtérieur croirait utile d'autoriser, dans l'intérêt du théâtre, en 
dehors ou en supplém^t des prévisions portées aux autres chapi- 
tres du budget. 

La quotité du crédit ouvert par ce chapitre est déterminée 
chaque année par le ministre ; elle ne peut excéder le cinquième 
du montant de la subvention. 

Il ne peut être imputé de dépense sur ledit chapitre qu'avec 
l'autorisation du ministre. 

Art. 19. Les placements de fonds et les dépenses extraordinai- 
res, non prévus au budget ou excédant les crédits alloués, ne peu- 
vent être proposés et autorisés que dans les mêmes formes que le 
budget. 

Art. 20. Le caissier ne peut faire aucun payement que sur un 
mandat signé de l'administrateur. 

Pour les dépenses extraordinaires prévues par les art. 18 et 19^ 



— 2a3 — 



larfnnmaffft m pou s^ék in ^ cb icrtH d ine autorisa- 
tk» ipécûde éi Hrâlre de n^mnr. 

La iqmtîlk i des J t far é n Bg entre les Soriftwfi ne pent avoir 
Ueu que snKant on état Aessr par radnbiîslrateiir et appravré 
par le mmirtre de nmérieur. 

Alt. 21. La mnnnA i itr di caisBar est tenw en partie doiÉile. 

Iljra DB jonal^ an prand-tivre. et autant de fines amiliaîres 
qnH j a sur le grand-fi^ie de eonples donnant lien à des déve- 



Chnqne opmlion inscrite dans la eomptattlitr dn Théâtre doit 
être ^ipnviée de jnrtfiralions regniières. 

ArL 22. L'adminîstratciir tient enregistrement des maidats de 
reeette et de dépense quH défirre^ des nuffchés et engageoMnts 
qull souscrit^ des entrées, lo^es et hillets de ^Tciir qull aeoorde, 
des ordres généraux de senrîce, et de tous les actes qull ait ou 
ordonne dans rinterét de la Société. 

Art. 23. Le 1^ de chaque mois, pour le mois préeédoit., Tad- 
ministrateur adresse au ministre de ^Intérieur le compte des re> 
œtles et des dcpwtses de la Société , avec toutes les justifications 
rédamées pv le ministre. 

Art. 24. La comptabilité au Théâtre est soumise, sur la de- 
.mande éa ministre de llntérieur, à la Ténfieation des inspecteurs 
généraux et particuliers des finances. 

La gestion de radministratrar est soumise aux inspections ad- 
mimstratÎTes que le ministre juge utUe d^ordonner. 

Art. 2d. Il sera procédé, dans le délai de trois mois, par un 
agent du ministre de llntérieur, oonéurrenunent avec Tadminis- 
trateur et le plus ancien des Sociétaires, à un récolement général 
de tous les objets composant le matériel, le mobifier, la ooUeetion 
de tableaux et de sculptures, les archives et la bibliothèque du 
Théâtre. 

Les mouvements de ce matériel sont soumis à une compta- 
bilité d'entrée et de sortie. 

Chaque année, les résultats de cette comptabilité sont constatés 
dans un inventaire, ^ il est procédé à un récolement général, 
dans les formes indiquées ci-dessus. 

Un double du procps-verbal de récolement est remis au minis- 
tère de rintérieur, après avoir été communiqué au comité d'ad- 
ministnition. 



— 204 — 

Art. 26. Le compte de l'exercice de chaque année reste ouvert 
jusqu'au l*"^ avril, pour le complément des opérations engagées 
avant le 31 décembre de Tannée précédente , conformément à 
l'art. 16. 

Il est définitivement arrêté le l^** mai de l'année suivante. 

11 comprend toutes les recettes réalisées et les droits acquis 
dans la période de l'exercice ; toutes les dépenses faites ou enga- 
gements contractés, pour des services faits, pendant la même pé- 
riode, et constate l'excédant de recettes , formant les bénéfices à 
répartir, conformément aux art. 9 et 12 ci-dessus. 

Art. 27. Ce compte est certifié par l'administrateur, soumis par 
lui à l'examen de l'assemblée générale et à l'approbation du mi- 
nistre. 

A l'appui dudit compte sont joints : 

1° Un état présentant la situation des valeurs de caisse et de 
portefeuille, à la date de la clôture de l'exercice ; 

2« Un état des engagements contractés ; 

3° L'inventaire du matériel. 

Art. 28. Les dispositions encore en vigueur du décret du 15 oc- 
tobre 1812 auxquelles il n'est pas dérogé par le présent décret , 
continuent à recevoir leur exécution. 

Le ministre de l'intérieur continue à exercer ceux des pouvoirs 
conférés au surintendant à l'égard desquels il n'est point statué 
par le présent décret. 

Art. 29. Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du 
présent décret. 

Fait à Paris, à l'Elysée National , le 27 avril 1850. 

Louis-Napoléon Bonaparte 
Le Ministre de Vintérieur^ 
J. Baboghe. 



— 205 — 

Est-ce assez d'inslabriitê , Je revirements et d'in- 
conséquences ? Dans des conditions aussi mouvantes, 
une institution sérieuse peut-elle'prospérer ou seu- 
lement exister qu^au moyen des plus grands sacri- 
fices? On pourrait foire un gros volume de Béné- 
dictin avec les notes, mémoires, réquisitoires et 
consultations éVoqués depuis quelques années sen- 
lem^it à propos de la Comédie française : M** Ri- 
pault, Marie, Paillet, de Vatimesnil, Ch. Du pin , 
Odilon Barrot, toutes les lumières du barreau con- 
sultées, sans parler des procès et des difficultés 
de toutes sortes aboutissant à l'ordonnaDce de 1830. 
Cette ordonnance doit-elle être le port où Ton vent 
atteindre, le calme que Ton espère. Tordre, la régula- 
rité, rissueà laquelle tendent tons les vœux? Nous 
ne le pensons pas, parce que nous avons la convic- 
tion intime que ce que le Président de la République a 
pu préparer , l'Empereur Napoléon III le complétera. 

Le Théâtre-Français est aussi nécessaire à la gloire 
de notre civilisation que les musées qui font notre 
orgueil : « Les destinées de la Comédie française 
c( importent à Thonneur littéraire du pays, » disait 
M. Samson , Thonorable doyen actuel des Sociétai- 
res, dans un excellent travail publié en 1846; et 
il ajoutait : « La Comédie française a pris sa part de 
K la gloire du grand siècle. On se souvient encore 
« de Féclat quelle a jeté sous TEmpire. La réduc- 
« tion des théâtres, ordonnée par un décret impé- 



— 206 — 

a riai da 8 aoûl 1 807 , servit puissamineDt les idté- 
c< rets des Sociétaires. Napoléoa aimait à détourner 
<c sa pensée des préoccupations les plus terribles 
« pour les reporter sur eux > sur leurs travaux , sur 
« leur avenir... Les hauts fonctionnaires de TEm- 
c( pire avaient mis au nombre de leurs habitudes 
« la représentation de nos chefs-d'œuvre^ obéis* 
« saut ainsi à l'exemple et aux désirs du souverain; 
<c car notre gloire dramatique était chère à l'Empe- 
<i reur : c'est avec la gloire des armes celle que les 
« nations rivales de la France osent le moins lui dis- 
<c puter. » 

Nous ne pourrions certes pas si bien dire, et citer 
l'opinion de M. Samson, c'est s'appuyer sur la plus 
compétente et la plus respectable autorité. 

Oui , la Comédie française est le véritable théâ- 
tre de la nation , le vrai temple élevé au culte de 
la poésie française, l'unique maison de Molière, 
de Corneille et de Racine, la scène illustrée par 
des auteurs dramatiques dont un grand nombre 
l'ont aussi honorée par leurs talents d'artistes so* 
ciétaires depuis Molière, le père de la Comédie, jus- 
qu'à nos jours. Il faut donc sauvegarder le Théâtre- 
Français, c'est-à-dire l'art tout entier. La multiplicité 
des scènes de troisième ordre , l'état de dégradation 
où en est arrivée la littérature dramatique , la dif- 
ficulté que l'on éprouve à recruter des sujets d'un 
mérite satisfaisant sont des obstacles qu'il faut com- 



— 207 — 

hÊHùre. D'ud bout de la France à l'autre ce ue sont 
que flonflons et ritournelles , que piètres et minces 
vaudevilles, dont le moindre défaut est de porter at- 
teinte à l'esprit moral des populations. Quant à la 
musique, qui , elle aussi , est un art noble et élevé , 
elle a tout envahi aux dépens de la comédie, et 
Texécution des grands opéras continue à ruiner 
toutes les administrations de la province. En atten- 
dant des temps meilleurs, auxquels il est impossible 
de croire sans la protection du Gouvernement, sans 
son intervention ferme et énergique, les comédiens 
manquent, et le Conservatoire et TOdéon restent 
seuls pour alimenter la scène française, ce qui est 
loin de suffire ; car si le Conservatoire forme d'ex- 
cellents élèves, il ne fait pas de comédiens. 

Est-ce à dire pour cela que la Comédie française 
ne renferme pas encore de beaux éléments de suc- 
cès et d'exécution? Tout le monde sait le contraire. 
Le Gouvernement a placé à sa tête, pour la diriger, 
un littérateur distingué, artiste passionné et éclairé, 
un homme jeune, intelligent, rempli de bonnes in- 
tentions et de bienveillance, et qui a déjà su ren- 
dre au Théâtre-Français une part importante de 
prospérité. M. Arsène Houssaye est tout prêt à con- 
tinuer son œuvre, si on lui laisse des moyens d'ac- 
tion. Non, ce ne sont pas les éléments dont on 
dispose qui peuvent faillir à la mission imposée au 
Théâtre-FranÇais ; ces éléments, il ne s'agit que de 



— sos- 
ies coordouuer pour en tirer le plus grand parti pft^- 
sible. La littérature dramatique de 1810 n'existait 
guère qu'à Tétat de pâle imitation du xviii^ siècle ; 
celle de 1853 a de la valeur, elle est elle-même, 
elle essaye, lutte, combat et triomphe souvent. 

Les talents supérieurs abondent, mais ils ont be- 
soin de sérieux encouragerDents. Le répertoire clas- 
sique est d'une richesse incomparable, il faut le 
jouer avec honneur. Le répertoire moderne est abon- 
dant en œuvres spirituelles, pleines de sève, de 
verve et de style; on doit tendre à Tépurer et à le 
choisir avec soin. Les petits actes, au Théâtre-Fran- 
çais, doivent être tous remarquables; les grandes 
pièces, des œuvres supérieures longuement élabo- 
rées. Rien de tout cela ne nous manque , et nous 
avons encore, ce qui est inappréciable, l'interpré- 
tation savante et studieuse des chefs-d'œuvre con- 
sacrés. 

N'avons-nous pas, en effet, M*'® Ràghel, le point 
culminant aujourd'hui de la scène française, la tra- 
gédienne inspirée, la véritable Melpomène antique, 
la plus riche organisation que la scène ait possédée? 
N'avons- nous pas Samson, le Mole de notre épo- 
que , école vivante de pure diction , d'atticisme et 
de bon goût; ie professeur érudit, l'auteur spiri- 
tuel , l'expérience et l'autorité du Théâtre-Français ? 
N'avons-nous pas Beauvallet, le dernier repré- 
sentant de la tragédie classique; Geffroy, dont la 



— 209 — 

I 

4|d||StiQCtion , les études d'artiste , la noblesse, la di- 
gnité sont d'un comédien de premier ordr#j Ré- 
gnier, dont le mordant et le vrai comique égalent le 
profond savoir et l'érudition théâtrale; Provost, 
dont la bonhomie et la verve rappellent les Grandmé- 
nil , les Caumont et tous les maîtres dans l'interpré- 
tation de la comédie de Molière? N'avons- nous pas 
le plus franc sourire , la plus aimable gaieté, l'esprit 
le plus vif, la fine soubrette jointe à l'élégante co- 
médienne, le tout personnifié dans M"® Augustine 
Brohàn? Et M"®Denain et M"® Madeleine Brohan, 
qui se partagent, avec un talent plein d'avenir et 
tout l'éclat de leur beauté, l'héritage, si difficile à 
accepter, de M"® Mars ; et toutes ces charmantes et 
jolies femmes, qui luttent entre elles de mérite, 
W^^ Rébecca , M^^« Judith , M"® Bonval , M"* Natha- 
lie ? Et pourrait-on oublier que la nouvelle Société 
du Théâtre-Français s'apprête à marcher sur les 
traces de l'ancienne, et que Brindeau, Lerodx, 
Maillart, Got, Delaunay, Maubant, Louis Mon- 
ROSE ne sont pas déjà les dignes héritiers de leurs 
devanciers ? 

Il n'y a donc qu'à vouloir , la Comédie française 
est encore le premier théâtre du monde et ne de- 
mande qu'à prospérer. 

Le malheur est tout entier dans l'oubli des règle 
ments d'administration intérieure ; et, si Ton trouve 
le moyen d'innover, on ne le pourra, d'une ma- 



— 2*0 — 

nière efficace, qu'en respectant les traditions, qu'||||^ 
tenan^compte des droits acquis et des services ren^ 
dus, qu'avec le maintien de l'équilibre d'un budget 
que le chiffre des pensionnaires écrase; et en se 
rappelant qu'un personnel de cinquante personnes 
est inutile là où trente ou trente-cinq artistes, 
dont la grande majorité devrait être Sociétaire, 
suffisent pour assurer le service amplement. En 
général, la qualité vaut toujours mieux que la 
quantité. 

On doit donc hâter de tous ses vœux une régie- 
mentation définitive du Théâtre-Français. Peut-être 
le décret de 18S0 ne supplée-t-il pas dans toutes 
ses parties à l'ordre administratif du décret de Mos- 
cou , qui porte dans ses moindres détails Tadmira- 
Ue régularité du génie de son auteur, ordre su- 
prême qui consiste dans la pondération intelligente 
d'un pouvoir digne ^ fort et respecté, ^ les fonc- 
tions d^un comité composé d'artistes expérimentés 
et dévoués aux intérêts de leur maison comm^une , 
sorte d'autorité oligarchique,. respectable par cela 
même qu'elle repose , comme nous le disions tout 
à l'heure, sur Tes droits acquis. 

Ainsi, et pour ne citer qu'un exemple, n'arrive- 
t-on pas à démontrer que le temps du Socié- 
tariat , réduit de vingt à dix années , facultative- 
ment il est vrai, peut engager à admettre dans 
la Société des talents trop jeunes, non éprouvés. 



— ÎH — 

lÉBcepiibles de ne pas réaliser les espérances qo^ils 
faisaient concevoir; et encore qne les années de 
service comme pensionnaire ne comptant plus, on 
aspire trop vite an rang de Sociétaire, on Ton pré- 
fère on engagement lucratif, dans on théâtre de 
genre, à la position éphémère d'un Sociétaire ayant 
accompli ses dix années et possesseur peu enrichi 
d'une rente de i,300 francs ? N'oublions pas que le 
Sociétariat de la Comédie française a toujours été 
considéré comme le bâton de maréchal d'un comé- 
dien, et qu'il faut que la part reste belle si l'on veut 
qu'elle soit poursuivie et enviée. 

Nous croyons que l'organisation d'nne surinten- 
dance générale des théâtres impériaux, et spéciale- 
ment de la Comédie française, serait une mesure 
efficace en ce qu'elle nous ramènerait aux traditions 
monarchiques et à celles de TEmpereur. On parle 
d'abus ? Ils disparaîtraient sans aucun doute. Chargé 
d'exécuter les termes d'un décret s'inspirant de cette 
législation suprême de i 81 â , un surintendant gé- 
néral ne pourrait pas sortir des voies l^les au pro- 
fit de certains intérêts particuliers ; on saurait où 
s'arrête le droit et où il commence ; on verrait la 
loi respectée et toutes les positions franches et net- 
tes, ne serait-ce que celle d'un administrateur, 
commissaire du Gouvernement, aujourd'hui respon- 
sable d'actes qui peuvent se trouver répréhensibles,. 
et qui ne sont pas toujours de son fait. 



— 212 — 

Mais nous avons confiance en Napoléon Ilf. 
Comme tous les grands esprits, comme tontes les 
natures élevées et exceptionnelles , TEmpereur aime 
les arts et les lettres, et nous savons qu41 affec- 
tionne le Théâtre-Français. L'Empereur ne le prouve- 
t-il pas chaque jour par sa présence fréquente dont 
S. M. veut bien honorer notre première scène ; ne 
l'a-t-il pas prouvé en rendant aux Sociétaires le 
titre glorieux de ses Comédiens ordinaires ? Sous le 
poids d'un loyer onéreux , et devenu d'une percep- 
tion injuste depuis que la salle du Théâtre -Français 
appartient à l'État, la Comédie ne doit-elle pas à la 
munificence de l'Empereur et à l'active interven- 
tion de M. le comte de Morny, alors ministre de 
l'intérieur, l'exonération définitive d'une charge 
énorme que rien ne pouvait plus justifier? Depuis 
lors , et par cela seul , FEmpereur a assuré irrévo- 
cablement les pensions de retraite que les cent mille 
francs dont Napoléon V^ a doté la maison de Mo- 
lière étaient destinés à acquitter concurremment avec 
le loyer de la salle. Ce sont là des gages assurés pour 
une protection plus efficace. Nous y croyons ferme- 
ment, en vertu de deux grands principes qui obli- 
gent le TRÔNE et le nom impérissable de Napoléon , 
nom deux fois immortel par le génie et la puissance 
organisatrice de Napoléon V^ et de Napoléon III. 

Et, d'ailleurs, pourquoi s'inquiéter? Comment 
pourrait péricliter et disparaître cette institution si 



— 213 — 

précieuse de la Comédie française ? N'a-t-elle pas au- 
jourd'hui pour la sauvegarder notre noble souveraine, 
l'Impératrice, la protectrice de Tintelligence , et 
l'Impératrice ne sera-t-elle pas pour le Théâtre- 
Français comme pour les lettres et les arts , comme 
pour la France, l'ange tutélaire qui veillera sur nos 
destinées ? 

Quant à nous, nous n'avons voulu qu'essayer 
humblement de formuler la ferme espérance qui 
nous soutient et nous inspire. Puisse notre modeste 
et bien imparfait travail apporter comme une pierre 
infime au grand œuvre d'organisation qui se pré- 
pare et qui ne tardera pas à être accompli. 



MATIÈRES 



CONTENUES DANS CE VOLUME. 



ÂTertissement 7 

Règlements de la Comédie française, depuis son établissement 

en 4680 ii 

Acte de société du 27 germinal an XLI 29 

Décret de Moscou 45 

Documents historiques, relatifs à la Comédie française sous le 

règne de Tempereur Napoléon P' 61 

Programme des spectacles de la Cour impériale 91 

Liste générale et récapitulation de ces spectacles 171 

La littérature dramatique sous TEmpire 175 

Conclusion. — Le Théâtre-Français actuel '. 191 



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